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Ville de Québec - Le règlement sur la loi et l’ordre est adopté dans le tumulte

Le maire Labeaume tenait à voir son règlement sur la loi et l’ordre adoptée avant la Fête nationale.
Photo : Mathieu Bélanger Archives Reuters Le maire Labeaume tenait à voir son règlement sur la loi et l’ordre adoptée avant la Fête nationale.
Le nouveau règlement de la Ville de Québec sur les manifestations a causé beaucoup de remous hier à l’hôtel de ville et entraîné une arrestation pour voies de fait hier après-midi.

« Charest ! Labeaume ! Même combat ! », hurlaient des manifestants dans le hall de l’hôtel de ville vers 14 h hier. Pendant une bonne demi-heure, ils étaient une trentaine à bloquer l’entrée de l’immeuble pour protester contre le nouveau règlement encadrant les manifestations.


Un peu avant, à la sortie du vote, l’un des protestataires a été arrêté pour voies de fait contre un conseiller municipal, Steve Verret.


Dans une vidéo diffusée par le réseau RDI, on voit le chef de cabinet du maire, Louis Côté, le pousser pour protéger le maire Régis Labeaume. Furieux, le jeune homme sort en trombe, accrochant au passage le conseiller Verret. La police lui a passé les menottes tout de suite après.


Les manifestants avaient répondu notamment à l’appel de la Confédération des étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), qui s’inquiète de l’impact du nouveau règlement municipal.


Le règlement décrète qu’une manifestation est illégale si l’heure de sa tenue et son parcours ne sont pas donnés auparavant à la police.


Le texte proscrit aussi « de participer ou d’être présent à un attroupement sur le domaine public » entre 23 h et 5 h du matin. Il interdit l’accès aux parcs la nuit et empêche les gens de construire des abris ou d’allumer un feu « sur le domaine public ».


« Il s’agit d’atteintes graves au droit de manifester, ouvrant la voie à l’arbitraire policier et à la criminalisation de la dissidence politique », ont dénoncé hier des groupes de gauche comme le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Front d’action populaire en réaménagement urbain et le Regroupement des profs contre la hausse.


« Contrairement aux dispositions de la loi 78, la nouvelle réglementation municipale sera permanente, ajoutaient-ils. Elle aura des répercussions sur toutes les manifestations nationales organisées dans la capitale. »


Pendant que les élus votaient sur le règlement hier après-midi, on entendait les casseroles retentir à l’extérieur. L’un après l’autre, les conseillers d’Équipe Labeaume ont pris la parole pour dire que les citoyens se plaignaient du bruit la nuit dans les parcs. Une conseillère a même raconté qu’on avait trouvé des seringues le matin dans un parc.


Une poignée de manifestants ont pu poser des questions aux élus à ce sujet, mais après le vote.


En réponse à leurs questions, le maire a lancé qu’il suffirait que les policiers soient avertis « deux minutes avant » pour qu’une manifestation soit légale.


« Lâchez-moi la Russie, on n’est pas dans la coercition », a-t-il lancé, excédé par certains commentaires. « Sincèrement, je ne pense pas que l’ONU va se préoccuper du règlement qu’on vient de voter », a-t-il lancé plus tard.


Plusieurs questions ont par ailleurs porté sur les itinérants et le risque de brimer certains groupes en particulier, comme les jeunes marginaux. « Nos policiers sont capables d’avoir un très bon jugement, s’est défendu le conseiller Richard Côté. Je ne vois pas pourquoi un policier s’attaquerait à un citoyen ou à un touriste pour le fun. »

 
 
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