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    Examen de conduite

    Un petit coup de pouce pour les réfugiés népalais

    30 août 2016 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
    Bhakta Bahadur Ghimise a réussi le test à son troisième essai l’an dernier.
    Photo: Clément Allard Le Devoir Bhakta Bahadur Ghimise a réussi le test à son troisième essai l’an dernier.

    Les difficultés persistantes des réfugiés népalais de Québec aux examens de conduite ont poussé la SAAQ à tenir un examen spécial lundi. Près d’une quarantaine de réfugiés ont ainsi pu passer l’examen théorique dans leur langue avec l’aide d’une interprète.

     

    « Si les Népalais réussissent l’examen, je vais être très très content », a déclaré l’un des hommes présents, Bhakta Bahadur Ghimise. « Ici, à Québec, on a besoin du permis de conduire pour le travail, pour aller quelque part, tout ça. »

     

    M. Ghimise est l’exception qui confirme la règle. Plus à l’aise en français et en anglais que les autres, il a réussi le test de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) à son troisième essai en 2015 parce qu’il avait acquis des bases en anglais dans son camp de réfugiés. Or beaucoup de ses compatriotes n’ont pas eu sa chance et ne sont pas allés à l’école dans les camps, souligne-t-il.

     

    L’homme âgé de 32 ans s’était chargé de réunir un maximum de ces personnes à l’examen. Un total de 38 se sont présentées. « Je leur ai dit d’étudier beaucoup et avec discipline. »

     

    Normalement, les services de traducteurs ne sont offerts qu’à Montréal et les immigrants doivent passer l’examen en français ou en anglais s’ils sont au Québec depuis plus de trois ans.

     

    Il y a un an, Le Devoir rapportait que des dizaines de familles de réfugiés népalais établis à Québec quittaient la ville parce qu’ils étaient incapables de passer leur examen théorique. Mis au courant trop tard de la limite de trois ans, ces réfugiés accusent de surcroît de grands retards en français parce qu’ils n’ont pas été scolarisés avant leur arrivée au Québec.

     

    Une embûche à l’intégration

     

    Après avoir lu l’article, un professeur de francisation de Québec, Richard Lepage s’est enquis du problème auprès de ses nombreux étudiants originaires du Népal. Ils lui ont confirmé que c’était une embûche importante.

     

    « C’est bien beau de les accueillir et de leur trouver un logement, mais pour s’intégrer, il faut qu’ils travaillent et, pour travailler, ça prend une voiture. À Québec, le transport en commun, c’est pas pire, mais ça ne va pas partout. »

     

    M. Lepage a alors sollicité l’aide de la députée Agnès Maltais en compagnie de deux de ses étudiants, dont M. Ghimise. Après des mois de démarches aux ministères des Transports et de l’Immigration, le test a finalement pu avoir lieu lundi.

     

    « J’ai tenté d’avoir un interprète à Québec et, finalement, la direction de la SAAQ a donné son accord pour qu’on monte un groupe et qu’ils aillent passer l’examen à Montréal, raconte la députée. Puis ça a bloqué à Montréal. D’où tout le problème du dossier de la régionalisation du ministère de l’Immigration. »  

     

    Expérience à répéter

     

    Selon Mme Maltais, il ne faudrait pas hésiter à reproduire ce genre d’expérience. « Il faut opérer des changements dans les façons de faire. Je parlais récemment à une agricultrice qui emploie beaucoup d’immigrants et elle me disait qu’ils ne pouvaient pas sortir de la ferme, ils ne peuvent pas connaître le Québec parce qu’ils n’ont pas de voiture. La famille devait les emmener partout, à l’hôpital, etc. »

     

    Quand on lui fait remarquer que les règles actuelles relèvent notamment de la loi 101, la députée péquiste rétorque « qu’elle en est très consciente ». « Mais ces gens-là, il y a un problème au départ. Les Népalais, ils n’ont pas le même alphabet et une grande partie étaient analphabète chez eux. Il faut qu’ils apprennent l’alphabet, la lecture et l’écriture et ensuite le français, une nouvelle langue. C’est terrible comme apprentissage. Alors souvent, les groupes d’alphabétisation disent qu’en trois ans, ils n’ont pas assez de temps pour leur permettre de passer l’examen théorique. »

     

    Mme Maltais ajoute que les solutions doivent venir des régions, mais que « faire des aménagements », « faire des règlements », cela peut se faire.

     

    Selon des informations obtenues lundi, certains des participants ont réussi l’examen lundi, mais pas la majorité. « Certains n’ont pas réussi, mais ils étaient tous contents et ont trouvé la traductrice très bonne », a indiqué M. Lepage. Selon ce qu’on lui a dit, la SAAQ ne prévoit pas organiser d’autres tests de ce genre. L’organisme n’a pas rappelé Le Devoir.













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