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Québec - L’îlot des Palais continue de susciter des inquiétudes

Un archéologue déplore l’état du précieux site archéologique

L’archéologue Réginald Auger de l’Université Laval s’inquiète de l’état des ruines de l’îlot des Palais, dans le Vieux-Québec. Or la Ville assure qu’elles sont bien protégées malgré les apparences.

Le site archéologique situé à côté de l’Hôtel-Dieu est actuellement protégé par une clôture en piteux état. Derrière, on peut voir des masses d’eau s’accumuler sur les pellicules noires qui protègent les ruines. « Ces vestiges-là semblent avoir les pieds dans l’eau. Ce n’est pas exactement la bonne façon de garder des murs de mortier du xviie siècle », faisait remarquer M. Auger hier.


Comme chaque année, l’archéologue anime demain une visite guidée du chantier archéologique avec ses étudiants. Comme l’explique la Ville dans un communiqué, le site abrite les vestiges du palais de l’intendant Talon (1685-1713). « De toute évidence, c’est assez précaire comme installation », avance M. Auger. « Je ne connais pas le travail qui a été fait, mais je suis inquiet. » M. Auger se demande notamment comment la succession d’épisodes de gel et de dégel a pu affecter les ruines ces dernières années.


La Ville, qui est responsable du sitem se montrait rassurante hier. « On a fait tout ce qu’on avait à faire pour protéger les vestiges, a expliqué la porte-parole Mireille Plamondon. La protection qu’on a en ce moment est adéquate et tout est sous contrôle. »


« Le site est surveillé pour éviter qu’il se détériore, a-t-elle poursuivi. M. Auger n’a pas à s’inquiéter. » Elle ajoute que les archéologues de la Ville ont « consolidé » la structure pour éviter que les épisodes de gel et de dégel aient un impact.


Le sort du site de l’îlot des Palais est entre parenthèses depuis déjà plus de quatre ans. Des fouilles et des travaux de construction avaient été entrepris à l’époque de la mairesse Andrée Boucher, qui souhaitait en faire un musée.


Or, à son arrivée au pouvoir, Régis Labeaume a interrompu le projet parce qu’il le jugeait trop coûteux, laissant le site en chantier. À l’époque M. Auger et d’autres archéologues l’avaient d’ailleurs interpellé pour s’enquérir de l’avenir des ruines.


Quatre ans plus tard, l’archéologue se demande ce qu’il en adviendra à plus long terme. « Ce qui me fait le plus peur, c’est que le terrain tombe aux oubliettes et qu’on décide un beau jour de construire de beaux petits condos dessus. »

 
 
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