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Grande Bibliothèque - La Ville exige le «risque zéro»

Les marquises, bannières et jardins que se propose d'aménager la Grande Bibliothèque pour protéger le public d'éventuelles chutes de profilés de verre sont loin de faire l'affaire de la Ville de Montréal. À moins que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et la firme Pomerleau ne consentent à revoir substantiellement leur plan d'aménagement, dont le coût est estimé à 500 000 $, l'arrondissement de Ville-Marie risque fort de les contraindre à retourner à leur planche à dessin.

Le dévoilement public mardi du plan de réaménagement du périmètre de la Grande Bibliothèque a plongé la mairie de Ville-Marie dans un grand dilemme. «La Grande Bibliothèque a l'intention de laisser tomber les lamelles, mais l'arrondissement ne peut pas accepter que les lamelles continuent de tomber parce qu'elles constituent quand même un risque pour les passants», a expliqué le directeur des affaires publiques et des relations avec les citoyens de Ville-Marie, Jean-Yves Dutel.

L'annonce de ce plan d'aménagement a pris de court l'arrondissement, qui estime avoir été très clair lors de ses rencontres précédentes avec BAnQ. La dernière communication, datée de janvier, invitait d'ailleurs BAnQ à améliorer son plan. «Quand ils ont fait état de cette proposition-là [en décembre dernier], on a tout de suite fait valoir qu'il y avait une règle de base à laquelle on ne pouvait pas déroger, à savoir que toute solution permanente devait être exempte de tout danger», a raconté M. Dutel.

Faisant fi de ces recommandations, BAnQ et le constructeur Pomerleau ont choisi de ne rien faire pour empêcher les lamelles de tomber. Leur solution? Réaménager le périmètre de la Grande Bibliothèque en lui ajoutant une zone de sécurité qui comprendra des marquises, des bannières et des arbustes denses destinés à éliminer tout risque de blessure. Depuis la construction de l'immeuble — dont l'installation du revêtement a coûté trois millions de dollars à elle seule —, dix des quelque 6200 lamelles de verre se sont fracassées au sol.

Hier, la directrice des communications et des relations publiques de BAnQ, Hélène Panaïoti, s'est dite étonnée de voir que l'arrondissement prenait une position aussi tranchée dans ce dossier avant même d'avoir vu les plans finaux, qui devraient être déposés à la fin du mois. «Ils n'ont pas reçu notre demande de permis, qui comporte bien entendu une documentation complète et des études qui appuient la solution proposée. À la lecture de cette documentation-là, ils pourront émettre une opinion. Mais ça nous étonne fortement qu'ils semblent avoir arrêté leur idée en se basant seulement sur un communiqué, des plans préliminaires et quelques rencontres.»

L'arrondissement estime pour sa part que les moyens proposés pour l'instant sont trop timides pour éliminer tous les risques de blessures chez les passants. «Nous recherchons le risque zéro et, pour ce que nous en avons vu, ce plan ne répond pas à cet impératif, a indiqué Jean-Yves Dutel, d'autant plus qu'il y a un achalandage dans ce secteur qui risque fort de s'accroître avec la construction de l'îlot Voyageur juste en face.»

Si l'arrondissement de Ville-Marie est si prudent dans ce dossier, c'est que le risque de chute d'une lamelle reste très élevé. Dans une étude commandée par l'arrondissement, la firme CPA Verre Structurel inc. estime qu'«il ne serait pas surprenant de voir durant les prochaines années quatre à six lamelles additionnelles se briser». Mais il y a plus inquiétant: ce rapport confirme ce que d'autres experts avaient déjà signalé, soit que le tiers des lamelles ne répond pas aux normes canadiennes.

