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Référendum - Feu vert à la protection d’une forêt centenaire à Granby

Les citoyens de Granby, dans les Cantons de l’Est, ont donné hier soir le feu vert à la Ville pour qu’elle effectue un emprunt de 7,95 millions de dollars afin de se porter acquéreur des «terres Miner», des terrains d’une superficie de 525 acres qui étaient devenus le centre d’une guerre de tranchées entre des promoteurs immobiliers et la Ville. Cette dernière souhaite procéder à l’achat afin de protéger une forêt centenaire qui se trouve sur ces terrains.

Appelés à voter pour ou contre ce projet, au terme d’une campagne référendaire où les camps s’accusaient mutuellement de mentir à la population, les Granbyens ont offert un appui massif au «oui», qui l’a emporté par 14 554 voix, contre 7865 pour le «non», soit une majorité de 6689 voix. Des 46 213 citoyens qui étaient invités à se prononcer, 21 480 ont pris part au vote. La victoire est d’autant plus importante pour le «oui» qu’un sondage rendu public le 20 mars lui prédisait seulement 42,5 % des intentions de votes, contre 57,5 % au camp du «non».

Les terres en question comprennent des terrains vacants zonés résidentiels, mais aussi un petit terrain de golf et un parc connu comme «le parc Miner», incluant notamment une forêt centenaire. La Ville de Granby souhaite acheter la totalité des 525 acres, pour ensuite y délimiter une «zone de conservation» de 253 acres incluant le golf, le parc Miner et certains terrains vacants. Environ 200 acres de cette zone ont une valeur écologique, et l’on y retrouve des arbres aux essences très variées: érable à sucre, pruche, cerisier, merisier, frêne, hêtre et noyer.

Un total de 271 acres devraient par ailleurs être revendus à des promoteurs immobiliers afin qu’ils y effectuent des développements résidentiels «sur une période de 24 ans», selon ce qu’a expliqué hier le maire de Granby, Richard Goulet, favorable au projet. Il n’a pas été possible de lui parler hier soir, après l’annonce des résultats.

Cette possibilité d’achat avait été soumise à la Ville par le juge de la Cour supérieure Paul-Marcel Bellavance afin de régler la vente des terrains qui appartiennent à la succession d’un ancien industriel prospère. Le juge a offert à Granby une option exclusive d’achat, à condition que la Ville paye les 7,95 millions de dollars en un seul versement et dans un délai relativement court.

Le camp du «non»

Or, pour le camp du «non», réuni au sein du Regroupement des citoyens pour une gestion responsable, l’achat des 525 acres est une erreur et ils ont mené une lutte de tous les instants au cours de la campagne référendaire. Ils ont notamment fait valoir que le prix payé par la Ville est trop élevé, lui demandant d’attendre le plan B du juge Bellavance, qui prévoyait de confier la vente à la firme Colliers International. Celle-ci pensait pouvoir tirer 13 millions de dollars de l’opération. Granby aurait alors pu acheter la centaine d’acres nécessaires pour protéger la forêt Miner, selon le camp du «non».
Une étude commandée par la Ville à la firme Raymond Chabot Grant Thornton a plutôt démontré que la revente des 271 acres de la «zone constructible» à des promoteurs immobiliers suffira largement pour financer l’achat de la «zone de conservation».

Le camp des opposants, qui compte dans ses rangs l’ancien maire de Granby, Michel Duchesneau, a aussi prétendu que certains terrains seraient contaminés. «La Ville a commandé trois études à la firme d’experts Laforest Nova Aqua, qui a statué que les dits terrains étaient sains», a dit M. Goulet hier. C’est ce qui lui fait dire que «le camp du “non” a fait une campagne de désinformation absolument incroyable». L’une des propriétaires des «terres Miner», Maria Lubecki, a aussi soutenu que Michel Duchesneau lui avait déjà fait, à deux reprises, une offre pour l’achat des terres Miner. Des allégations que le principal intéressé a démenties.

Les partisans du «non» se sont toutefois défendus de vouloir jouer le jeu des promoteurs immobiliers, qui pourraient voir une belle occasion d’affaires dans ces 525 acres, l’équivalent de 350 terrains de soccer. «Les deux camps visent le même objectif: on veut conserver le bois. J’espère que les gens comprennent la même chose que nous», avait expliqué vendredi Serge Nadeau, leader du camp du «non», au quotidien La Voix de l’Est.

Richard Goulet estime pour sa part que la préservation de 253 acres, dont la forêt centenaire, ne sera assurée que si la Ville achète les terrains. «On veut le faire pour les générations futures», a-t-il souligné hier. Quelque 1500 personnes avaient d’ailleurs manifesté samedi à Granby en faveur du projet d’achat.






