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Réinventer la ville - Le Wi-Fi, c'est branché

La ville de Québec est parmi les bons élèves de l'Internet sans fil en Amérique du Nord

Isabelle Porter   1 août 2011  Ville de Québec
Selon le palmarès Forbes 2010 des villes américaines les mieux équipées en Internet sans-fil, Portland se classe au premier rang avec un ratio d’une borne par 4440 habitants. Or, à Québec, on parle plutôt d’un ratio d’une borne par 1646 personnes. «Quand on arrive dans un lieu, c’est une sécurité de pouvoir garder le contact avec le lieu d’où on part», résume Mario Asselin de l’organisme ZAP Québec, un OBNL qui milite pour le sans-fil gratuit dans la capitale.<br />
Photo : Yan Doublet - Le Devoir
Selon le palmarès Forbes 2010 des villes américaines les mieux équipées en Internet sans-fil, Portland se classe au premier rang avec un ratio d’une borne par 4440 habitants. Or, à Québec, on parle plutôt d’un ratio d’une borne par 1646 personnes. «Quand on arrive dans un lieu, c’est une sécurité de pouvoir garder le contact avec le lieu d’où on part», résume Mario Asselin de l’organisme ZAP Québec, un OBNL qui milite pour le sans-fil gratuit dans la capitale.
Il faut plus que du béton et de l'asphalte pour développer une rue, un quartier, une ville à échelle humaine. Le Devoir poursuit sa série intermittente sur les exemples québécois à suivre et les erreurs à ne plus répéter.

Québec — La possibilité de se connecter à Internet de partout commence à devenir un attrait important des villes du XXIe siècle. Regards sur le cas de Québec qui s'impose déjà comme une première de classe en la matière.

Qu'on le veuille ou non, Internet est omniprésent dans la ville. Dans les allées des épiceries, aux arrêts de bus, dans les estrades des terrains de soccer, au parc, on voit les gens rivés à leur téléphone ou leur ordinateur. Ils twittent, lisent les nouvelles, prennent leurs messages, tuent le temps, et ils aiment ça encore plus quand c'est gratuit.

C'est aussi le cas de gens de passage, de ces fameux touristes que les villes s'arrachent. «Quand on arrive dans un lieu, c'est une sécurité de pouvoir garder le contact avec le lieu d'où on part», résume Mario Asselin de l'organisme ZAP Québec, un OBNL qui milite pour le sans-fil gratuit dans la capitale. «Le fait d'avoir cette sécurité va nous donner le goût de nous éclater, de faire toutes sortes de choses et de rester plus longtemps.»

Une approche décentralisée

Le lieu de la rencontre n'a pas été choisi au hasard. Nous sommes à la Brûlerie Saint-Roch, en plein quartier techno. Outre la qualité de ses cafés, cet endroit très branché doit sa popularité au fait qu'il offre un accès gratuit à Internet.

La Brûlerie est l'un des nombreux commerces à faire partie du réseau de ZAP. Contrairement à des villes comme Toronto ou Boston, où le Wi-Fi s'est développé avec l'érection d'une grosse antenne au centre de la ville, le système de ZAP repose sur une approche décentralisée. ZAP Québec contacte les commerces et les institutions et leur propose de partager Internet avec leurs clients. Il leur demande 100 $ de cotisation pour faire partie de son groupe et un autre 100 dollars pour payer le routeur que ses techniciens viennent installer. L'entretien du routeur est assuré par ZAP, mais pour le reste, c'est le commerce qui traite avec son fournisseur d'accès.

Certaines organisations soutiennent ZAP mais préfèrent administrer leur propre équipement, comme divers centres commerciaux et l'aéroport, par exemple. Qu'importe, selon Mario Asselin, puisque le résultat est le même. «L'important, c'est l'Internet gratuit aux citoyens, qu'on fasse une ville Wi-Fi à 100 %.»

Québec parmi l'élite

Depuis 2006, ZAP a installé pas moins de 404 bornes de ce genre à Québec, ce qui en fait, de loin, la ville la plus Wi-Fi au Québec. Elle se compare même avantageusement aux villes qui se distinguent dans ce domaine aux États-Unis. En effet, selon le palmarès Forbes 2010 des villes américaines les mieux branchées, Portland se classe au premier rang avec un ratio d'une borne par 4440 habitants. Or, à Québec, on parle plutôt d'un ratio d'une borne par 1646 personnes! Et la formule est en plein essor.

Depuis un mois, il n'est plus nécessaire de s'identifier et de taper son mot de passe pour accéder au réseau ZAP, un ajout qui a notamment permis au réseau de faire le plein de 22 400 usagers, en plus des 83 000 qu'il comptait déjà. D'emblée, l'organisation prévoit ajouter 120 bornes à son territoire d'ici 2014.

