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40 décideurs derrière Tremblay

Kathleen Lévesque   13 avril 2007 21h38  Villes et régions
Tout ce que Montréal compte de dirigeants d'entreprise incontournables, de gratin culturel, de bonzes de la finance et d'intelligentsia universitaire est regroupé derrière la Ville de Montréal pour en assurer la vitalité et voir à ce qu'elle soit au coeur de l'action gouvernementale. C'est toutefois sans tambour ni trompette que le maire Gérald Tremblay a formé avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain il y a plus d'un an un comité d'orientation économique.

Une quarantaine de personnes se retrouvent autour de la table, dont Pierre Karl Péladeau de Quebecor, Louis Roquet de Desjardins Capital de risque, l'ingénieur Armand Couture de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, Léo-Paul Beaulieu de Fondaction-CSN, Henri-Paul Rousseau de la Caisse de dépôt et placement, Alain Simard de Spectra et Luc Vinet, recteur de l'Université de Montréal.

«Ce comité agit un peu comme un baromètre, a expliqué hier au Devoir Christiane Miville-Deschênes, du cabinet du maire Tremblay. Ce sont des gens qui connaissent la situation de Montréal et qui ont une réflexion qui peut nous être bénéfique.»

La structure semble assez informelle. Au moins deux réunions ont été tenues jusqu'à maintenant. L'automne dernier, une liste de projets liés au plan d'action de Montréal (vision 2025) a été déposée auprès des participants et, plus récemment, le maire Tremblay a fait une présentation sur la métropole qui est à couper le souffle.

Étonnamment, M. Tremblay a rencontré la presse après cette réunion, question de réclamer publiquement plus d'autonomie sans toutefois mentionner qu'il avait un certain soutien de la part de grands décideurs. Pourtant, Mme Miville-Deschênes a fait valoir que le comité d'orientation avait une valeur importante afin de passer des messages clairs.

Dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, après une campagne électorale où il était de bon ton d'écorcher la métropole, la présence de personnalités fortes derrière le maire Tremblay semble avoir son importance. Une certaine inquiétude perce dans la communauté des affaires. La semaine dernière, la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, rappelait dans nos pages que Montréal est le moteur économique du Québec et que son développement constitue un enjeu pour toute la province.

Selon les informations recueillies par Le Devoir, de hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec ont prévenu leurs vis-à-vis de Montréal dans les jours qui ont suivi le scrutin du 26 mars que la métropole risquait fort d'avoir une oreille moins attentive à ses demandes compte tenu de la préoccupation régionale qui ressort avec la montée de l'Action démocratique. Au cabinet du maire, on rappelle toutefois que les trois chefs de parti ont montré de l'ouverture à l'endroit de Montréal durant les élections et que c'est moins les répercussions sur Montréal du statut minoritaire du gouvernement que le précipice financier au bord duquel se trouve Montréal qui inquiète.

Le gouvernement libéral a annoncé dans son budget pré-électoral que Montréal bénéficiera de 140 millions pour soutenir son développement économique sur une période de cinq ans. Aussi, Jean Charest a reconnu que Montréal avait besoin de nouveaux leviers pour faire face à sa situation fragile. André Boisclair a appuyé clairement la demande du maire Tremblay, qui veut obtenir de nouveaux «pouvoirs habilitant». Quant à Mario Dumont, il prône l'autonomie des régions.

Aux yeux de Christiane Miville-Deschênes, que les trois chefs reconnaissent les problèmes de Montréal est une bonne chose. «Montréal ne demande pas de subvention mais des outils pour faire face à ses responsabilités et pouvoir mieux planifier», a-t-elle rappelé.

Le comité d'orientation économique pourrait certes être d'une aide précieuse pour alerter l'Assemblée nationale. «De voir Montréal statistiquement s'appauvrir, c'est une préoccupation, a indiqué hier Luc Lavoie, porte-parole de Quebecor. Ce sont des gens autour de la table qui ont quelques bonnes idées.»

Mais d'aucuns remettent en question la capacité du maire Tremblay à être un véritable leader dans une situation aussi délicate. Le changement de nom envisagé pour l'avenue du Parc ou les dossiers du CHUM ou du déménagement avorté du casino à Pointe-Saint-Charles reviennent souvent comme des exemples où Gérald Tremblay n'a pas réussi à convaincre qui que ce soit.

Le comité d'orientation économique n'est pas sans rappeler celui qu'avait discrètement mis sur pied en 1995 l'ancien maire Pierre Bourque. Le Comité de relance économique de Montréal, mieux connu à l'époque sous le nom de comité des sages, était composé de 25 hauts dirigeants de grandes entreprises, comme Bell Canada, Alcan, SNC-Lavalin, la Banque Royale et la firme comptable Raymond Chabot Martin Paré, aujourd'hui Raymond Chabot Grant Thornton.

