vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 15h47
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Un plan de 10 milliards

Retour des tramways, prolongement du métro, train reliant l'aéroport au centre-ville, Montréal présente un plan de transport ambitieux

Le maire Gérald Tremblay: «L’automobile a encore sa place à Montréal, mais elle n’a plus toute la place.»
Photo : Jacques Nadeau
Le maire Gérald Tremblay: «L’automobile a encore sa place à Montréal, mais elle n’a plus toute la place.»

À retenir

Deux fois plus de pistes cyclables, un métro prolongé, de nouveaux circuits de tramway, des corridors réservés pour le covoiturage et les autobus, des postes de péage pour entrer sur l'île de Montréal, un train pour se rendre à l'aéroport et des milliards de dollars afin de mettre tout ça et bien d'autres choses en place: le plan de transport de la Ville de Montréal, très attendu et finalement dévoilé hier, voit grand, ratisse large... et coûtera cher.

Cinq ans plus tard, voilà donc cette fameuse plate-forme: 150 pages de projets détaillés pour mettre fin au règne de l'automobile à Montréal en instaurant une nouvelle ère où le transport collectif et le transport actif domineront. La Ville se donne une décennie pour réaliser les 21 grands chantiers qui forment le coeur du plan de transport qu'ont présenté hier le maire Gérald Tremblay et le responsable du dossier transports au comité exécutif, André Lavallée.

«L'automobile a encore sa place à Montréal, averti Gérald Tremblay, mais elle n'a plus toute la place. On demande aujourd'hui des changements profonds d'attitudes et de comportements» des citoyens en matière de déplacements. L'objectif final? Améliorer la «qualité de vie et la qualité de l'air» des Montréalais, a-t-il dit.

Les projets abondent. Le Devoir parlait déjà hier des circuits de tramway qu'on veut instaurer d'abord sur l'avenue du Parc, au centre-ville et sur le chemin de la Côte-des-Neiges. Ce n'est là qu'un des 21 chantiers prioritaires. Si tout se réalise comme la Ville le voudrait — ce qu'on saura après les consultations publiques qui auront lieu à l'automne prochain et surtout quand on connaîtra l'ampleur de l'engagement financier des gouvernements, hautement sollicités —, le Montréal de 2017 comptera sur une offre de services de transport collectif nettement plus intéressante qu'aujourd'hui.

En somme, on pourra aller et revenir en train de l'aéroport Montréal-Trudeau en moins de 20 minutes (investissement de 550 millions). La moitié des wagons du métro seront neufs, les autres rénovés (1,1 milliard). De nouvelles stations de métro seront construites vers l'est à partir de la ligne bleue. Dans un premier temps, on reliera les boulevards Saint-Michel et Pie-IX (170 millions), puis on poussera jusqu'à Anjou (775 millions). La ligne orange sera aussi éventuellement prolongée vers le nord, à partir de la station Côte-Vertu. Le projet — confirmé — du train de l'Est reliant Montréal à Mascouche est également au programme.

La Société de transport de Montréal (STM) et la Ville se fixent pour objectif d'augmenter l'achalandage des services de transports en commun de 8 % d'ici cinq ans et de 26 % d'ici 2021. L'atteinte du seul objectif de 2012 implique une augmentation des services de l'ordre de 16 %. Cela signifie donc qu'il y aura beaucoup plus d'autobus sur les routes, notamment des autobus articulés sur une vingtaine de circuits. La fréquence du passage des trains du métro — fort limitée quand on compare Montréal aux grandes villes du monde — sera accrue.

Pour rendre cette offre de services alléchante et diminuer sensiblement la présence de l'«auto solo» sur les routes, la Ville veut créer de nombreux corridors réservés au transport collectif et au covoiturage. On veut aussi implanter des corridors exclusifs de circulation pour les autobus sur les boulevards Pie-IX et Henri-Bourassa et instaurer des mesures prioritaires (feux de signalisation) sur quelque 240 kilomètres du réseau.

Vélo


Sur un plan plus sportif, le transport actif se taille également une place de choix dans la proposition de la Ville. Elle entend ainsi devenir une véritable capitale du vélo au cours des prochaines années. Le réseau de pistes cyclables sera donc doublé (de 400 kilomètres à 800 kilomètres) d'ici sept ans et une partie du réseau sera déneigée dès l'hiver prochain. On ajoutera des places de stationnement pour les vélos mais aussi pour les voitures près des centres névralgiques de transport collectif alors que des vélos seront mis en location libre-service.

Aux piétons (la toute nouvelle Charte des piétons fait partie des 21 chantiers), la Ville garantit qu'elle accroîtra la sécurité de son réseau routier et des intersections et qu'elle consolidera le caractère piétonnier de plusieurs secteurs.

Entre autres mesures proposées, notons aussi l'intention de maintenir les efforts actuels (160 millions de dollars par année) pour entretenir le réseau routier de l'île ainsi que la volonté de rendre plus faciles et plus simples le transport des marchandises et les déplacements à vocation économique.

Qui paiera?

