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Un plan ambitieux

L'administration Tremblay a finalement rendu public son plan de transport 2007, frappé du slogan Réinventer Montréal. Par-delà les quelques idées plus spectaculaires, notamment les tramways et les péages, ce sont surtout les dizaines d'autres mesures qui feront la différence. Pour autant, bien sûr, que Dieu et surtout les deux ordres de gouvernement supérieurs leur prêtent vie...

D'entrée de jeu, avant même d'en dire tout le bien qui s'impose, soyons réaliste: les chances sont minces pour Montréal d'obtenir une réponse positive de Québec et d'Ottawa à ses besoins supplémentaires de 355 millions par année, pendant dix ans, nécessaires à la réalisation de ce plan de transport. Il serait d'ailleurs tout aussi surprenant que les autorités actuelles de la Ville, le maire Tremblay en tête, se découvrent la détermination soudaine d'aller chercher les autres 240 millions annuels manquants dans la poche des Montréalais et des banlieusards! Montréal peut imposer les péages sans demander l'autorisation à Québec, qu'attend-elle pour agir?

À cette époque où il faut consacrer des milliards par année à la seule réfection des infrastructures et où les gouvernements s'entêtent à vouloir ajouter de nouveaux tronçons d'autoroute, les autorités montréalaises devront faire preuve d'une force de persuasion qu'on ne leur connaît pas afin d'attirer l'attention sur leurs projets, dont certains, comme les tramways, peuvent difficilement être qualifiés de prioritaires.

Cela étant, il faut applaudir à ce plan dans son ensemble. Enfin, les autorités montréalaises paraissent sérieuses quand elles affirment vouloir accorder la priorité au transport collectif. Et si on exclut le prolongement du métro vers l'est et la desserte de l'aéroport par train, deux investissements qu'il faudra pourtant se résoudre à faire bientôt, la plupart des mesures les plus efficaces de ce plan ne sont pas si coûteuses. Ajouter des rames de métro aux heures de pointe, augmenter le nombre de voies réservées, reconfigurer la signalisation aux coins des rues, ajouter des autobus et améliorer le confort pour les passagers, installer quelques circuits de trolleybus et accroître le nombre de stationnements incitatifs: voilà des changements indispensables si on veut éviter que l'explosion démographique des banlieues n'aggrave à la fois la congestion et la pollution à Montréal.

Quant aux tramways, les études manquent pour nous permettre d'évaluer leur véritable pertinence compte tenu de leur coût dans une ville comme Montréal. Moins spectaculaires, les trolleybus ou les hybrides ne seraient-ils pas plus économiques et mieux adaptés à des circuits comme ceux de l'avenue du Parc, du chemin de la Côte-des-Neiges et du boulevard Pie-IX? Et pourquoi le Vieux-Port comme projet initial? À quoi servirait un tramway parallèle au métro dans l'axe René-Lévesque, entre Berri et Peel? Ceinturer le centre-ville de Papineau à Peel dans l'axe Sherbrooke et René-Lévesque, peut-être, mais pourquoi la rue de la Commune, qui n'est fréquentée que par des touristes? À moins que l'idée consiste à faire mousser le développement immobilier à la Cité du Havre! Mauvaise idée!

Dans l'ensemble, il faut donc applaudir à cette initiative de l'administration Tremblay et souhaiter que les consultations à venir serviront à consolider les propositions les plus prometteuses pour l'amélioration de la qualité de vie à Montréal.

Quant aux gouvernements de Québec et d'Ottawa, le temps est venu pour eux de prouver qu'ils sont sérieux quand ils prétendent vouloir lutter contre les gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. L'argent pour la mise en oeuvre du protocole de Kyoto est là; le temps est venu de passer à l'action.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • Denis Simard
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 10h07
    Aller au plus pratique et au plus urgent
    « Le but premier est d'améliorer la situation de la circulation.
    Montréal doit d'abord réaliser des stationnements incitatifs en nombre plus important,
    augmenter les rames de métro, augmenter ou créer des lignes d'autobus qui amèneront les voyageurs au métro, faire en sorte que le train de banlieu qui vient de St-Jérôme soit performant au maximum.
    Prologer le métro vers Repentigny la ville heureuse par excellence (la traverser rend euphorique. Une fois ce dernier travail accompli et que les gens seront plus heureux d'entrer et de sortir de Montréal, alors seront acceptés la réalisation des autres travaux dans quelques années. Et l'environnement s'en portera mieux! et le monde aussi!
    DS de TR »