D'ordinaire, le verre trempé adéquatement se fragmente en morceaux de petite taille, qui ont une très faible probabilité de causer des blessures. Le hic, c'est que des essais en laboratoire menés sur certains profilés de la Grande Bibliothèque ont montré que les lamelles qui ne répondent pas aux normes peuvent faire mentir cette règle. «Un des fragments récupérés après un des tests mesurait 52 mm x 240 mm hors tout, soit près de 20 fois la grosseur de la taille permise pour un fragment de verre trempé. Il est facile d'imaginer qu'une personne pourrait subir des blessures graves à la suite de la chute d'un tel fragment», lit-on dans ce rapport.

Depuis maintenant près de deux ans, la Grande Bibliothèque est ceinturée d'un périmètre de sécurité improvisé, composé principalement de barrière de sécurité, une situation qui pèse de plus en plus aux yeux de l'arrondissement. «On ne peut pas continuer comme ça, dans le temporaire. Il faut que ça se règle. On avait suspendu la tarification pour l'occupation du domaine public, mais on a repris la facturation en janvier», a indiqué le directeur des affaires publiques et des relations avec les citoyens de Ville-Marie.

La facturation de l'occupation du territoire public pourrait coûter très cher à la Grande Bibliothèque. En 2005, celle-ci avait dû débourser 221 842,07 $ pour installer ses barrières de sécurité sur la voie publique. En 2006, la mairie avait consenti à ne plus réclamer de frais à l'institution publique. Mais l'attente a assez duré, et Ville-Marie a décidé de relancer le compteur, à raison de 39 000 $ par mois.

Jusqu'à présent, la mésaventure des profilés de verre aura coûté 905 000 $ aux différentes parties, dont 500 000 $ auront été assumés par BAnQ. Celle-ci devra ajouter à ce montant les 39 000 $ mensuels qu'elle devra débourser pour continuer à occuper l'espace public jusqu'à ce qu'une solution permanente soit trouvée. Dans son communiqué émis mardi, la BAnQ disait vouloir commencer les travaux au printemps. Mais il lui faudra d'abord obtenir un permis de l'arrondissement, ce qui n'est pas donné d'avance. «La base, c'est la sécurité du public. [Pour être acceptée], il faudra que leur demande de permis soit accompagnée de quelque chose de neuf par rapport aux discussions qui ont eu lieu», a prévenu M. Dutel.

Entre juin 2005 et août 2006, dix profilés de verre du parement extérieur de la Grande Bibliothèque ont éclaté. Des experts ont suggéré de retremper les lamelles prises en défaut; d'autres ont plutôt indiqué qu'il fallait les réinstaller selon des normes plus serrées. Mais ces solutions, aussi complexes que coûteuses, n'ont pas été retenues par BAnQ ni par la firme Pomerleau parce que les différents rapports n'ont pas su établir de solution claire et certaine ni même déterminer une responsabilité unique et certaine.






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  • francis dery
    Inscrit
    jeudi 25 janvier 2007 00h29
    solutions simples SVP
    « Si les lamelles sont décoratives seulement, alors elles sont facultatives. Enlevons-les!

    En attendant, pourquoi ne pas suspendre des filets à maille fine comme ceux utilisés pour constituer les sacs d'agrumes?
    Lorsqu'une lamelle brisera, le filet retiendra les morceaux sur le mur. Lesquels morceaux descendront par gravité. »

  • Denis Potvin
    Abonné
    jeudi 25 janvier 2007 06h59
    A qui la responsabilité
    « L'affirmation à l'effet qu'il n'est pas possible de déterminer une unique et certaine responsabilité me semble trompeuse. En effet, le code civil impose aux professionnels et entrepreneurs une responsabilité solidaire et conjointe à l'égard de déficiences. Dans ce cas la BAnQ n'aurait qu'à choisir un intervenant (le plus solvable) et le poursuivre.

