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    La porte magique de Québec

    Les abords du Château Frontenac deviennent des lieux-cultes pour les adeptes d’une série fantastique sud-coréenne

    11 juillet 2017 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
    Des touristes sud-coréens font la file pour se prendre en photo devant la porte de secours du théâtre Petit Champlain.
    Photo: Francis Vachon Le Devoir Des touristes sud-coréens font la file pour se prendre en photo devant la porte de secours du théâtre Petit Champlain.

    Depuis quelques mois, une modeste porte rouge du quartier Petit-Champlain attire des touristes de toute l’Asie. Apparue dans une série télé culte en Corée du Sud, la porte s’est imposée cet été comme un nouveau repère touristique fondé exclusivement sur la fiction.

     

    « Les gens la reconnaissent. On n’a pas besoin de rien dire », résume une serveuse du quartier, amusée. « Ils prennent la porte en photo, se prennent [en photo] devant. Ça n’arrête pas. »

     

    La fameuse porte rouge se trouve à la gauche de l’entrée du théâtre Petit Champlain. Elle n’a pas de poignée et semble condamnée.

     

    « On ne peut pas entrer parce que ça donne dans la salle de spectacle », poursuit la serveuse du nom de Joannie Lehoux. « C’est une sortie de secours au cas où il se passerait quelque chose pendant un spectacle. »

     

    Chose certaine, il se passe quelque chose du côté de la rue. Les adeptes de la série télé Goblin : The Lonely and Great God font presque la file pour immortaliser la porte. « C’est par cette porte que Goblin apparaît », raconte une fillette en parlant du héros de la série. Originaire de la Corée du Sud, sa famille réside maintenant au New Jersey. C’est là qu’ils ont visionné l’émission.

    C'est par cette porte que Goblin apparaît
    Une jeune touriste sud-coréenne, admiratrice de la série télé «Goblin: The Lonely and Great God»
     

    Goblin est d’ailleurs « l’une des raisons » pour lesquelles ils ont choisi de visiter Québec cet été, « en plus de la culture française », explique sa mère en anglais. « Cette porte a une histoire pour nous, c’est un souvenir emblématique. »

     

    Lundi, les adeptes de la série rencontrés ne se rappelaient pas qu’on y ait mentionné le nom de Québec. « Je crois qu’on l’appelle la ville de l’Érable ou le pays de l’Érable », a précisé une jeune fan.

     

    Diffusée entre décembre et février dernier, Goblin est l’un des plus grands succès de l’histoire de la télévision sud-coréenne avec des centaines de millions de téléspectateurs. Elle dépeint la vie d’un « dieu protecteur » vieux de 600 ans et son histoire d’amour avec une jeune femme ingénue.

     

    L’acteur qui interprète le rôle principal, Gong Yoo, est une grande vedette en Asie, à tel point qu’on le surnomme « le Brad Pitt de la Corée du Sud ».

     

    Durant le tournage à Québec, des touristes sud-coréennes ont failli s’évanouir en le voyant, raconte Charles Gaudreau de Attractions Images, qui a agi comme producteur délégué pendant le tournage à Québec. « On a vu des filles venir les genoux mous et se mettre à pleurer en le voyant », dit-il.

     

    Il semble par ailleurs que les séries sud-coréennes ont leur bassin d’adeptes au Québec. « Il y a un groupe de Québécois qui nous ont suivi tout le long pendant le tournage. […] Ils étaient entre douze et trente par jour. »

     

    En Corée du Sud et ailleurs

     

    « Il y a une espèce de culte pour ces séries-là », poursuit-il. « La télévision coréenne est très prisée dans toute l’Asie. »

     

    Le Devoir a notamment croisé des fans chinois de Goblin près de la fameuse porte rouge, lundi. « C’est très populaire en Asie », nous a dit Chelsea Wang, de Shanghai. Elle et son conjoint se photographiaient face à face devant la porte pour recréer une des scènes clés de la série, quand Goblin rencontre l’héroïne de l’histoire.

     

    « Il a un super-pouvoir qui lui permet de se déplacer d’un endroit à l’autre quand ça lui chante », nous a expliqué une autre admiratrice, originaire de Corée du Sud cette fois.

     

    Dans la série, Goblin franchit une porte identique à Séoul pour aboutir dans Petit-Champlain. Pourquoi avoir choisi cette porte en particulier ? La recherchiste leur en a présenté plusieurs, mais celle-là s’est imposée, raconte Charles Gaudreau. « Ils voulaient une porte rouge dans un secteur assez ancien. Quand ils ont vu que la vue sur la rue était belle à la sortie, leur choix s’est fait. »

     

    En plus de la porte, la série met en vedette les environs du château Frontenac, le parc Samuel-Holland et les plaines d’Abraham. Plusieurs sites Web d’adeptes permettent d’ailleurs de géolocaliser les scènes tournées à Québec, lesquelles comptent pour l’équivalent d’une heure dans la série.

     

    « Pour une série de 12 heures, c’est énorme », signale Charles Gaudreau qui souligne que l’organisme fédéral Destination Canada a contribué à ce succès en payant les billets d’avion de l’équipe de tournage pour le repérage. « Comme placement de produit, difficile de faire mieux. »

     

    Surtout qu’en plus de la porte, les panoramas de Québec font partie de plusieurs scènes clés. Ainsi, la scène finale se déroule sur les Plaines, avec une vue au loin sur le château Frontenac, et la plupart des bandes-annonces de la série se terminaient par une vue nocturne de ce même château.













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