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    Le 31 décembre à Québec: la construction d’une tradition

    30 décembre 2017 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
    Une grande roue et une tyrolienne sont présentes pour animer le site depuis le 27 décembre.
    Photo: Ville de Québec Une grande roue et une tyrolienne sont présentes pour animer le site depuis le 27 décembre.

    À Québec, cela fera dix ans cette année qu’on invite les gens par milliers à converger au centre-ville pour traverser l’année dans la musique et les feux d’artifice. Zoom sur la construction d’une tradition imaginée lors des Fêtes du 400e.


    Tout a commencé le 31 décembre 2007 lors de la tenue du spectacle inaugural du 400e anniversaire, à place d’Youville. Emballé, le maire Régis Labeaume avait alors déclaré aux journalistes que « tous les 31 décembre, il y aura à l’avenir un décompte officiel à Québec, un peu comme à Times Square. »

     

    Ironiquement, la fête à place d’Youville était plutôt ratée et a d’ailleurs mené à l’embauche de Daniel Gélinas et le sauvetage du 400e qu’on connaît. Or l’idée d’un rituel de foule le 31 a survécu.

     

    L’année suivante, un nouvel événement rassembleur clôture le 400e cette fois au parc George-V, à côté de la Grande Allée. On aurait pu s’en tenir à cela mais le maire Labeaume voulait, disait-il, prolonger l’effet du 400e.

     

    Connu pour la fête annuelle de l’ouverture des terrasses sur Grande Allée, le producteur André Verreault est convoqué à l’hôtel de ville. « Le maire m’a demandé : “ Qu’est-ce que tu ferais toi, le 31 décembre ? ” Je lui dis que je ferais des rigodons. Dans ma famille, la tradition, c’est que ma mère faisait jouer des rigodons le 31 décembre. Il s’est levé dans son bureau, il a fait quelques “stepettes” [sic] et a dit “oui”. »

     

    Sans blague ? Des stepettes ? « Je vous le jure ! Ça s’est vraiment passé comme ça. » Dix ans plus tard, la musique traditionnelle a toujours sa place aux festivités du 31, en plus de la scène dédiée à la musique électronique. « Ça a évolué à cause des plus jeunes qui demandent un autre style de musique », précise M. Verreault. « Maintenant, on a deux scènes : une strictement consacrée à la musique traditionnelle et l’autre à la musique électronique avec tout l’équipement visuel qui va avec. »

     

    On se rappellera aussi qu’à l’origine, il n’était pas possible de boire de l’alcool sur le site. Une mesure prise, disait-on, pour éviter les débordements. Or depuis l’année dernière, la ville a assoupli les règles et il est désormais possible d’en acheter sur place. Pas question par contre d’apporter son petit caribou maison. Des policiers à l’entrée du site s’en assurent d’ailleurs.

     

    Ajouts d’activités à l’intérieur

     

    Concentré au départ dans le secteur des restaurants et bars de la grande Allée à partir de l’Hôtel le Concorde, l’événement s’est considérablement étendu avec le temps. Depuis l’an dernier, la scène électro est située aux portes du Vieux-Québec, entre le Parlement et les fortifications.

     

    Une Grande roue et une tyrolienne se sont en outre ajoutées aux attraits et permettent d’animer le site à partir du 27 décembre. Et ce, avec un budget conséquent. En 2009-2010, Action promotion Grande Allée s’appuyait sur un budget d’environ 150 000 dollars de la ville mais dix ans plus tard, M. Verreault jongle avec une enveloppe de près de 800 000 dollars en subventions de la ville et du gouvernement du Québec et en commandites.

     

    Le Jour de l’An à Québec pourrait-il continuer de grandir ? « Ça n’aura pas le choix de devenir plus gros à mon avis parce qu’on a de plus en plus de demandes. En ce moment, les hôtels du coin sont complets. On essaie toujours d’avoir plus d’activités. Je commence à penser en offrir à l’intérieur aussi. »

     

    Ainsi l’an prochain, une section du Manège militaire sera dédiée « aux plus frileux qui ont envie de payer pour être à la chaleur et de voir les feux d’artifice ».

     

    Parce qu’il a souvent fait froid le 31 ces dernières années. « En 2013, lors de la venue de DJ Champion, il faisait -38 degrés Celsius », rappelle M. Verreault. « Malgré tout c’était plein, les gens s’habillent ! » Quand même, il a décidé cette année-là de construire une cabine pour protéger les DJ du froid.

     

    Le producteur a par ailleurs l’habitude des imprévus. L’an dernier, l’artiste invité, DJ Madeon, a raté son avion et est arrivé sur le site à 22 h 45… « J’avais demandé à un DJ qui est bien connu à Québec d’interrompre sa fête et de venir avec ses équipements et il l’a fait. » Au cas où.

     

    Chose certaine, on souhaite faire de cette fête un attrait touristique. L’an dernier, la ville a mandaté la firme Léger pour sonder les visiteurs du site entre le 27 et le 31 décembre. L’analyse a révélé que 60 % des gens venaient de l’extérieur de Québec et 40 % des environs. Parmi les touristes, 21 % provenaient du reste du Québec (de Montréal surtout), 11 % du reste du Canada (principalement de l’Ontario), 13 % des États-Unis et 12 % de l’étranger.

     

    Parmi tous les sondés, un peu plus de la moitié avaient entendu parler de l’événement même s’il ne s’agissait pas de la raison principale de leur venue à Québec.

     

    L’an dernier, on estimait que plus de 150 000 personnes avaient visité le site le soir du 31. Bref, c’est gros mais ce n’est pas Time Square. « À Time Square, il y a quand même un million de personnes », remarque M. Verreault en précisant que c’est « une autre manière de fêter. Là-bas, les gens réservent d’avance, s’en vont dans des enclos et attendent de voir la boule monter et les feux d’artifice. Nous, c’est très participatif. Les gens se promènent, font le tour des différents sites ».

     

    Autre différence et non la moindre, la tradition du Nouvel An à Time Square remonte à 1907 comme quoi, Québec a encore fort à faire pour nourrir les mémoires.













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