Zoom critique sur des radios de Québec

Québec — Les radios d’opinion continuent de déranger à Québec. Jeudi soir, la Ligue des droits et libertés a demandé à des expertes en journalisme et en droit de la conseiller sur les moyens à prendre pour contrer le discours de ces radios.


La rencontre a pris la forme d’une conférence de la professeure de journalisme à l’Université Laval Dominique Payette et de Lucie Lemonde, du département des sciences juridiques de l’UQAM, qui est aussi une ex-présidente de la Ligue. Une bonne quarantaine de personnes assistaient à l’événement en soirée.


Mme Payette a commencé en donnant des exemples du manque d’éthique journalistique des stations FM 93 et CHOI-FM. Elle s’est alors penchée sur les entrevues que leur ont accordées lors de la campagne de 2008 les candidats Anne Bourget et Régis Labeaume.


Les entrevues avec lui étaient d’une « extraordinaire complaisance », a-t-elle dit alors qu’à CHOI, on reprochait à Mme Bourget « de ne pas avoir été capable d’emprunter pour s’acheter un char », ce qui, disait-on, l’éloignait « du monde ordinaire ». Le jugement de la professeure était clair : « C’est ce qu’on enseigne d’éviter dans les écoles de journalisme. »


Mme Payette est toutefois loin de prôner la censure. « J’ai passé ma vie à donner la parole à du monde. Jamais je ne pourrai dire qu’il faut les faire taire. » Elle suggère plutôt de créer des incitatifs financiers pour amener les radios à faire partie du Conseil de presse et à embaucher davantage de journalistes professionnels.


Mme Lemonde a ensuite expliqué que « la voie judiciaire pour s’attaquer aux radios » n’est « pas une solution ». « Même des propos d’une virulence extrême sont permis dans une société libre et démocratique », a-t-elle affirmé avant d’analyser des jugements de la Cour suprême.


Dans les causes en diffamation, « traditionnellement, les tribunaux ont donné plus d’importance à la réputation, […] et là, il y a un changement de vent où on donne plus de place à la liberté d’expression ».


Il semble par ailleurs que l’activité de jeudi soir ne soit que la première étape d’une mobilisation plus sérieuse. Elle survient dans un « contexte où des organisations de la région se proposent de former une coalition pour agir contre ce type de discours », annonçait le communiqué de la Ligue.