Ce succès, Mario Asselin l'attribue en partie au dynamisme des nombreux bénévoles qui donnent du temps à l'organisme, dont beaucoup sont des travailleurs techno. Il ajoute que la ville de Québec a soutenu le projet dès le début en branchant tous ses bureaux d'arrondissements, parcs, arénas et bibliothèques, soit l'équivalent de 85 bornes. En plus de stabiliser les revenus de l'organisme, cela a aussi permis à ZAP de s'implanter sur tout le territoire de la ville fusionnée. Quand même, certains lieux clés restent à conquérir, et non les moindres: l'Université Laval et le Réseau de transport en commun (RTC) (voir l'encadré).

En attendant, le Wi-Fi s'incruste partout. Ainsi, lors du concert de Metallica sur les Plaines, des centaines de spectateurs se connectaient à Internet avec leurs téléphones pour faire connaître leurs impressions. Pour ZAP, qui avait établi un partenariat avec le Festival d'été, ce fut un succès sur toute la ligne, d'autant que la technologie 3G (un service payant auquel on recourt quand il n'y a pas de Wi-Fi justement) avait «planté» pendant la soirée alors que ZAP roulait!

Rentabiliser l'attente

Il appert par ailleurs que les gens se servent de Wi-Fi pour leur travail autant que pour leurs loisirs, du moins à Québec. Michael Doyle, un étudiant en architecture de l'Université Laval, a réalisé une petite étude auprès des utilisateurs du groupe qui démontre que la majorité des gens s'en servent en lien avec leur emploi et même qu'une proportion importante considèrent les lieux publics où il y a du Wi-Fi comme des lieux de travail «secondaires». Bref, le Wi-Fi, c'est bon pour l'économie...

«Que ce soit dans une salle d'attente ou en transport en commun, le Wi-Fi permet aux individus de rentabiliser chaque moment et d'occuper ses temps d'attente de manière utile. Un ingénieur [...], par exemple, profite du Wi-Fi pour vérifier ses courriels ou chercher de l'information lorsque ses filles font du patin artistique à l'aréna.»

Dans son analyse, l'étudiant à la maîtrise soutient même qu'à terme, le recours au WiFi va forcer les villes à revoir leur aménagement et leur architecture parce que les lieux publics vont changer de fonction. Comme quoi cette mini-révolution n'en est qu'à ses débuts...
 
 
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  • Anne-Marie Desmeules - Inscrit
    1 août 2011 09 h 59
    Et l'impact sur la santé ?
    Je m'interroge fortement sur l'impact sur la santé qu'ont les ondes Wi-Fi. Il me semble qu'avant de rendre une ville 100% branchée, des études plus poussées devraient être réalisées. Sans parler de la santé des éco-systèmes urbains qui peinent déjà à survivre (oiseaux, abeilles, chauves-souris...).
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  • Yves Seney - Abonné
    1 août 2011 10 h 35
    ZAP Sherbrooke
    Mme Porter,

    Votre article est fort intéressant. À Sherbrooke, nous utilisons un modèle très semblable. Notre organisme sans but lucratif s'appelle ZAP Sherbrooke. Si on considère les chiffres que vous proposés pour positionner Québec dans l'élite des villes branchées (une borne pour 1646 personnes), ce qui fort louable, alors la Ville de Sherbrooke peut envisager, elle aussi, faire parti de ce fameux palmarès car nous avons une borne pour 600 personnes.

    Je vous invite à communiquer avec l'organisme ZAP Sherbrooke pour en savoir plus.

    Salutations !
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  • raquel9 - Abonné
    1 août 2011 11 h 45
    WIFI gratuit à Montréal
    Bonjour

    je suis coordonnateur à la CRÉ de Montréal (Ile) du déploiment du wifi gratuit dans les lieux publics. Nous travaillons étroitement avec Ile sans fil (ISF), Tourisme Montréal et le Service des TI de la Ville pour faire de Montréal une Ville WIFI dans les prochains mois. Il y a entre 500 et 1,000 hotspots sur l'ile fruit du travail pionnier d'ISF, d'institutions tels l'AMT, ADM et la STM, le Vieux Port, mais aussi des bannières privées de cafés et de d'autres fournisseurs privées d'accès sécurisés.

    Il nous reste à compléter le réseau avec les Sociétés de développement commercial, les arrondissements et autres partenaires tels le Partenariat du Quartier des spectacles et unifier le tout sous un même portail !

    Même si le logiciel utilisé par les ZAP au Québec et ailleurs au Canada est issu d'ISF, il aura été difficile de concerter tous les acteurs à Montréal . Cependant les résultats de Québec et Sherbrooke nous renforce dans l'idée de compléter une approche décentralisée impliquant une multitude d'acteurs de la société civile comme économiques et institutionnels.