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  • Jean-Yves Bégin
    Abonné
    lundi 2 avril 2007 09h41
    INFORMATION SUPPLEMENTAIRE, RE SUITE À DONNER À CET ARTICLE
    « Puis-je vous signaler un cas analogue, qui n'a pas bénéficié de la même attention de la part du conseil municipal, c'est le moins qu'on puisse dire, et qui a débouché sur un saccage dont à ma connaissance personne n'a jamais parlé, et bien sûr cela ne nous la ramènerait pas... je veux parler d'une superbe petite forêt sur des hauteurs en retrait des aires bâties, oasis de beauté en pleine ville, soit UNE PETITE FORÊT DE GRANDS PINS SITUÉE À SAINT-JOVITE, MAINTENANT VILLE DE TREMBLANT, où j'aimais aller me reposer dans un prisme de lumière déversant ses rayons rouges, verts et ocres, selon les heures, particulièrement impressionnants dans la buée succédant à la pluie, lieu de méditation, de silence et de recueillement par excellence, où d'ailleurs j'amenai plusieurs amis européens, qui se révélèrent enchantés, et moi qui croyais ce petit bijou d'esthétique nécessairement promis à un brillant avenir au sein d'une petite ville dédiée au tourisme, je me trouvai un soir devant une friche dévastée ouverte à tous les vents, où tout avait été rasé, et laissé à l'abandon... on m'expliqua alors, mais je n'ai pas vérifié, qu'un promoteur avait acquis et le boisé et le permis pour y édifier un complexe domiciliaire quelconque, qui de toute façon ne fut jamais réalisé, ce qui a laissé l'endroit dans un incroyable état de désolation dont je ne me console pas, une perte sèche pour Saint-Jovite. Des protestations se sont élevées à St-Jovite, et à juste titre, contre la fameuse piste cyclable livrée aux skidoux bruyants au grand dam des riverains, ce qui prouve qu'il existe tout de même une certaine conscience sociale quand des intérêts privés sont lésés, mais jamais je n'ai eu vent de quelque protestation que ce soit dans le cas qui m'occupe. Si jamais vous désirez faire enquête sur ce ravage, je me ferai un plaisir de vous indiquer l'endroit, car je doute que vous trouviez sur place quelque information que ce soit! Pour ma part, je demeure avec mes souvenirs avec une saveur funèbre! Ce cas pourrait inspirer d'autres projets, et éclairerait rétrospectivement le public à propos du projet de Granby, du moins sur son principe, soit dit sans préjuger des modalités discutables ou pas, afin de montrer ce qui peut arriver quand on n'agit pas à temps. Bravo à Granby...

    Bien à vous, jybegin@hotmail.com

    . »

  • Jean-Claude Préfontaine
    Abonné
    lundi 2 avril 2007 10h50
    Une décision très sage que de préserver cette forêt.
    « Ce vote des citoyens m'évoque cette pensée inspirée de Roger Lemelin : Les citoyens de Granby ont compris qu'on peut trouver d'autres moyens de faire du développement économique, mais qu'on n'en trouverait pas pour ressusciter une âme morte. Ils ont décidé de ne pas tuer la beauté.

    Ce parc est magnifique. Lorsque je demeurais à Granby, j'ai parcouru presque tous les recoins du terrain à pied, en vélo, en raquette ou en ski. Ce lieu est source d'eau, de sérénité, de calme et de lumière.

    Voilà, un vote qui permettra d'arrimer qualité de vie et développement économique. »

  • Claude Couture
    Abonné
    mardi 3 avril 2007 12h02
    Le cas de Granby constitue malheureusement une exception au Québec
    « Jean-Yves Bégin relate un cas déplorable ; il y en a trop de ces situations d'irresponsabilité, d'insensibilité et de laisser-faire au Québec. À titre d'exemple, les nombreux milieux humides remblayés un peu partout, dont à Longueuil où le Boisé du Tremblay est en danger, à Laval, Trois-Rivières, où une partie du Boisé des Plateaux a été rasée en 2006, la forêt patrimoniale de l'Escarpement, à Québec, avec le prolongement de l'autoroute Du Vallon et la liste pourrait s'allonger...

    Il faut quand même dire bravo à la ville de Granby et à ses citoyens qui ont voté oui au récent référendum; bravo aussi à Drummondville qui a protégé la forêt Marconi en 2006. Il faut souhaiter que d'autres dirigeants de nos villes s'inspirent de ces gestes de conservation de nos forêts urbaines qu'il est tellement important de protéger.

    Il faut aussi s'enlever de la tête que seules les forêts patrimoniales méritent d'être protégées. Toutes les forêts, quelles qu'elle soient, exercent des bienfaits sur les individus à divers degrés ; en cette ère de déforestation et de changements climatiques, chaque arbre compte ! »

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