Ces sages de la communauté des affaires avaient produit un rapport qui avait tout du remède de cheval pour l'économie montréalaise. Ils proposaient la privatisation de services municipaux et la réduction de 18 % des salaires des fonctionnaires municipaux. S'était alors enclenché un débat houleux à Montréal, qui avait d'ailleurs eu des répercussions au gouvernement du Québec, sur la privatisation de l'eau. Les projets du maire Bourque et consorts ont finalement été passés à la moulinette.






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  • Michel Magnant
    Inscrit
    samedi 14 avril 2007 05h04
    Les coalitions de dirigeants ne sont pas la solution
    « Les coalitions de dirigeants montréalais ne tiennent pas la route. Rappelons que la coalition de 2004 contre les défusions est tombée à l'eau. Tout comme celle en faveur du CHUM à Outremont la même année. En 2005 il y en avait eu une autre, toujours les mêmes figures, en faveur du nouveau Casino, qui est disparue sans laisser de traces.

    Le problème est que ces réunions de dirigeants manquent singulièrement d'analyses circonstanciées et d'action continue. Passé le coup d'éclat,il n'y aura pas vraiment de suivi. Ailleurs dans le monde on crée plutôt des forums spécialisés continus pour mousser le développement des grandes villes.

    Mentionnons le TORONTO SUMMIT ALLIANCE (2003), l'ATLANTA REGIONAL COMMISSION (regroupement de citoyens et de dirigeants), l'ICAP (Villes de l'Ontario), CEOs for CITIES (Chicago), City Mayors USA, etc. Ces organismes documentent les enjeux et argumentent systématiquement les solutions possibles, en plus de communiquer constamment avec la population. Rien à voir avec les opérations simplistes de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    samedi 14 avril 2007 07h10
    Montréal : moteur économique du Québec?Expliquez moi svp.
    « Je ne sais comment on en vient à affirmer pareil dogme,car s'en est dans la bouche des économistes et propagandistes en tout genre montréalais.
    En quoi les régions dites ressources sont elles si tributaires de l'économie de Montréal alors qu'elles sont productrices de matières premières qui ne vont pas se faire systématiquement transformer dans la métropole québécoise;la production minérale et forestère sont des exemples entre mille.Montréal joue davantage le rôle inverse,en monopolisant les ressources humaines et financières secondés par la concentration médias nationaux qui ne donnent souvent que la version montréalaise des choses au détriment des régions qui doivent lutter à armes inégales pour la conquête des entreprises.
    Les régions ont envoyées un signal puissant aux intervenants socio-économiques à la dernière élection et elles n'ont pas l'intention de s'en faire imposer dans le futur.
    Les régions ont de l'avenir en autant qu'on leur laisse leur juste part des ressources. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 14 avril 2007 09h28
    Un maire tellement sympathique
    « Gérald Tremblay est un homme sympathique. Mais pourquoi donne t'il l'impression de n'avoir aucune ambition personnelle pour l'avenir de la Métropole? On cite dans cet article les exemples du CHUM, du casino Pointe St-Charles, et du changement de nom de l'avenue du Parc. Dans tous les cas, des dossiers essentiellement « téléguidés » par la technocratie de Québec city (ex. Loto-Québec).

    Le seul secteur ou le privé semble vouloir jouer un rôle moteur est celui du tourisme et du divertissement (ex. Cirque du Soleil), mais Montréal n'est pas Barcelone et il est naïf d'espérer y faire prospérer quoi que ce soit sans arrimage dans l'économie du savoir, des affaires et de la finance.

    On aurait pu également citer l'exemple du projet de campus de l'UdM à Outremont : ou est la mairie? Le rôle du gouvernement municipal se limite t'il à avaliser d'un sceau négligent ce projet conçu sans aucune vision ni considération pour le tissu urbain environnant? On nous prêche ad-nauseam sur les transport publics, l'écologie urbaine, le développement durable, mais ou sont les projets qui matérialisent ces préoccupations?

    On nous parle de propreté, mais pourquoi le volet répressif de cette initiative ne vise t'il que les propriétaires? Dans la plupart des grandes villes américaines, un flagrant délit de pollution de la voie publique est puni d'une amende de $500 à $1,000, pourquoi n'est-ce-pas le cas chez nous? Sans pénalités dissuasives, certains citoyens continueront à jeter leurs ordures à terre et les seuls proprios ne peuvent à eux seuls régler ce problème là.

    Au final, le legs de l'administration Tremblay se limitera t'il à l'échangeur du Parc la réfection de l'autoroute Bonaventure, deux projets utiles en soi mais qui ne signalent aucune volonté de rupture avec la logique du « tout automobile »? Sans volonté politique de réformer l'écheveau paralysant d'une administration et d'une fiscalité municipale obsolètes, la mairie de Montréal est condamnée à demeurer une simple caisse de résonance pour groupement d'intérêts bien connectés... dans la capitale nationale. »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    samedi 14 avril 2007 13h41
    Les villes sont plus écologiques que les banlieux et les régions
    « Une excellente raison de ne pas laisser tomber Montréal: les villes sont toujours plus écologiques lorsqu'elles sont développées comme véritable milieu de vie, et non pas comme centres d'emplois pour les banlieusards. Aussi, les régions n'ont pas à se développer pour les urbains qui croient qu'ils doivent aller passer leurs week-end en dehors de la ville pour mieux vivre.