    Les résultats sont plus d'accessibilité réelle à moindre coût pour les pouvoirs publics.
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  • Mathieu Doyer - Inscrit
    1 août 2011 12 h 16
    Le WiFi dangereux?
    @Anne-Marie Desmeules
    Personnellement, avant de m'inquiéter au sujet de l'impact que peuvent avoir les signaux Wi-Fi sur la santé, je me questionnerait sur les réels dangers que représentent les ondes cellulaires, qui ont des portées beaucoup plus grandes, des antennes beaucoup plus grosses et surtout une puissance plus de 2 fois suppérieures à celle du Wi-Fi.
    Ce lien serait susceptible de vous intéresser:http://www.dangersemo.com/semo_004.htm

    Bonne Journée,
    Mathieu Doyer
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  • Jean Gilbert - Abonné
    1 août 2011 13 h 49
    Deux problèmes
    Dans l'article, on lit « Un ingénieur [...], par exemple, profite du Wi-Fi pour vérifier ses courriels ou chercher de l'information lorsque ses filles font du patin artistique à l'aréna. »

    Je vois deux problèmes ici. Premièrement, l'ingénieur risque d'être tellement concentré sur son travail qu'il négligerait de regarder ce que font ses filles sur la patinoire. Autant être absent! Deuxièmement, cette personne serait encore plus esclave de son travail, ce dont les gens se plaignent de plus en plus.
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  • Sara Tremblay - Abonné
    1 août 2011 13 h 56
    "Wi-Fi"?
    Je m'attends de la part du Devoir à lire le terme "sans-fil", et non pas Wi-Fi... Si ce journal n'insiste pas en tout temps pour la sauvegarde du français, qui s'en chargera?
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  • raquel9 - Abonné
    1 août 2011 14 h 53
    WIFI et sans fil
    Bonjour

    À la décharge du Devoir nous verrons encore longtemps le terme WIFI utilisé en français puisqu'il s'agit d'une technologie bien spécifique permettant de diffuser localement l'Internet sans fil, différente par exemple du WIMAX ou alors du 3G utilisée présentement pour la téléphonie sans fil.

    J'invite les lecteurs à consulter le site de l'organisation internationale des technologies wifi (WIFI Aliance) qui en promeut la normalisation pour déjà plus de 10,000 produits.
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  • Felixggenest - Inscrit
    1 août 2011 15 h 05
    Quelques retours...
    @Anne-Marie Desmeules : ZAP Québec a fait une page, justement, pour aborder ce thème controversé (http://zapquebec.org/effets-sur-la-sante). Et pour en rajouter à la réponse de Mathieu Doyer, réalisons à quel point les technologies cellulaires sont plus à risque : quand il est rangé, mon cellulaire est à quelques centimètres de mes organes sexuels primaires; quand je texte, je le plaque presque contre mon ventre, là où sont la plupart de mes organes vitaux; quand je parle au cellulaire, je le colle à ma boîte crânienne... Et si vous n'avez pas de cellulaire, soyez assurée que vous en êtes constamment entourée, tout comme le sans fil (qui est heureusement beaucoup moins puissant)!

    @Jean Gilbert : Il s'agit d'une étude, et dans cet exemple, d'un cas précis... J'aime comment vous faites remarquer que l'accès universel à Internet change nos manières de faire et notre culture moderne, mais je crois qu'il serait de mauvaise foi d'assurer que c'est pour le pire. Plusieurs utilisateurs s'en servent quand ils sont seuls, pour tuer le temps ou dans un but ludique ;-)

    @Sara Tremblay : « Wi-Fi » est un nom donné à une technologie. Néanmoins sa signification anglophone (Wireless Fidelity), le mot en tant que tel n'est pas un anglicisme. Toutefois, si l'ont veut monter sur ses grands chevaux, on peut décrier que « sans fil » ne prend pas de trait d'union... à chacun ses combats.

    @Webmestre : Il serait intéressant d'inclure, d'une manière ou d'une autre, l'encadré dont il est question dans l'article... (Pour une prochaine fois ou si vous avez du temps, hihi!) Merci :-)
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  • KaptnKrunch - Inscrit
    1 août 2011 22 h 51
    Bien infomer le public
    Très important de bien informer le public sur les danger du wifi versus ceux des cellulaires standard.

    Juste à regarder la puissance des ondes wifi et 3G sur nos appareils on se rend compte à quel point le wifi est moins puissant. D'autant plus que généralement le wifi est à courte porté et d'autant plus faible tandis que la 3G est distante sur de puissantes antennes centrales. Plus d'antennes à basse densité versus un nombre restreint de points très chauds (et donc plus dangereux)

    À Paris on a tenté d'implanter le wifi, mais les hypocondriaques ont eu raison de la technologie. Je ne douterais pas que les fournisseurs de 3G concurrents on supporté ce sabordage. D'où l'importance de l'information.

    En effet on nous vend la 3G à prix d'or sous prétexte de saturation... ce que résout très bien le wifi gratuitement... La peur du wifi viendra probablement des Bell, Roger, Fido, Telus ou Videotron de ce monde!
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