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    Québec - Des écoquartiers, vraiment?

    23 février 2012 | Isabelle Porter | Ville de Québec
    Le projet d’écoquartier d’Estimauville, à Québec<br />
    Photo : Ville de Québec Le projet d’écoquartier d’Estimauville, à Québec
    Québec — Un promoteur de Québec dit vouloir développer deux nouveaux projets d'écoquartiers, en plus de ceux de la ville. Mais s'agit-il vraiment d'écoquartiers? Rien n'est moins sûr.

    Les deux projets en question sont les créations de la Société immobilière Leboeuf. Le plus connu, le «quartier nature Silva», devait être réalisé à Lac-Beauport, mais des citoyens ont récemment signé le registre en assez grand nombre pour le bloquer. Reste à savoir si la Ville le défendra dans un référendum. Les documents du promoteur le décrivent comme un «écoquartier certifié LEED» et soulignent qu'il inclut 60 % d'espaces verts.

    Quant au deuxième, il serait construit dans le secteur de Charlesbourg. Baptisé «Nodélo», il est beaucoup plus vaste, plus dense et il est situé en zone urbaine. Les documents du promoteur soutiennent que «ses interventions écologiques» sont «basées en partie sur les principes établis pour la certification LEED AQ 2009 (LEED pour l'aménagement des quartiers, USGBC et CAGBC)...».

    En entrevue, le président de l'entreprise, Sébastien Leboeuf, dit avoir eu un déclic pour les écoquartiers récemment. «J'ai commencé à faire du développement domiciliaire dans le milieu des années 2000, puis j'ai eu un déclic, il y a environ trois ans, quand j'ai vu qu'il y avait énormément de pression des citoyens contre les nouveaux développements, raconte-t-il.Je me suis dit: "Comment je pourrais faire pour mieux faire passer mes projets et que ce soit plus agréable, plus intelligent?" Je voulais créer des endroits où j'aurais aimé aller vivre.»

    À Lac-Beauport, M. Leboeuf propose de construire des maisons en rangée à la place des résidences unifamiliales. Il veut installer des panneaux solaires et aménager de grands espaces verts, mais, à son humble avis, Nodélo est un écoquartier «beaucoup plus poussé». «Quelque 1300 logements dans 2 millions et demi de pieds carrés, c'est vraiment dense, dit-il. C'est un peu le même principe que d'Estimauville [ndlr: le projet d'écoquartier de la ville], on fait du commercial à proximité.»

    Or les experts consultés par Le Devoir estiment que ces projets ne constituent pas des écoquartiers. «C'est plein de bonnes intentions, mais on n'a rien de concret là-dedans», soutient Francis Pronovost, expert-conseil en énergie et bâtiment chez Éco-Bâtiment. «Pour moi, un écoquartier en fait plus que la normale», dit-il en parlant de Silva, après avoir consulté les documents de présentation du promoteur. «Ils disent qu'ils conservent des espaces verts, mais ceux qu'ils conservent sont ceux des zones humides ou à forte pente ou ceux qu'ils sont obligés de céder à la ville.»

    Quant aux panneaux solaires, ils lui semblent injustifiés. «Les panneaux solaires, c'est bien beau, mais au prix où l'hydroélectricité est en ce moment, si j'ai un dollar à investir dans une option verte, j'ai plein d'autres mesures à faire auparavant. C'est comme si on mettait des panneaux solaires sur un véhicule utilitaire sportif. On a voulu faire un coup de branding [sic] à ce niveau-là.»

    Partisan notoire des écoquartiers, le président de Vivre en ville, Alexandre Turgeon, se montre lui aussi très critique. Bien qu'il salue la «bonne volonté» du promoteur, il estime que, «sur le plan de la forme et du design urbain, c'est assez décevant».

    Pourtant, lors de notre entrevue, M. Leboeuf voyait plutôt du «greenwashing» chez les autres. «Il y a beaucoup de gens qui se disent verts, mais je me demande ce qu'il y a de vert à part le nom.»

    Plus tard, il a souligné à quel point les promoteurs partent de loin en ces matières. «Actuellement, les promoteurs, ils partent de zéro. Il n'y a rien de LEED, rien d'écolo.»

    Pour Alexandre Turgeon, les comparaisons sont ardues parce qu'il n'y a «pas d'écoquartier de réalisé au Québec». Ceux de la ville ne sont pas réalisés et Cité verte est «très petite».

    Enfin, il n'existe pas de norme reconnue pour les écoquartiers, concède Francis Pronovost. «Les écoquartiers certifiés LEED, c'est plus à l'échelle d'un projet-pilote. C'est malheureux, mais, présentement, les consommateurs sont un peu laissés à eux-mêmes.»
     
     
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