    Le déficit du Québec et l'endettement des contribuables est en bonne partie causée par la dictature pétrolière. Le modèle de développement des régions est centré sur le gaspillage de ressources qui ne nous appartiennent pas, et la dilapidation de celles qui nous appartiennent collectivement; les nouveaux développements de "McMansions" qui envahissent le "beigne urbain" vont demander d'énormes ressource énergétiques, autant en pétrole qu'en électricité. Les banlieusards et les "régionaux" sont responsables de la majeure partie de la pollution, et des formes spécifiques de pollution se retrouvent à l'extérieur des villes lorsque les toxines se déposent. Le Québec se développe tout croche, il fuit en avant en gros SUV...

    Montréal doit rester un centre vital, n'en déplaise au Hérouxvillois et autres adéquistes "autonomistes". La richesse de Montréal ne se trouve pas la privatisation et les casinos, et elle n'a pas à se soumettre aux dictacts de ceux qui la déteste au point de vouloir mettre au pouvoir l'ADQ, dont le projet politique est manifestement d'appauvrir Montréal. J'espère que les gens d'affaires qui se portent à la rescousse de Montréal ont une autre vision que celle du petit Mario. »

  • Yvonne lemile
    Inscrite
    dimanche 15 avril 2007 18h04
    Montréal nombril du vent
    « J'abonde dans le sens de Roger Lapointe et de Michel Magnant.

    Montréal se prend pour le nombril de l'économie.

    N'est-ce pas mal interpréter la réalité ?

    Sans les régions d'où Montréal a siphonner les resources, Montréal n'existerait tout simplement pas.

    Montréal ne tirerait-il pas « un plus » d'une économie régionale Forte ?

    À la lecture du l'article on peut voir l'orgueil mal placé des bonzes de Montréal.

    Extrait:
    «« 40 décideurs derrière Tremblay ???? »»
    Qui vont décider pour leurs propres intérêts sans considération pour la province.

    Extrait:
    ««Une certaine inquiétude perce dans la communauté des affaires. La semaine dernière, la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, rappelait dans nos pages que Montréal est le moteur économique du Québec et que son développement constitue un enjeu pour toute la province.»»

    La présomption n''étouffe pas la Hudon.
    Comment une ville peut être le moteur économique, quand elle ne produit rien et est un trou noir qui absorbe tout, avidement, les ressources régionales ?
    L'enjeu n'est-il pas le pouvoir économique et les conséquences de la mondialisation ?

    extrait:
    Extrait:
    ««Aux yeux de Christiane Miville-Deschênes<> «Montréal ne demande pas de subvention mais des outils pour faire face à ses responsabilités et pouvoir mieux planifier», a-t-elle rappelé. »»

    Fausses interprétations.
    Des outils n'est-ce pas comme des subventions, je ne vois pas le problème autre que l'administration elle-même, les outils, son coffre est plein.
    Ne faut-il pas simplement bien les utiliser honnêtement.
    Une administration moins ambitieuse de gloire ne ferait-elle pas meilleure figure.
    Une administration moins concentrée sur son nombril et avec une vision d'intérêt plus général vers les régions au provincial ne donnerait-il pas de meilleurs résultats ?

    Extrait:
    Quand on parle de Montréal, il faut entendre «« Tout ce que Montréal compte de dirigeants d'entreprise incontournables, de gratin culturel, de bonzes de la finance et d'intelligentsia universitaire est regroupé derrière la Ville de Montréal pour en assurer la vitalité et voir à ce qu'elle soit au coeur de l'action gouvernementale. »»

    Est-ce que ce paragraphe ne dit pas toute la pédance du gratin de montréal ?
    L'aveuglement des intérêts personnels sera-til au détriment de ces mêmes pédants et de toute la province si les régions s'écrasent ?


    Extrait dernier paragraphe :
    Ces sages de la communauté des affaires avaient produit un rapport qui avait tout du remède de cheval pour l'économie montréalaise. Ils proposaient la privatisation de services municipaux et la réduction de 18 % des salaires des fonctionnaires municipaux. S'était alors enclenché un débat houleux à Montréal, qui avait d'ailleurs eu des répercussions au gouvernement du Québec, sur la privatisation de l'eau. Les projets du maire Bourque et consorts ont finalement été passés à la moulinette.

    Naturellement sans réduction de leurs profits.
    Selon les propositions des prétendus sages de Bourque, ne faut-il pas s'attende que les clonés sages de Tramblay, ne sortiront pas les mêmes solutions appelé avec de nouveaux mots de belle au bois dormant ?
    N'y voit-on pas le vouloir à diriger l'économie à l'orienter dans leurs poches.

    Quand Montréal descendra de son pieddestal. sortira de son nomblilisme, donnera la main à l'ensemble de la province. Nous pourons parler d'un Grance ville. Du Grand Montréal. »

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