    Je ne connais évidemment pas tous les détails de l'affaire, mais il me semble que la solution visant à l'établissement d'une zone de sécurité, ne correspond pas aux meilleurs intérêts du public. Lorsque toutes les lamelles auront tombées "sécuritairement", qui aura la charge financière de reprendre le parement? »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 25 janvier 2007 09h55
    Revenont au plan original
    « Il me semble qu a l'origine c'était des lamelles de cuivre qui étaient prévue, que les changeur de plan pour "économiser" se lèvent et nous auront les vrais coupable. De plus pourquoi faire du verre trempé en Belgique ou aucun contrôle de fabrication n'est possible, on ne fait plus de verre trempé au Canada? Est ce que du verre qui se brise en plus gros morceau ne veut pas dire que le fabricant a essayé de faire plus pour moins chère? Allez maintenant faire un procès à une firme Belge... Ça me rappelle le toit du stade olympique.. Quand les fonctionnaire qui joue avec notre argent comprendront il que c'est pas la soumission la moins chère qui est la bonne, mais la plus basse du groupe des moyens soumissionnaires??? »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    jeudi 25 janvier 2007 10h26
    Et si elles avaient été en cuivre ?
    « Bonjour

    Elles devaient être faites de cuivre ces fameuses lamelles.

    Pour une question de budget semble-t-il, on a préféré le verre.Dépasserons-nous les coûts du cuivre à lui accoler des ajouts ?

    Pourquoi est-ce que c'est si difficile maintenant de prouver l'incompétence ? La clique des petits amis ? Dans quelques années,on pourra lire dans les archives, le ridicule de la situation. On ne fait vraiment pas mieux que nos prédécesseurs malgré tous nos moyens supposément améliorés.

    N'empĉhe que cet édifice est laid. Heureusement que l'intérieur nous livre tout, en toute transparence.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    jeudi 25 janvier 2007 18h13
    Que celui qui est sans péché...
    « Une fois de plus, comme Gesca n'a pas réussi à faire mordre les Québécois dans l'auto-flagellation, et comme les élections s'en viennent, il faudra que les libéraux rappellent que la Grande Bibliothèque a été mise sur pieds par l'administration antérieure.

    Alors que pendant ce temps, le même jour, on apprend que le Québec n'est pas un cas isolé dans la gourmandise des entrepreneurs...

    Architecture - La gare de Berlin perd des morceaux.
    Stéphane Baillargeon

    Il n'y a pas qu'ici que les grands immeubles neufs perdent des morceaux. À Berlin, la gigantesque gare centrale, inaugurée l'été dernier, vient de perdre une de ses poutres métalliques. La pièce de deux tonnes a fracassé un escalier. Heureusement, personne n'a été blessé.

    Faites-moi rire en deux articles. »

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    vendredi 26 janvier 2007 10h34
    Hein! Vous avez dit mamelle ...?
    « Des mamelles qui tombent, c'est pas nouveau et c'est pour ça qu'on a inventé le soutien-gorge. De plus, pour le tourisme, c'est bon pour le Québec cette histoire de mamelle. Avant, on ne parlait que des 'Mamelles de la France'; maintenant on peut faire valoir les mamelles du Québec. Hi! Hi!

    C'est partout pareil. Des constructions défaillantes et des constructeurs mafieux se promenant en toute liberté dans leurs gros chars, ça existent dans tous les pays du monde, et passer son temps avec des avocats à faire des poursuites, c'est encore pire, parce que ... .

    C'est la substance même de la vie et de l'être humain qui sont en cause. Peu importe ce que tu fais, il y a des risques. C'est encore plus vrai lorsque tu serres la vis à cause d'un petit budget. Peut-être que l'ambition, le rêve original était trop grand en rapport avec nos moyens. Le gouvernement du Québec (comme beaucoup d'autres) est très endetté et pourtant continue à dépenser au delà de ses capacités réelles. On pourrait même dire que les projets ambitieux et les déficits sont 'les mamelles du Québec'. J'AI UN PROJET AMBITIEUX MOI AUSSI : FAIRE PLUS D'ENFANTS POUR PAYER LES DETTES ET REMPLIR LES SIÈGES DE LA grande BIBLIOTHÈQUE. HEIN? VOUS PARLEZ DE MAMELLES ENCORE!!! »

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