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    Régis Labeaume se fait le promoteur du transport en commun, sans projet précis

    23 septembre 2017 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
    Le maire de Québec, Régis Labeaume, salue une concitoyenne dans une rue de la ville qu’il dirige depuis une décennie.
    Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume, salue une concitoyenne dans une rue de la ville qu’il dirige depuis une décennie.

    Dix ans après avoir été élu en faisant campagne contre le tramway, Régis Labeaume a décidé de faire campagne sur le « principe » d’un « projet structurant de transport en commun ». Une occasion, dit-il, de tester la véritable force du mouvement anti-transport en commun à Québec.

     

    Comment expliquer son revirement depuis 2007 ? « Disons que j’ai évolué. Une dizaine d’années dans le corps à la mairie de Québec, ça te fait comprendre bien des affaires », a répondu le principal intéressé en entrevue éditoriale au Devoir.

     

    Quand même, le discours anti-tramway qui lui a souri lors du scrutin de 2007 est similaire à celui qu’il devra affronter pour vendre son projet de transport en commun. N’a-t-il pas nourri un mouvement qui se retourne désormais contre lui ?

     

    Peut-être, mais le mouvement — incarné par des animateurs de radios privées — était là de toute façon, dit-il. La différence cette fois, c’est que cette mouvance est représentée par un parti, Québec 21, dirigé par Jean-François Gosselin. Est-ce une bonne chose ? « Ça va être un bon test, répond-il. On va voir si cette mouvance-là est réelle. Vous savez, il y a la bulle médiatique et il y a la population. »

     

    A-t-il hâte d’en débattre ? « Il va falloir qu’il ait des arguments », affirme-t-il en parlant du candidat Gosselin. « Moi, c’est très clair dans ma tête. » Le hic, c’est qu’à cette étape-ci, le maire sortant défend plus un principe qu’un projet en tant que tel. Ledit projet de transport en commun ne sera présenté que dans deux ans, a-t-il fait savoir la semaine dernière.

     

    Le projet, quel projet ?

     

    Comment justifier un tel flou ? « Je me donne une marge de manoeuvre », répond-il. Mais encore ? « C’est pas parce qu’on est en élection aujourd’hui que j’ai dessiné un plan au cours des deux dernières semaines. » Et de répéter que l’ancien projet de Service par bus (SRB) avec Lévis a été abandonné il n’y a pas si longtemps (en avril).

     

    Le projet a beau être flou, M. Labeaume assure avoir l’appui solide du premier ministre Philippe Couillard pour le financer (à 50 %, espère-t-il). « Le premier ministre est très convaincu. »« J’aimerais ça le faire payer à 100 % [par les deux paliers de gouvernement], c’est mon défi, ajoute-t-il. Je regarde ce qui a été mis dans le REM à Montréal, je trouve que ce serait correct. »

     

    Quand on lui fait remarquer qu’il semble entretenir l’ambiguïté sur la nature du projet pour rallier un maximum de gens, il s’en défend. « Pourquoi pas rassembler les gens sur le principe en passant ? […] Le principe, c’est qu’on doit se doter d’un système de transport structurant, robuste. »

     

    N’aurait-il pas mieux valu défendre le « principe » (et le SRB) avant ? « Savez-vous pourquoi [on ne l’a pas fait] ? Parce qu’on était toujours à 75 % dans les sondages [pour le SRB]. En septembre, octobre 2016, le SRB était encore à 75 % dans les sondages, OK ? Je ne pouvais pas sortir avec un projet, parce que j’avais un partenaire [NDLR : le maire de Lévis, Gilles Lehouillier] qui, depuis décembre, novembre 2016, ne sait pas trop ce qu’il va faire. Je ne suis pas capable de sortir, d’expliquer, parce que je ne sais plus si j’ai un partenaire. […] À un moment donné, ça se met à baisser [l’appui dans les sondages] parce que j’en ai pas fait la promotion. »

     

    Et avant cela ? Le SRB était pourtant sur les rails depuis trois ans… Parce que ses priorités étaient ailleurs, dit-il. « Mes priorités, c’étaient les fonds de pension, le régime de négociations [avec les employés de la Ville]. »

     

    Le Centre Vidéotron

     

    Dans le dossier du Centre Vidéotron, son étoile ne semble pas avoir trop pâli de la non-venue des Nordiques à Québec. Les gens se seraient-ils résignés ? « Ils vont venir », répète le maire, en soulignant que « le gars central dans ce dossier-là, c’est Brian Mulroney » (président du conseil de Québecor).

     

    Lorsqu’on lui fait remarquer qu’on dit « qu’ils vont venir » depuis des années, M. Labeaume rétorque que ça ne fait pas dix ans que l’amphithéâtre est construit. « Non, non, ça fait deux ans. On relaxe, là ? »

     

    Concernant les faibles assistances au Centre Vidéotron (pour Arcade Fire ou le match pré-saison Canadien-Bruins), il répond que, personnellement, il n’est pas allé au match « parce que ça ne [l]’intéressait pas. Peut-être que je vais y aller le 27 [septembre], parce qu’on va avoir des vraies équipes ».

     

    À propos du fait que la Ville ait dû rembourser une partie du loyer à Québecor parce que les revenus étaient insuffisants, il répète que « la Ville ne perd pas un sou avec ça. […] Y a pas une entente en Amérique du Nord qui est aussi lucrative ».

     

    Il reconnaît toutefois avoir prévu de dégager plus de revenus de l’équipement. « J’ai dit ce que j’avais à dire à Québecor, finit-il par ajouter. J’ai dit que j’espérais que Québecor s’arrange pour en faire, des profits. »

     

    La Meute

     

    Interpellé sur la montée apparente de la xénophobie à Québec, le maire ne ménage pas ses mots sur le groupe La Meute. L’épisode du référendum à Saint-Apollinaire, selon lui, a même davantage nui à l’image de Québec que l’attentat du 30 janvier. « La tuerie, ç’a été vu comme un geste isolé. Mais La Meute, ça, c’est pas drôle. La Meute va plus affecter Québec potentiellement. »

     

    Quoi faire alors ? « Quand ils restent dans le corridor légal, tu ne peux pas les empêcher d’exister, comme un Club optimiste. […] Le problème, c’est que là, tout est cool, mais quand ils vont décider qu’il faut donner un petit coup de main pour sauver la race… »

     

    L’autre problème, poursuit-il, c’est que « ce n’est pas du mauvais monde ». « Il y a comme un sentiment de dépossession » dans l’air.

     

    Le gouvernement, poursuit-il, doit « expliquer, dialoguer ». Or, quand on l’interroge sur la consultation sur la discrimination systémique, il soupire et dit qu’il va « les laisser aller » et « tenir son rang ». Et d’ajouter qu’il en parlera plus après les élections.

    Écoutez l'intégrale de notre entretien avec Régis Labeaume
















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