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    Le 3D pour intéresser les jeunes à l’histoire

    Un jeune artistan de Lévis voit dans la numérisation du patrimoine un moyen d’éducation captivant

    3 novembre 2012 |Isabelle Porter | Ville de Québec
    Charles-Olivier Roy et son projet de numérisation de François-Gaston de Lévis, ce chef militaire qui a pris le commandement de l’armée française à la mort de Montcalm.
    Photo: Clément Allard - Le Devoir Charles-Olivier Roy et son projet de numérisation de François-Gaston de Lévis, ce chef militaire qui a pris le commandement de l’armée française à la mort de Montcalm.

    Un jeune artisan de Lévis propose de recourir à la technologie 3D pour intéresser les jeunes aux héros de l’histoire du Québec. Au printemps, sa reconstitution du chevalier de Lévis sera installée sur la terrasse de la ville du même nom.


    Charles-Olivier Roy se sert du 3D pour reproduire certaines des plus belles statues des héros d’ici. Il vient de terminer une reproduction en bronze du chevalier de Lévis (1719-1787) de Louis-Philippe Hébert et, déjà, il a un oeil sur celles de Salaberry et Frontenac.


    « Ça fait plusieurs années au niveau international qu’on numérise tout ce qui est patrimoine mondial », dit-il en donnant l’exemple de l’armée de terre cuite de l’empereur Ying Zheng. On utilise parfois le 3D pour préserver ou reconstituer des merveilles perdues. Mais on peut aussi s’en servir pour mieux diffuser le patrimoine à l’extérieur des musées. Aux États-Unis, le Smithsonian a même créé une véritable banque 3D des chefs-d’oeuvre de l’histoire américaine.


    « Moi, ce que je veux démontrer, c’est qu’on est capables de le faire à Québec. On est quand même une ville de l’UNESCO ! »


    Avec le Parti québécois qui veut revaloriser l’histoire nationale, Charles-Olivier Roy juge le contexte à tout le moins propice à la discussion. Plutôt que de passer par des livres pour faire connaître Marquette et Frontenac, pourquoi ne pas les présenter aux jeunes en 3D ? « On prend les personnages du Parlement, les belles statues à travers le Québec, et on fait en sorte que les jeunes puissent se promener là-dedans. Le personnage bouge, réagit. Le jeune est captivé, il veut apprendre puis, quand il va faire sa sortie éducative, il va avoir hâte de venir au parlement et de regarder la statue qu’il a vue. »


    Mais encore ? « Avec un outil comme ça, on peut faire de l’histoire de l’art, montrer comment couler une statue, la fonderie… On peut attacher plein de choses autour de ça parce que c’est interactif. »


    Honneur et fierté


    Formé en design industriel, le jeune artisan travaille avec un scanneur 3D conçu par Creaform, une entreprise basée à Lévis comme lui. La technologie lui permet d’imprimer dans un moule de polymère en trois dimensions les différents morceaux de la sculpture. Puis il réunit le tout et peut les couler dans le bronze ou d’autres matériaux.


    C’est ce qu’il a fait avec la statue de François-Gaston de Lévis, le chef militaire qui a pris la relève de Montcalm après sa mort et remporté la bataille de Sainte-Foy en 1760. Jusqu’à présent, on ne pouvait admirer la statue que sur la façade du parlement à une hauteur suffisante pour qu’on ne puisse pas facilement en voir les détails.


    Mais, au printemps prochain, une réplique en bronze de près de huit pieds de hauteur sera installée sur la terrasse de Lévis, face à Québec. « Ce personnage-là, on l’a complètement oublié. On a juste gardé Wolfe et Montcalm », déplore-t-il. La ville de Lévis, souligne-t-il, a été fondée un siècle après la Conquête. En donnant son nom à leur ville, les habitants ont « voulu répondre à l’insulte par l’honneur et la fierté ».


    Fait intéressant, son arrière-grand-oncle, l’historien Pierre-Georges Roy, défendait la même cause sous une autre forme il y a près de 100 ans. Ce généalogiste de renom, qui a été le premier conservateur des Archives nationales du Québec, a consacré sa vie à mieux diffuser l’histoire du Québec.


    Charles-Olivier Roy a remué ciel et terre pour réaliser son projet du duc de Lévis, lequel aura abouti après les célébrations du 150e de la ville. C’est finalement la Caisse Desjardins et la Commission de la Capitale nationale qui ont financé l’aventure.


    Jamais à court d’idées, il avait aussi fait parler de lui en 2008 après avoir convaincu la famille Simons d’investir dans une ligne de bracelets reproduisant les divinités de la fontaine de Tourny. Les bijoux avaient notamment été offerts aux conjointes des dignitaires au Sommet de la Francophonie.


    L’aventure Lévis étant complétée, il aimerait bien réaliser d’autres reproductions des statues devant le parlement. Il rêve d’en faire des miniatures qui pourraient servir de solutions de remplacement aux tee-shirts pour touristes. Cette semaine, il a commencé à numériser le monument de monseigneur de Laval dans la côte de la Montagne. C’est que, l’an prochain, on soulignera le 350e anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec. Et pourquoi pas numériser le bronze du Semeur de Saguenay ?


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    Avec Dave Noël et Antoine Robitaille













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