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L'heure est à l'optimisme - Les maires des grandes villes espèrent beaucoup de Harper

18 février 2006  Villes et régions
Ottawa — Les maires des grandes villes canadiennes sont prêts à donner le temps au gouvernement de Stephen Harper de s'installer et de prendre connaissance des dossiers, mais ils placent la barre haut en vue d'obtenir leur part des surplus fédéraux.

Réunis dans la capitale fédérale pour la première fois afin d'établir une stratégie pour approcher le gouvernement conservateur, les maires des 22 plus grandes villes du Canada avaient adopté un ton positif hier, se disant impatients de collaborer avec M. Harper et ses ministres.

Mais ils ont d'abord les yeux tournés sur la promesse du premier ministre, faite pendant la campagne électorale, de régler le déséquilibre fiscal. Cette promesse, si elle se concrétise, pourrait bien signifier en partie la fin du casse-tête du financement des infrastructures qui afflige les municipalités.

Une première

C'est la première fois, souligne le maire de Montréal Gérald Tremblay, qu'un premier ministre reconnaît l'existence du déséquilibre fiscal. Et, selon les élus municipaux, ça signifie non seulement de mieux partager les ressources financières avec les provinces, «mais avec les villes partout au Canada».

Dans une lettre qu'il faisait parvenir à la Fédération canadienne des municipalités (FCM) pendant la campagne électorale, M. Harper s'engageait à discuter de déséquilibre fiscal avec les municipalités.

«Dès que nous serons élus, mon gouvernement amorcera des consultations avec les provinces et avec les représentants municipaux dans le but de conclure une entente complète à long terme, qui tient compte à la fois du déséquilibre fiscal vertical et horizontal», lit-on dans la missive en date du 17 janvier dernier.

C'est assez pour faire saliver les maires, qui se prennent à rêver à l'éradication des nids-de-poule, à la fin des budgets très difficiles à boucler et au début d'un financement adéquat des transports en commun.

Besoin de 60 milliards

Les maires des grandes villes ne demandent pas nécessairement d'être présents lors des discussions entre Ottawa et les provinces, pourvu que les villes ne soient pas oubliées lors des négociations.

Selon la FCM, au cours des 20 prochaines années, les municipalités canadiennes auront besoin de 60 milliards de dollars pour investir dans les infrastructures négligées au cours des années.

«C'est dans l'intérêt des gouvernements fédéral et provinciaux d'améliorer la qualité de vie des citoyens, a fait valoir M. Tremblay. C'est maintenant à nous de nous entendre sur un meilleur partage des ressources financières et des impôts qui sont disponibles, étant bien conscients que nous ne voulons pas taxer davantage nos concitoyens. Il y a assez d'argent au niveau de la taxation, il s'agit juste de trouver une meilleure répartition qui va nous permettre d'assumer nos responsabilités respectives.»

La FCM a mis sur pied un groupe de travail, présidé par le maire de Toronto David Miller, qui devra établir l'impact du déséquilibre fiscal sur les villes.

Prochain budget

Outre le déséquilibre fiscal, la FCM surveillera de près le prochain budget et le discours du Trône, afin de voir la concrétisation des promesses électorales des conservateurs.

Dans leur plate-forme électorale, les conservateurs se sont engagés à respecter les ententes sur le transfert d'une partie de la taxe sur l'essence et les ententes actuelles sur les infrastructures. Ils promettaient aussi de créer un nouveau fonds de deux milliards de dollars en cinq ans pour l'infrastructure routière et frontalière.

Les maires espèrent même que le gouvernement pourra aller plus loin, en s'engageant à un financement à plus long terme. Ils fondent beaucoup d'espoir en la personne de Lawrence Cannon, ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités.

«On n'aura pas besoin de lui expliquer bien longtemps les dossiers, il les connaît bien», a déclaré Marc Bureau, maire de Gatineau, qui connaît bien M. Cannon puisqu'ils ont tous deux siégé au conseil municipal de cette ville. Le nouveau ministre était aussi président de la Société de transports de l'Outaouais et de l'Association du transport urbain du Québec.

Même le maire de Toronto, qui a appuyé des candidats libéraux et néo-démocrates lors de la campagne électorale, se disait optimiste. «Le Canada ne peut pas réussir si les villes échouent, alors nous avons les mêmes objectifs que le gouvernement fédéral», a déclaré David Miller.

Outre les questions de financement des infrastructures, les élus municipaux affirment qu'ils ont aussi hâte de voir comment le gouvernement conservateur respectera ses promesses en matière de sécurité publique, de logement social et de transports en commun.






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