Bref, la commande ne manque pas d'ambition. Mais ceci indique aussi qu'il y aura un prix élevé à payer pour la concrétiser. Au total, la Ville chiffre à 8,1 milliards de dollars les sommes qu'il faudra investir d'ici 20 ans pour les projets d'infrastructures. En ajoutant les coûts d'exploitation, la facture grimpe à 10,3 milliards.

En maintenant les paramètres du partage actuel des responsabilités financières entre la Ville et ses partenaires, Montréal calcule qu'elle devra payer une moyenne de 215 millions de plus par année pendant 20 ans (les dix premières années coûteront 240 millions chacune) alors qu'elle attend une contribution de quelque 300 millions par année des autres partenaires qui apporteront leur contribution.

En conférence de presse hier, André Lavallée a réitéré les appels du pied faits par le caucus des grandes villes canadiennes au gouvernement fédéral, notamment en ce qui concerne la pérennité des mesures de financement existantes (taxe sur l'essence), l'adoption d'une stratégie nationale des transports et le versement aux villes de l'équivalent d'un point de pourcentage de la TPS, qui serait consacré notamment au transport collectif. Avec Québec, Montréal discute pour déterminer de nouveaux champs fiscaux qui lui permettraient d'augmenter ses revenus.

Mais c'est surtout la question du péage à instaurer aux points d'entrée de la ville qui trotte dans la tête de l'administration. Celle-ci croit qu'il y aurait moyen, en instaurant cette mesure controversée, d'aller chercher de nouveaux revenus annuels de 300 millions, ce qui signifie que Montréal pourrait payer tout son plan avec cette seule mesure.

Hier, la Ville a refusé de préciser quel type de péage elle voudrait instaurer et quels tarifs elle envisagerait. «On veut d'abord débattre avec les Montréalais [lors des audiences publiques]», a indiqué M. Lavallée, qui croit que si les sommes des péages sont consacrées à «l'amélioration de la qualité de vie, les gens seront d'accord».

Gérald Tremblay estime quant à lui que la Ville doit envoyer un message clair à ceux qui veulent utiliser leur voiture en solo. «Il y a un prix à payer, a-t-il dit. Mais pour ça, il faut aussi qu'on offre un choix [alternatif de transport collectif].»

La Ville a indiqué hier que les décisions finales à propos du financement du plan de transport et de son financement seront prises en décembre prochain.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 07h40
    De bien beaux projets dans une communauté métropolitaine de petits "roitelets".
    Ces projets d'avenir sur le transport collectif des années futures, assaisonnés d'une pluie de taxes et de péages de toutes sortes, ne pourront se réaliser sans avoir terminer un projet beaucoup plus important, qu'était celui de Mme Harel sur les fusions municipales.Pour réaliser ce rêve dans une équité complète envers les citoyens de la grande région de Montréal, il faudra bien un jour concrétiser cette grande région, en une seule ville,
    à savoir, Laval, Montréal et une bonne partie de la rive sud. Les nombreux petits roîtelets (maires actuels), ont capitalisé sur le gâchis du gouvernement de Jean Charest pour se comporter dans leurs petits fiefs, en "chiens de faience", ce qui a du même coup, ralenti la modernisation de la région montréalaise, particulièrement, dans le transport collectif. Ainsi, déjà, avec le nouveau métro à Laval, des inéquités dans la tarification actuelle par rapport aux usagers de Montréal et Longueuil,démontrent bien que l'avenue des taxes, tarifs et péages différenciés selon sa provenance géographique dans cette grande région métropôlitaine ne fera qu'accentuer la disparité inéquitable dans l'industrie et le commerce. Pourtant, actuellement,, des lavallois vont travailler à Montréal ou Longueuil, et inversement, la même chose. Alors, je crois qu'il faut commencer là, ou la ministre Harel, avait commencé et corriger les erreurs du gouvernement actuel, à savoir, faire de la région de Montréal une seule grande ville et ainsi, partager équitablement les ressources fiscales et les impôts et taxes, sans" monter" les résidents les uns contre les autres. "Montréal, deux rives, une grande ville"

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 09h00
    La ville devra se financer seule
    Le reste de la province n'a pas à payer pour les idées de grandeur de vos maires...

    Le provincial et le fédéral ont été assez clair aucune aide supplémentaire.

  • Marc-André Laberge
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 09h08
    Bravo Montréal!
    Enfin un projet réaliste d'envergure pour la qualité de vie des citoyens.

  • Louise Cinq-Mars
    Abonnée
    vendredi 18 mai 2007 09h33
    BRAVO !
    Monsieur Tremblay, je suis une banlieusarde qui travaille dans votre île, et, qui, depuis une dizaine d'années utilise le transport en commun. Je suis 100 % avec vous ! Il faut que chacun participe à la santé de la ville pour l'avenir de nos enfants et petits-enfants.

    Ce projet d'envergure ne peut que redonner à Montréal une qualité de vie enviable et recherchée par tous.

    Merci !

