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Després se défend d'avoir précipité la fermeture du zoo en raison d'un voyage

Québec — Pressé d'expliquer pourquoi il a fermé le dossier du zoo de Québec cette semaine au lieu d'attendre au 31 mars comme le prévoyait son entente avec la mairesse Andrée P. Boucher, le ministre Michel Després a fait valoir hier qu'il sera à l'extérieur du pays la semaine prochaine, soutenant toutefois que cela n'avait aucun rapport avec sa décision.

La veille, la mairesse Boucher avait fait allusion à un voyage lorsque Le Devoir lui avait demandé pourquoi M. Després n'avait pas attendu au 31 mars pour enterrer le plan de sauvetage. «Je crois qu'il quitte lui-même pour un voyage», avait-elle déclaré.

Vérification faite auprès de son équipe, il appert que M. Després sera en effet à Turin la semaine prochaine pour participer à un congrès international dans le domaine des transports. Or M. Després a assuré que cela n'a rien à voir avec sa décision d'en finir dès cette semaine avec le dossier du jardin zoologique.

«Voyons! Croyez-vous que quelqu'un qui assume une position de ministre au sein du gouvernement va prendre des décisions en fonction de son horaire? [...] Peu importe où nous sommes, il y a le téléphone. Des communiqués de presse peuvent être émis, des entrevues peuvent avoir lieu. Il n'y a aucun rapport entre les deux.»

Quant à savoir quand exactement le ministre devait rentrer de mission et s'il serait de retour le 31 mars, l'attachée de presse a renvoyé Le Devoir au ministre Després, qui a dit ne pas avoir les dates sous les yeux. «Écoutez, je crois que c'est la journée de mon retour, mais très honnêtement, je n'ai même pas les dates, c'est mon personnel qui s'en occupe.»

Devant la mobilisation de la région en faveur du zoo, le ministre Després et la mairesse Boucher avaient convenu le 20 janvier d'un plan de sauvetage qui comprenait un certain nombre de conditions.

Ainsi, pour que le gouvernement revienne sur sa décision de le fermer, la Ville et les membres de la communauté métropolitaine devaient s'entendre sur un partage du déficit anticipé de cet équipement. La Coalition de sauvegarde du zoo, pilotée par la Chambre de commerce des entrepreneurs, devait en outre amasser quatre millions de dollars. Enfin, une fois ces conditions réunies, on comptait réclamer 35 millions du gouvernement fédéral. Tout cela avant le 31 mars.

Prié d'expliquer pourquoi il a annoncé dès mercredi la fermeture du jardin zoologique, M. Després a rappelé que les conditions de l'entente n'étaient pas respectées. «On avait demandé de développer un partenariat avec la coalition, qui n'a pas répondu financièrement à l'objectif. L'autre chose, c'est que Mme Boucher demandait que la communauté métropolitaine participe. Mais comme vous avez vu, la Ville de Lévis et les MRC ont décidé de ne pas s'impliquer.»

Coderre veut sauver le zoo

À l'Assemblée nationale hier, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, a prié le ministre d'expliquer ce qu'elle juge être de la précipitation dans cette affaire. «Est-ce que l'on doit comprendre des propos du ministre que son empressement à annoncer la fermeture du zoo — je le répète: fermeture du zoo — dix jours avant la date d'échéance prévue, est-ce que ce n'est pas, dans le fond, qu'il y avait une solution qui était en train de s'approcher, qui était sur le bord d'arriver?»

Lundi, veille de l'annonce du ministre au sujet de la fermeture définitive du jardin zoologique, la mairesse Boucher avait dit qu'en dépit du refus de Lévis et des MRC de participer, elle ne baisserait pas les bras. Elle comptait présenter un nouveau plan de sauvetage au conseil municipal et réclamait du ministre un nouveau sursis jusqu'au 31 décembre 2006.

À la sortie d'une rencontre avec la mairesse Boucher hier, le député fédéral Denis Coderre s'est dit prêt à sauver le zoo de Québec. «À partir du moment où il y a une volonté politique, on peut tout faire. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de signe de vie du côté du gouvernement conservateur», a déclaré le candidat éventuel à la direction du Parti libéral du Canada. «Je crois qu'il est possible de dégager les 35 millions nécessaires.»

Avec la Presse canadienne






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