Concentration de nickel - La Santé publique confirme les risques pour la population de Limoilou
Québec — La Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale(DSP) confirme que les concentrations élevées de nickel dans l’air du quartier Limoilou, à Québec, ont des impacts sur la santé. Toutefois, cela n’augmenterait pas les risques de cancers.
Attendue depuis des semaines, l’étude de la DSP est venue confirmer ce que beaucoup soupçonnaient. « Les effets sur la santé liés à la présence du nickel sont réels. »
Des études du ministère du Développement durable avaient déjà démontré que les concentrations de nickel dépassaient de 4,4 fois la norme et qu’elles provenaient des activités de vrac dans le port de Québec et de l’entreprise Arrimage du Saint-Laurent. Ne restait plus qu’à en mesurer l’impact sur la population.
Chez les gens en santé, le nickel peut augmenter les risques de dermatites (des maladies de peau comme l’eczéma), d’asthme et d’allergies. Les personnes hypersensibles ou allergiques risquent quant à elles d’avoir plus de symptômes, ou de développer de nouvelles allergies.
Très faible risque de cancer
Par contre, les chercheurs n’ont pas établi de lien clair avec les risques de cancer. Selon le directeur régional de la DSP, le Dr François Desbiens, il faudrait qu’une personne soit exposée 24 heures sur 24 pendant 70 ans à ces concentrations pour qu’on assiste à une augmentation minime des cas dans le secteur.
À une personne qui lui demandait si les résidants de Limoilou devaient déménager, il a assuré que non. « Absolument pas », a-t-il dit, en soulignant que les concentrations de nickel dans l’air avaient paradoxalement diminué depuis trois ans et qu’il croyait que cela se poursuivrait.
Les reproches, toutefois, n’ont pas manqué. On reproche à la DSP son manque de vigilance, étant donné que les problèmes dans l’air de Limoilou ont été dévoilés en premier lieu par une citoyenne, Véronique Lalande. Cette dernière réclame des réponses dans ce dossier depuis des mois.
Présente à la conférence de presse, elle a interpellé le Dr Desbiens à plusieurs reprises pour qu’il vienne en personne répondre aux questions de la population. Après avoir répété qu’il souhaitait d’abord rencontrer des représentants de « comités », il a fini par accepter sans dire quand il se rendrait disponible.
Mme Lalande était exaspérée. « Ce qui m’agace le plus, c’est que la Santé publique attend toujours, en mode réactif, de recevoir l’information », dit-elle.
En conférence de presse, le Dr Desbiens avait reconnu lui-même que les concentrations de nickel dans Limoilou étaient supérieures à la norme depuis 15 ans. Aux journalistes qui lui demandaient pourquoi il n’avait rien fait, il a rétorqué que les données venaient du ministère du Développement durable et qu’il ne les avait pas en sa possession jusqu’à tout récemment.
Pressé de questions, il a finalement laissé tomber qu’il aurait été « intéressant » qu’il le sache « plus tôt. Dorénavant, probablement que les infos vont arriver plus rapidement. […] On l’a demandé. »
À qui la faute?
Personne ne s’entend sur l’identité des responsables. Pour le député libéral du coin, André Drolet, le ministère aurait dû agir avant. « Ça a pris beaucoup trop de temps », a-t-il dit en marge du point de presse.
De son côté, le député néodémocrate Raymond Côté pointait du doigt les conservateurs. « Le territoire est sous juridiction fédérale. Comment ça se fait qu’Ottawa reste silencieux là-dedans ? »







