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Déficit des régimes de retraite à Québec - La «démonisation» à la Labeaume ne réglera rien

2 mars 2013 | David Lemelin - Chef de Québec autrement, candidat à la mairie | Ville de Québec
Le maire de Québec n’aime pas la fonction publique de sa ville, c’est bien connu. Son administration n’a pas réussi à renouveler les conventions collectives échues dans certains cas depuis cinq ans. Les propos méprisants qu’il tient depuis son premier mandat l’ont amené un jour à traiter les fonctionnaires de notre ville de « fourreurs de système ».

Plutôt que de recourir au dialogue et, au besoin, à la médiation ou à la conciliation, pour régler les différends avec ses troupes, il les affronte, les provoque et les insulte par médias interposés. Il vient de trouver l’arme suprême de son combat en transformant le déficit actuariel des régimes de retraite en gouffre financier et en élevant cet enjeu en psychodrame collectif. Reconnaissons-le : l’état des relations de travail n’a jamais été aussi sombre à Québec. Car jamais dans l’histoire de notre ville un maire s’est-il fait l’ennemi avoué de ceux et celles sans lesquels une administration municipale devient inopérante et ses dirigeants, impuissants. Peut-on imaginer un général d’armée qui se retournerait contre ses troupes, ou un directeur d’école qui s’en prendrait à son équipe d’enseignants, ou encore un instructeur de hockey qui chercherait noise aux joueurs de l’équipe qu’il dirige ?


« Démoniser » la fonction publique peut amuser la galerie et faire des adeptes dans l’immédiat ; à terme, ce ne peut être qu’improductif et conduire à une impasse civique déplorable et coûteuse. Le déficit actuariel est un problème réel pour tous les corps publics qui administrent des régimes de retraite avec leurs employés. Les solutions doivent toutefois être élaborées et appliquées en partenariat entre employeurs et employés, dans l’esprit du contrat de travail qui lie les parties. Celles-ci doivent se respecter mutuellement et trouver des approches de discussion et de négociation qui conduisent à la bonne entente professionnelle plutôt qu’aux antagonismes destructeurs. Et puisque le problème est de caractère universel, il faut se réjouir que le gouvernement du Québec ait créé une commission d’étude chargée de proposer une approche qui serait commune à toutes les villes. C’est pourquoi tous les maires du Québec, à l’exception de celui de Québec, attendent la publication du rapport D’Amours et les conclusions pratiques que le gouvernement en tirera à la faveur d’une solution applicable à toutes les villes, à toutes les fonctions publiques, à tous les employés publics. Il ne sert à rien de jouer les matamores ou les Don Quichotte pour se distinguer des autres, dans le genre « dégagez la piste, je n’ai pas besoin du rapport D’Amours et des décisions gouvernementales pour régler les affaires de Québec ».


Oui, il faut attendre la solution envisagée pour tous afin d’avoir en vue toutes les mesures de nature à résoudre le problème avec équité et justice pour les employés publics. Un peu de patience permettrait de faire naître un règlement de la question durable et satisfaisant pour tous. Le maire de notre ville ne peut traiter la question comme il le faisait du temps où il dirigeait une entreprise privée.


C’est dans cet esprit que mon parti et moi-même envisageons les relations de travail dans notre ville. Notre parti pris pour la fonction publique n’est signe ni d’aveuglement, ni de naïveté, ni d’asservissement à l’égard des fonctionnaires et de leurs organisations syndicales. Il témoigne simplement du calme, du jugement et du sens civique qui nous habitent. Si les citoyens et citoyennes de Québec nous font confiance en novembre prochain, ils peuvent être assurés que le climat de contentieux qui caractérise les relations de travail dans notre ville prendra fin le soir de l’élection.

 
 
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