  • André Chamberland
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 09h50
    Postes de payages à l'entrée d'Hérouxville
    Et si Hérouxville ou Saints-Anges décidaient de mettre aussi des postes de payages à leur entrée ? Quand mondialiser et à libre circuler globalement rime avec contraindre dans les petits villages comme Montréal, voilà une démonstration qu'il faut agir localement pour le village global.

    Puis on s'étonnera de la discrimination ensuite !

    André Chamberland
    Lévis QC Canada

  • Gabriel Deschambault
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 09h59
    Bravo Montréal!
    La seule difficulté dans tout ça c'est que la problématique du transport en commun, et des solutions qui y sont conséquentes (taxes spéciales et péages), relèvent avant tout d'autres niveaux de gouvernement que le municipal. La question du péage sur les ponts est de responsabilité provinciale ou fédérale (selon les ponts) et on risque d'attendre encore un peu pour voir les «volontés politiques» s'exprimer.

    Le monde entier applique des mesures de contrôle de la circulation impliquant des péages. Nous qui voulont toujours être «mondial» et «international», c'est le bon moment de les imiter.

    Gabriel Deschambault
    Montréal

  • Jean Beaudet
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 12h40
    Programme volé à Projet Montréal?
    Une grande partie de ces annonces semblent fortement empruntés à Projet Montréal, le parti de Richard Bergeron.

    http://www.projetmontreal.org/programme/docs/extra

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 12h41
    COMME DANS LES TRAMWAYS "AVANCEZ EN ARRIÈRE...PLEASE...S.V.P."
    Pour que Montréal se modernise, M. le maire de Montréal désire ressortir les p'tits chars et la péage sur les ponts, ce qui indique clairement que la vie est un éternel recommencement.

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 13h31
    Oui au péage !!!!
    "Oui!" à la réinstauration des péages. Et le plus tôt sera le mieux.

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 14h36
    Les opposants potentiels
    On peut s'attendre à ce que les gens du West Island refusent de payer des taxes supplémentaires, sous quelque forme qu'elles apparaissent, pour financer un réseau élargi de transport en commun. "Who need that"?
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Sébastien Hains
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 16h37
    Enfin du développement durable!
    Brovo à l'administration Tremblay. Ce plan audacieux est exemplaire en matière de développement durable. Enfin un passage de la parole aux actes. Reste à espérer que les citoyens et gouvernements embarquerons dans ce projet visionnaire.

  • Annie Prévost
    Inscrite
    vendredi 18 mai 2007 18h15
    En réponse à M. Trudel
    Quand on parle d'individualisme, nous en avons ici un merveilleux exemple. On ne parle pas ici de luxe mais bien de mesures concrètes pour protéger l'environnement.

    Mais à vous entendre, la meilleure solution serait-elle d'abolir la ville de Montréal? Capitale économique du Québec? En passant, les retombées de cette ville sont bénéfiques à l'ensemble du Québec, y compris aux régions quand on pense simplement au tourisme qu'elle suscite ou au commerce international qui permet à notre province de se situer quelque part sur la carte! Et sachez que le contrôle de la qualité de l'air de cette méchante ville polluante qu'est Montréal aura aussi des conséquences positives sur le reste du Québec.

    Mon cher Monsieur, les extrêmes ne mènent nulle part. Faites donc la part des choses.

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 19h56
    Ah les regions
    Je suis toujours etonne quant ils chiallent parce qu on parle d ajouter une rame de metro pour 100 000 personnes et qu ils demeurent tous a 400n metres de la route et qu evidemment ils veulent tous etre connectes aux reseaux d aqueduc et d electricite au meme prix que tout le monde. Et quand ils veulent absolument avoir une ambulance disponible en trois minutes alors qu ils ont choisi de s installer au bout de la terre! Ils chialent quand l avion ambulance refuse de transporter aussi le beau-frere du malade.

  • morphy75
    Inscrit
    mardi 22 mai 2007 09h36
    Vivement et bravo pour votre plan ,mais cela aurait dus ses faire 10ans plus tot regardez PARIS et LONDRE!!
    Bravo Monsieur le maire Tremblay de votre plan de developpement du transport dans la ville de MONTREAL. Cela aurait dus se faire voila 10 ans plus tot a mon avis car on est toujours les dernier a faire les choses dites logique pour la qualitee de vie des montrealais. A l'intar de l'augmentation faramineuse du parc automobile en l'espace de 20 ans(X par 5 selon les chiffres du ministere du transport du Quebec),on a vus la qualitee de l'air se degrader tellement qu'il est devenue invivable durant l'ete ainsis que dans les periodes de pointe du debut de septembre.Faut repenser notre facon de vivre et de se transporter pour le mieux etres collectifs ainsi que de la qualitee de l'air a MONTREAL.On pourrait l'etre encore plus ambitieux si on liassait une voie cyclable le long de tous les boulevard a MONTREAL en eliminant tout simplement un des deux cotes de stationnement,ainsi la securitee de ceux qui circule en velo a MONTREAL en seras plus accrue comme ca se fait a LONDRE et PARIS en ce moment.!

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
14 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012