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    Élections à Québec - Une opposition à un maire à la popularité légendaire

    20 septembre 2013 | Isabelle Porter | Ville de Québec
    Régis Labeaume a remporté haut la main les élections de 2009.
    Photo : Yan Doublet - Le Devoir Régis Labeaume a remporté haut la main les élections de 2009.

    La campagne électorale municipale débute officiellement vendredi. Premier coup d’oeil sur les scénarios et défis de la campagne dans la capitale.

     

    Québec — Malgré la popularité légendaire du maire sortant Régis Labeaume, les élections municipales de 2013 à Québec pourraient nous réserver des surprises. Première analyse d’un terrain politique en mouvance.

     

    « La situation de 2013 n’est pas celle de 2009, avance la professeure Louise Quesnel de l’Université Laval. C’est une campagne électorale qui part avec des points d’interrogation. »

     

    En 2009, Régis Labeaume avait remporté 80 % des voix face à un parti d’opposition moribond (le Renouveau municipal) qui n’avait même pas présenté de candidat au poste de maire. Dans les districts, Équipe Labeaume avait balayé le territoire, élisant 25 conseillers sur 27.

     

    « Là, on a deux principaux candidats à la mairie », note Louise Quesnel en parlant de David Lemelin de Démocratie Québec (DQ). En plus des deux indépendants élus en 2009, ce parti présente des candidats dans chacun des districts.

     

    A-t-il vraiment des chances ? « C’est très difficile à jauger maintenant. Les gens de DQ ont un programme très élaboré qui ressemble un peu à celui du Rassemblement populaire au début [le premier parti de Jean-Paul L’Allier]. Du côté d’Équipe Labeaume, c’est une information qui ressemble beaucoup à celle des partis civiques traditionnels comme celui du maire Drapeau. C’est-à-dire un candidat qui veut se faire réélire sur ses réalisations et non sur sa vision. »

     

    Le parallèle avec le Rassemblement populaire est révélateur. Créé à la fin des années 1970, le RP était né de l’opposition au tout-puissant Jean Pelletier. Ce parti de gauche défendait les vertus de la consultation et de la participation citoyenne, des thèmes récurrents au sein de DQ en 2013.

     

    Des points en commun

     

    Par contre, sur le plan idéologique, Démocratie Québec et Équipe Labeaume ont plus de points communs que Pelletier et le RP à l’époque. Dans le dossier du tramway, par exemple, le candidat de Démocratie Québec Patrick Paquet a dû reconnaître lundi qu’il était d’accord sur plus d’un plan avec Régis Labeaume. Les critiques de son parti portent plus sur la forme : M. Labeaume a changé d’idée, il n’a pas consulté, etc.

     

    « Pour l’instant, quand je regarde leurs propositions, je ne vois pas nécessairement de quelle façon ça se distingue, note François Grenon, expert en relations publiques qui suit de près la politique municipale. Ça va être un défi de Démocratie Québec de le démontrer. »

     

    De son côté, Équipe Labeaume devra se défendre sur sa droite. Le nouveau parti, Alliance de Québec, attend encore d’être officiellement autorisé par le Directeur général des élections (DGE). Son chef soutient que Régis Labeaume n’est pas aussi à droite qu’on le croit. « Beaucoup le voient comme un excellent entrepreneur, avance Daniel Beaulieu. Mais la dette ne cesse de croître depuis qu’il est en poste. Une business comme ça, ça serait en faillite. »

     

    Or, le maire se donnera-t-il la peine de répondre aux autres partis ? Acceptera-t-il de participer à un débat comme le demande David Lemelin ? Dans sa posture, il pourrait juger avoir plus à perdre qu’à gagner à le faire, note François Grenon. Mais encore ? Comment les électeurs réagiraient-ils à un tel refus ? Pour l’instant, M. Labeaume a tendance à ignorer M. Lemelin. Ça lui est d’autant plus facile que ce dernier ne siège pas au conseil municipal. Dès lors, l’un des enjeux de cette campagne sera de voir s’il pourra y accéder.

     

    Afin d’optimiser ses chances, David Lemelin a requis les services d’un colistier - candidat de district qui lui laissera son siège en cas de défaite à l’élection à la mairie. Ce candidat est Conrad Verret, un vétéran de l’ancien parti de Jean-Paul L’Allier qui se présente dans Cap-Rouge -Laurentien.

     

    Or, dans ce district, tout peut arriver. Face à Verret, Équipe Labeaume présente l’ex-carré vert Laurent Proulx. S’ajoutent deux indépendants, dont Jean Guilbault, qui occupe ce siège actuellement.

     

    L’issue est d’autant plus imprévisible que le nombre de districts a diminué et que les frontières ne sont plus les mêmes. Bref, le vieux pointage de 2009 ne tient plus, note F. Grenon.

     

    Le district de Saint-Louis -Sillery sera lui aussi à surveiller, puisque c’est là que DQ présente son candidat vedette, Paul Shoiry. Ancien maire de Sillery et ex-conseiller à la nouvelle Ville, M. Shoiry y affronte l’ancien protecteur du citoyen de la Ville, Robert Dinan (Équipe Labeaume).

     

    En plus, Sillery est au coeur du mouvement qui s’est créé pour protéger les anciennes propriétés religieuses du développement immobilier. Mme Quesnel y voit un « foyer d’opposition » à Régis Labeaume.

     

    Trop populaire?

     

    Dans un contexte où ils peuvent voter deux fois (au poste de maire et au poste de conseiller), les électeurs souhaiteront-ils envoyer une opposition plus forte face à Régis Labeaume ? C’est ce que craint Frédéric Poitras, candidat d’Équipe Labeaume dans Cap-aux-Diamants. « Le plus gros obstacle à M. Labeaume cette année, c’est sa trop grande popularité », dit-il.

     

    « Les gens risquent de ne pas aller voter parce qu’ils vont se dire qu’il va passer de toute manière. Dans mon district, il y a certains résidants qui me disent qu’ils ne veulent pas lui donner carte blanche. Ils aimeraient ça voter pour moi, mais ils ne le feront pas pour envoyer de l’opposition. Moi, je leur dis que l’opposition à l’interne [du parti] peut être beaucoup plus efficace. »

     

    Bien que Sillery serait une belle prise pour DQ, le district de M. Poitras en serait une tout aussi belle pour Équipe Labeaume. Ces dernières semaines, certains de ses gens d’affaires ont attaqué la conseillère indépendante qui y siège, Anne Guérette. On lui reproche notamment de bloquer un projet de construction. « Les gens sont tannés qu’on s’oppose systématiquement aux projets », lance Marc-André Pâlin de la Société de développement commercial (SDC). « Le promoteur est pris en otage dans une bataille politique. »

     

    Beaucoup de candidats de Démocratie Québec se sont lancés en politique en raison de batailles de ce genre sur la densification, le zonage et la hauteur des nouveaux immeubles. C’est le cas de Pascale Guelle dans Charlesbourg, où elle s’était opposée au projet Maria-Goretti. « Les gens sont toujours en colère pour Maria-Goretti. On a trouvé que les élus ne nous ont pas écoutés », dit-elle. Mais gagnera-t-elle ses élections avec cela ? « Il y a d’autres enjeux. […] Tant qu’ils ne sont pas confrontés directement [à ces projets], les gens regardent ça de loin. »

     
     
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