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« Réinventer Montréal » - Pour une « métropole créative, humaine, inclusive, festive et généreuse »

Les fêtes du 30e anniversaire du département d'études urbaines et touristiques (DEUT) de l'École des sciences de la gestion (ESG) de l'UQAM prennent diverses formes et mobilisent un grand nombre de personnes en provenance du milieu universitaire et de différents horizons. Elles proposent prioritairement, à travers divers événements, une réflexion sur la ville en devenir. Par le fait même, l'UQAM prend la parole dans le concert des voix qui se font entendre d'un continent à l'autre sur les problématiques urbaines de l'heure et du futur.

Pionnière de l'UQAM où elle a entrepris sa carrière de professeure en 1969-70, Florence Junca-Adenot s'est d'abord appliquée à développer le secteur des sciences de la gestion pendant près de huit ans et, par la suite, elle a occupé des postes de direction au sein de cette institution. Après une incursion de quelques années à la barre de l'Agence métropolitaine de transport, elle est revenue au bercail à titre d'enseignante.

Initiatrice et grande responsable des fêtes, elle en dégage le véritable sens: «On ne voulait pas que ce soit simplement le fait de se regrouper ensemble et d'être fiers de ce qu'on a fait pendant 30 ans. Voilà ce que nous nous sommes dit: notre contribution, durant cette année 2006, en sera une que l'on peut apporter à titre d'universitaires; celle-ci consistera à développer des plateformes de réflexion sur la ville. Plutôt que de retenir le thème de la ville en général, on a voulu s'intéresser à Montréal en particulier. Notre apport, dans nos disciplines, c'est donc d'animer des débats sur le Montréal de demain.»

Rêver la cité de demain...

Montréal est devenue une métropole en quête des forces réelles et différentielles qui lui serviront à se trouver une niche dans l'ensemble des grandes régions urbaines du globe: «L'idée, avec tous nos experts et les spécialistes de plusieurs pays avec lesquels nous travaillons, c'est d'essayer de réinventer Montréal en se donnant au départ des valeurs, et de voir comment cette agglomération pourrait, à partir de ses forces et des réussites d'autres villes, devenir une espèce de métropole créative, humaine, inclusive, festive et généreuse, dont on rêve — ça prend toujours des rêves.»

Au-delà du caractère festif, apparaît tout l'aspect de la réflexion: «C'est un objectif beaucoup plus lourd que celui de faire une simple fête.» Un groupe de travail a été formé et il a mis sur pied un comité d'honneur composé de 19 personnes; celui-ci est formé principalement de diplômés représentant plusieurs des secteurs d'intervention du département: «On s'est doté d'une plateforme de réflexion à partir de laquelle on s'est questionné sur le choix des activités qu'on pourrait organiser durant toute l'année autour de la notion de "réinventer Montréal".»

Des lignes de force apparaissent dans la programmation, dont celle de susciter la participation des diplômés dans tous les types d'événement. Elle en ajoute une autre: «On ne forme pas une grosse société au Québec. Donc, cette réflexion sur la ville de l'avenir, on n'a pas voulu la faire en vase clos et on a invité tous nos collègues de toutes les universités à venir réfléchir avec nous.» Tous ces gens ont été conviés au lancement des fêtes en février. Des moyens ont également été mis en place pour assurer la diffusion auprès du grand public des idées qui émaneront des diverses tribunes. Une de celles-ci se présente sous la forme d'un colloque, qui se déroulera les 27 et 28 avril prochain; il s'agit d'une manifestation de première importance.

Réinventer Montréal...

Mme Junca-Adenot désigne les deux objectifs de départ de cette rencontre de deux jours: «Tout d'abord, on a posé des choix quant aux sujets. On a retenu les thématiques en fonction de deux objectifs très précis. On veut réfléchir, de façon innovatrice et prospective sur l'avenir de Montréal à partir de ses forces, de ses valeurs et de ses spécificités. Voilà pour le premier morceau. Quant au deuxième objectif, on choisit de ne pas refaire des choses déjà existantes. On veut apporter une valeur ajoutée à toutes les réflexions qui ont cours en tous lieux sur cette question, en déterminant les potentiels, en apprenant des métropoles qui ont réussi dans des contextes comparables et en considérant Montréal comme si elle était vue par des gens de l'extérieur: selon eux, quelles sont les forces sur lesquelles il faudrait miser?»

À partir de ces prémisses, les thèmes suivants ont été retenus: Montréal concurrentielle, Montréal engagée, Montréal diverse et Montréal rayonnante. «Chacun de ces thèmes relève un peu du positionnement stratégique sur lequel on peut travailler avec des contenus. Ils sont structurés avec des panels de deux conférences et d'un commentateur critique.» Elle en explique le fonctionnement: «On réfléchit, on va voir ailleurs et on se demande s'il serait possible de faire quelques petits pas en avant en appliquant quelques recettes ou quelques approches appropriées.»

De la grande visite

L'Association internationale des maires francophones (AIMF), dont le maire de Montréal Gérald Tremblay est le vice-président, tiendra également son colloque annuel à Montréal ce mois-ci; cet événement sera intégré aux fêtes du 30e anniversaire du département. Florence Junca-Adenot se penche sur l'idée de base de cette réunion: «Ils ont choisi un thème par rapport auquel on estime être quelque peu en avance, soit celui de "Villes, savoirs et développement local". On a le sentiment à Montréal d'être rendu un peu plus loin sur cette question d'intégration, tout comme Boston, par rapport aux pays européens francophones.»

Les deux événements vont s'imbriquer et les deux organisations ont convenu de travailler ensemble de cette façon: «On va profiter de la présence des maires de l'AIMF pour alimenter avec certains d'entre eux notre colloque; trois de ceux-ci y participeront et l'un des maires prononcera la conférence d'ouverture sur les enjeux et les valeurs des métropoles de l'avenir. De notre côté, nous nous associons avec eux en remettant un doctorat au maire d'une grande ville francophone. On va même tenir nos banquets conjointement.» Tous les premiers magistrats reçus par le maire Tremblay et toute la bande des fêtes du 30e, qui comprend les diplômés et les profs du département, sont conviés à un rassemblement au chalet de la montagne à cette occasion: «On pourra réaliser un "réseautage" assez extraordinaire, parce que l'autre objectif consiste pour nous à travailler plus étroitement avec l'Association, surtout sur le volet de la formation du personnel dans les ville des pays francophones.»

Et elle lance de façon convaincue en terminant: «Et à travers tout cela, on veut mettre en valeur nos étudiants, parce qu'ils occupent une place centrale dans ces fêtes. On les force à présenter leurs projets en public. On leur demande d'accomplir tout un paquet de choses: ils sont impliqués dans tout et ils sont présents dans les comités d'organisation.» Pour l'heure, elle se félicite du déroulement des opérations: «C'est bien parti et ça va très bien. Tout le monde collabore. On assiste en ce moment à une véritable ébullition des idées.»

Collaborateur du Devoir






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