dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Une ville à réinventer

Festival Montréal en lumière
Photo : Jacques Grenier
Festival Montréal en lumière
Montréal fut, à l'égal de New York et de Boston, une métropole américaine. Et cela semble aujourd'hui bien lointain. Peut-on faire renaître la deuxième ville francophone du monde? Des universitaires y réfléchissent.

Il y a près de deux siècles, Olmstead, l'architecte paysager alors en vedette en Amérique du Nord, était invité à Montréal pour concevoir, et réaliser, l'aménagement d'un futur parc sur les flancs du mont Royal. Cette invitation était lancée à la suite d'une autre déjà faite à James O'Donnell, celui qui a dessiné les plans de la présente basilique Notre-Dame. Ces architectes étaient les ténors de leur temps et, par de tels gestes, l'élite locale, qu'elle fût anglophone ou francophone, catholique ou protestante, signifiait sa volonté de faire de la ville une des grandes capitales mondiales. Même de 1843 à 1849, jusqu'à l'incendie de l'édifice du parlement, la ville ne fut-elle pas la capitale du Canada naissant?

Métropole de l'Amérique du Nord britannique, la ville se voyait alors l'égale de New York, et il était de mise de déclarer que son statut dépassait celui de Boston, cette autre ville de commerce et de culture. La construction ultérieure d'un double réseau ferroviaire, celui du Grand Tronc et du Canadien Pacifique d'un richissime Van Horne, allait consolider Montréal en tant que porte d'entrée de l'autre Amérique nordique, celle qui avait l'appui de tout un empire, le britannique, dont les postes rejoignaient aussi l'Asie, l'Europe et l'Afrique.

Avec les vagues migrantes de l'époque, qui s'ajoutaient à cette double colonisation, la française et l'anglaise, la ville aux «deux cultures» était sur sa lancée: l'industrialisation, couplée à une abondance de ressources naturelles et à de vastes espaces ouverts au développement, allait permettre tous les rêves. Et cela fut une réalité jusqu'à l'après-Seconde Guerre mondiale. S'opéra alors un glissement vers l'Ouest, comme cela fut aussi le cas aux États-Unis, et lentement Toronto devint la métropole canadienne.

Constat

L'Expo 67 puis la venue des Jeux olympiques en 1976 ont constitué les derniers gestes d'éclat de la ville sur la scène mondiale (dans une vision continentale, la mise à mort d'une équipe professionnelle de baseball signifiait la rétrogradation de la ville parmi les diverses métropoles nord-américaines). Et depuis lors, Montréal se cherche.

La ville a toujours des atouts: des universités, des secteurs de pointe (de l'aérospatiale à l'industrie pharmaceutique en passant par le commerce de la fourrure), un visage culturel fort et un quartier historique qui n'a d'égal sur ce continent que celui de Québec. De plus, dans le monde francophone, la ville s'enorgueillit de ne céder par la taille de sa population qu'à Paris, devançant aussi toutes les autres villes françaises.

Toutefois, qui a à coeur l'avenir de la ville pourra à la comparer se désoler. L'ancienne rue Saint-Jacques a tout perdu au profit de Bay Street, la Place Ville-Marie approche d'un 50e anniversaire. Le propos porte-t-il sur les projets publics qu'on ne peut que constater la dégradation des infrastructures, du réseau routier à celui de l'aqueduc, et jusqu'ici aucun nouveau projet de développement ne fait l'unanimité. À l'exception des pavillons universitaires, tout bloque. Deux hôpitaux universitaires, mais pour quand? Une maison de la danse, oubliée? Une salle pour l'orchestre, à l'étude? Un nouveau stade, pour quoi faire? La prolongation du métro, qui va payer? Et plus encore: un nouveau projet soutenu par les fonds de Loto-Québec, pas question! Initie-t-on d'ailleurs un nouveau festival qu'il faudra d'abord vaincre autant les résistances locales que les appréhensions des autres communautés québécoises.

Réflexion

L'immobilisme règne. Pourtant, on ne cesse de mettre de l'avant les avantages montréalais. La ville, historiquement et culturellement, demeure un point de rencontre entre l'ancien et le nouveau monde. Avec les années, elle est devenue multiethnique, le passage se faisant sans douleur, et ses institutions de savoir et de culture n'ont, dans plus d'un secteur, rien à envier à d'autres régions urbaines.

Il faut cependant combattre la morosité ambiante. Profitant d'ailleurs de l'occasion offerte par la célébration d'un 30e anniversaire, l'équipe réunie dans un département à double orientation, qui rassemble à l'UQAM les études urbaines et touristiques, propose, par le recours à la formule d'un colloque à venir en avril, de «réinventer Montréal». Et le défi est réel.

Il est loin le temps de la gloire. Et il est difficile de vivre ces années où l'État fédéral établit ses stratégies en fonction d'objectifs électoraux quand Québec n'en a que pour la santé, l'éducation ou les déficits, et que la Ville elle-même tente de survivre à cette période de fusion-défusion qui impose plus une décentralisation qu'une concertation.

Si les Montréalais sont fiers normalement de leur ville, ils sont toutefois nombreux à avancer que la ville doit renaître. Qui, du privé ou du public, aura l'audace de poser le premier geste? Dans cette attente, les universitaires réfléchissent...
Festival Montréal en lumière Source: UQAM
 
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Pierre Cloutier - Inscrit
    1 avril 2006 09 h 07
    Montréal en déclin: Jane Jacobs à la rescousse.
    Cette urbanisme de renommée mondiale s est pencher sur le cas du déclin de Montréal. Ca solution proposée fur assez étonnante pour une américaine qui a grandit au Canada: La souveraineté du Québec. Depuis, cette spécialiste est disparue des médias canadien.
    Ce colloque devrait revenir sur les thèmes développer par cette derbière. À moin que l université et Le Devoir soit incapables de sortir du "provincialisme" pour imaginer des solutions à ce problême. Dans ce cas nous aurons de réelles raisons de désespérer du futur.
    Jean claude Pomerleau
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    1 avril 2006 09 h 12
    Montréal, ville française ou bilingue ?
    « Peut-on faire renaître la deuxième ville francophone du monde? »

    La vraie crise de fond de Montréal réside dans ce fait historique très navrant qu'elle n'a jamais pu se bâtir une personnalité francophone d'envergure mondiale à cause du premier rôle exclusif qu'elle joue de force dans le bilinguisme de façade qui sévit au Canada.

    J'en veux pour preuve ces temps-ci cette folie collective de vouloir investir à fonds perdus dans la consolidation des Deux Solitudes : par exemple, deux réseaux hospitaliers anglais et français, en parallèle, à coups de milliards en dépassement de coûts, au lieu de saisir cette chance unique de conférer enfin un seul visage français aux grandes institutions montréalaises, quitte à y inclure du bilinguisme de courtoisie, rien de plus.

    Or, on sait très bien pourquoi cela ne peut pas se faire sous l'emprise des élites fédéralistes : rappelez-vous le scandale de l'hôpital Monfort à Ottawa ! Ou alors, l'impossibilité de faire une ville, une île à Montréal sans qu'une problématique parfaitement artificielle ne s'empare de toute le Québec autour de la fusion-défusion pour mieux cacher l'enjeu qu'il y avait là vis-à-vis du West Island ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012