Québec - Régimes de retraite: L’Allier se défend
Québec — L’ancien maire Jean-Paul L’Allier a dérogé à sa réserve habituelle jeudi pour défendre ses actions dans deux dossiers épidermiques à Québec : les régimes de retraite et le hockey.
Interrogé sur le fait que le maire Régis Labeaume accuse souvent ses prédécesseurs de s’être mis à genoux devant les syndicats, M. L’Allier a pris le temps de se défendre. « M. Labeaume peut dire ce qu’il veut, c’est la population qui va décider. Mais je pense qu’il y a beaucoup de gens qui font du millage sur ce que j’appelle du “ fonction publique bashing ”. Il suffit qu’on mette le nez d’un fonctionnaire par la fenêtre et puis tout le monde va tirer des balles dessus », a-t-il déclaré.
Mais sur le style de négociation du maire en poste, il s’est montré prudent. « Moi, je ne veux pas critiquer M. Labeaume. Dans son style d’homme, que je connais un peu, il fait ce qu’il a à faire. »
Jean-Paul L’Allier a dirigé la Ville de Québec pendant plus de quinze ans, de 1989 à 2005. Lorsqu’on lui demande s’il juge le dossier des retraites « préoccupant », il met des bémols. « Oui et non, parce que ça dépend de comment on le regarde. Si on le regarde uniquement dans la lunette des actuaires, c’est des chiffres artificiels, d’une certaine façon. »
Selon lui, les villes ont simplement suivi l’exemple donné par le gouvernement. « Les villes ne l’ont pas fait [rembourser les déficits] parce que le gouvernement ne leur a pas demandé. Et pourquoi le gouvernement ne le leur a pas demandé ? Parce que lui-même ne le fait pas. Le gouvernement du Québec n’a pas une caisse quelque part où il a mis à l’avance les réserves pour payer les régimes de retraite. »
Il trouve d’ailleurs agaçant le discours actuel du gouvernement en ces matières. « Moi, ce que j’aime pas, c’est quand le gouvernement fait des leçons à tout le monde. Ça, c’est assez désagréable. »
Malgré cela, il approuve la décision de créer le comité D’Amours pour faire le point dans le dossier. Mais à son avis, on devrait attendre de connaître ses conclusions avant de « grimper dans les rideaux ».
L’ancien maire de Québec s’est par ailleurs défendu d’avoir pris des congés de cotisation dans les caisses de retraite alors qu’il était le patron de la Ville. Par contre, il n’était pas en mesure de dire pourquoi la caisse n’avait pas été davantage renflouée.
« On n’a jamais pris de congés de cotisation pour les années en cours. Mais il y a des années où on n’a pas cotisé pour boucher le déficit antérieur. Parce que ça, c’est sans fin. On aurait voulu emprunter le montant global quand les taux d’intérêt étaient bas pour les rembourser. Ça n’a pas marché, je ne sais pas pourquoi. Mais il va falloir le rembourser. »
Un amphithéâtre
L’ancien élu, qui vient d’être nommé à la présidence de l’Ordre national du Québec, a aussi voulu remettre les pendules à l’heure sur son rôle dans le dossier du hockey à Québec. « On avait pris une position sur le Colisée. On avait essayé d’aller en chercher un dans le temps », a-t-il dit.
« Mais les gens oublient qu’on était 185 000 et on n’avait pas accès toujours à l’argent neuf qui est généré par le territoire de Sainte-Foy. » Il ajoute qu’il avait « écrit aux 35 maires » de l’équivalent de la communauté métropolitaine « pour qu’on décide d’en faire un équipement collectif ». Or, la réponse a été négative. « Chaque époque ses défis, chaque époque ses problèmes », a-t-il conclu.