  • Gaston Grenon
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 10h49
    Et les solutions pour les problèmes actuels ???
    « Est-il normal que par un beau dimanche ensoleillé la 40 en direction ouest soit presque bloquée de façon systématique vers 15 heures à chaque semaine dans le coin de L'Acadie ? Je ne crois pas. Le maire Tremblay ne propose rien pour solutionner les problèmes actuels. C'est ridicule de rouler à Montréal. Et ça ne va pas aller en s'améliorant. Je veux des solutions concrètes qui amélioreront les abbérations du trafic montréalais. SVP retournez faire vos devoirs. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 21h02
    Virer la 40
    « Un citoyen faisait remarquer qu'il était injuste de faire payer l'automobiliste qui prenait la 40 pour se rendre dans l'ouest de Montréal. OK, faisons de la 40 un boulevard urbain avec tramway et construison une autoroute périférique!

    Claude L'Heureux, Québec »

  • François Caron
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 23h56
    Quand MTL ambitionne de devenir une métropole du Tiers-Monde
    « Qui a un tant soit peu de mémoire se rappellera que tous et chacun des projets rétro-futuristes énoncés pour la VdeM se retrouvaient dans les cartons du MTQ et ont déjà été annoncés en grande pompe plusieurs fois depuis 25 ANS !!!

    Évidemment comme un bonne capitale de pays émergent qui s'ignore, il fallait tout faire en même temps, étendre le trsnport en commun ET finir les autoroutes; résultat: du béton, de l'asphalte, des contrats de consultants, de nouveaux concessionnaires de véhicules et de l'argent à profusion en ristourne occulte dans les coffres des partis politiques...

    Le ministre Clair s'y est cassé les dents pour cause de crise économique anglo-saxonne artificiellement provoquée pour casser l'élan indépendantiste, le ministre Côté, lui, s'y est cassé le râtelier pour cause, entre autres, de découverte d'un pot-aux-roses en forme de terrains le long de la 25 à Laval qui appartenaient -quel hasard fortuit !- à des gros bonnets libârals du crû, ce qui a mécontenté et refroidi les accoïntances entrepreneuriales du PLQ, et, dans les années '90, re-crise économique anglo-saxonne artificiellement... etc... laxisme, déficit zéro, ralentissement général de l'imagination collective et que sais-je encore ???

    Ce type de projets ruineux en planification, en infrastructures, en matières premières et en entretien sont aujourd'hui refusés par les mêmes villes du Tiers-Monde qui nous concurrencent manitenant sur notre propre terrain dans l'application de solutions innovatrices, légères, peu coûteuses et performantes économiquement, urbanistiquement et socialement et qui améliorent la qualité de vie de leurs citoyens à moindre coût.

    On en est aujourd'hui à vouloir investir dans le béton et le chariot à pneus et on se demande comment le financer (taxe saur l'essence, péage, redevance sur le pneu usagé, etc) quand ce qui presse ce sont la promotion de moyens légers (trolleybus, (bravo Mr Sansfaçon !)) et l'amélioration des existants (amener les trains de banlieue en tunnel type RER au centre-ville, notamment), mais avant tout améliorer EN PRIORITÉ prépondérante la qualité de vie dans les quartiers (réduire la largeur des rues rédidentielles, les rendre sinueuses, réduire la vitesse à 25 km/h, y planter des arbres, repenser les réseaux de services publics pour les rendre visuellement imperceptibles, valoriser ou réhabiliter les milieux naturels existants et restants à proximité et les intégrer étroitement au développement urbain, récupérer les usages publics en rive dans les quartiers riverains aux rivières et fleuve, notamment), je répète: AMÉLIORER la qualité de vie pour les citoyens dans la ville-centre !

    Résultats: la banlieue redevient "out", bas-de-gamme et ne sera pas plus désirable comme cadre de vie que des quartiers urbains replanifiés, réaménagés et bien pensés !

    Mais la gang de porteurs de cravates bariolées qui rejouent dans leur tête le vieux film en noir-et-blanc de 1969 où la Technique-peut-tout et où-on-n'y-arrête-pas-le-Progrès ne manque pas de ressources pour continuer d'imposer ses solutions de développement capitaliste économique et urbain du siècle dernier à un maire manifestement dépassé par l'ampleur des défis qui se présentent à lui pour faire arriver une ville qui en a bien besoin dans le XXIème siècle...

    Rêvons un peu:

    Vivement 2009 et un conseil de ville UCIM MINORITAIRE avec des conseillers Projet Montréal possédant la balance du pouvoir... »

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