Le Squat Basse-Ville rouvrira, la nuit seulement
« Il n’y a pas d’intervenants, pas de prévention. C’est un endroit où coucher, point », a affirmé lundi la directrice du centre, Louise Fortin, lors d’un point de presse. Les larmes aux yeux, Mme Fortin a soutenu que ce genre de service était nettement insuffisant pour répondre aux besoins et qu’elle songeait elle-même à quitter le navire.
Le refuge sera ouvert de 18 h à 10 h. On y servira un repas le soir alors qu’auparavant les jeunes pouvaient se présenter au Squat toute la journée. « Avant, on faisait de l’accompagnement et de la médiation familiale. Ce n’est pas possible la nuit. On va les écouter, mais en étant impuissants », a dit Mme Fortin.
Il y a près d’un mois, l’organisme avait dû fermer ses portes en raison de graves problèmes financiers. Il avait accumulé un déficit de 60 000 $ et réclamait de l’aide pour le rembourser. Mme Fortin exigeait en outre qu’on fasse passer son budget annuel de 217 000 $ à 350 000 $. Le compromis dévoilé lundi fait en sorte que le budget soit maintenu et que l’Agence de la santé rembourse le déficit.
Le dossier du Squat a fait beaucoup de bruit ces dernières semaines. La tension est montée de plusieurs crans quand le maire, Régis Labeaume, a refusé d’appuyer Mme Fortin en exprimant publiquement des doutes sur la bonne gestion de l’organisme. Le 25 février dernier, Mme Fortin s’est présentée au conseil municipal pour le sommer de s’excuser sous peine de le poursuivre devant les tribunaux pour diffamation.
Interrogée par une journaliste sur sa prétendue « intransigeance », elle a répondu par la négative et a dit surtout relayer les demandes de son conseil d’administration.
À ses côtés, Vicky Brazeau, de la coalition d’organismes communautaires ROC-03, est venue dire que le Squat n’était qu’un exemple parmi d’autres de sous-financement.








