Nouveau colisée - La mise municipale passe à 187 millions
En ajoutant 20 millions aux 180 déjà promis, le gouvernement Charest complète le financement de l'amphithéâtre sans l'aide d'Ottawa
Photo : Agence Reuters Mathieu Bélanger
Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le premier ministre Jean Charest signent des autographes pour des enfants sous l’œil des nombreux journalistes présents hier au Colisée à l’occasion de leur conférence de presse conjointe.
Québec — Convaincu de l'urgence d'agir pour attirer une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH), Régis Labeaume complète le montage financier d'un nouvel amphithéâtre en faisant passer sa contribution de 50 à 187 millions de dollars. Le gouvernement Charest bonifie aussi sa mise en ajoutant 20 millions aux 180 déjà promis.
«Je m'en voudrais jusqu'au reste de mes jours de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour [nous] donner la chance de revivre notre sport national», a déclaré le maire Régis Labeaume, hier, après l'annonce dans l'ancien Colisée. «Dans la population, c'est ça que les gens veulent. Les gens sont fiers depuis 2008, mais il manque quelque chose à Québec dans notre coeur. C'est un amphithéâtre et puis aujourd'hui, on part!»
Le premier ministre Jean Charest, qui s'est effacé hier derrière le maire de Québec, a justifié son investissement supplémentaire de 20 millions en soulignant qu'il n'était pas «normal» que la capitale n'ait pas une telle infrastructure.
Quant aux 13 millions manquants pour réunir 400 millions, c'est la somme qu'a déjà recueillie le groupe J'ai ma place depuis deux ans en vendant des sièges dans le futur amphithéâtre.
Tout ce que la région compte de journalistes s'était déplacé pour assister à ce point de presse très attendu, qui a eu lieu dans un couloir avec en toile de fond les compétitions du tournoi de hockey pee-wee. Pendant la matinée, des procureurs de la Couronne défilaient devant l'ancien Colisée pour réclamer du gouvernement libéral des fonds pour mieux les payer.
À un journaliste qui demandait au premier ministre s'il était «éthique» de faire de tels investissements dans un contexte difficile, le maire a répondu avec colère que c'était «extrêmement réducteur» de comparer cela aux besoins en santé, par exemple. «J'ai promis l'amphithéâtre avec 80 % d'appuis. Êtes-vous en train de dire que les gens qui m'ont élu n'ont pas d'éthique?»
L'entente entre le maire de Québec et le gouvernement Charest a été conclue le 12 janvier, soit une dizaine de jours avant que le bras droit du maire s'échappe à la radio en disant que le projet était bouclé. L'entente assujettit les investissements du gouvernement aux règles d'Infrastructure Québec et prévoit que les deux partenaires se remboursent à égalité de parts si le gouvernement fédéral changeait d'avis et décidait d'investir dans l'amphithéâtre.
En point de presse à Ottawa, la ministre Josée Verner a indiqué que l'annonce d'hier ne change rien aux demandes du fédéral. «C'est une très bonne nouvelle pour la population de Québec. [...] Là où je suis rassurée, c'est que le maire Labeaume s'est engagé à nous envoyer des documents afin qu'on puisse aller plus loin dans l'étude de ce dossier-là.»
Si le gouvernement Harper a répété des dizaines de fois qu'il n'y aurait pas de participation fédérale sans participation du privé dans la construction de l'amphithéâtre, Mme Verner ne s'est pas formalisée hier de l'absence apparente de partenaires privés dans le projet du maire Labeaume. «Ce qu'il dit, c'est qu'il y a des négociations avec le secteur privé pour d'autres volets de l'amphithéâtre, a mentionné Mme Verner. Mais tant que je n'ai pas le document entre les mains, c'est assez difficile de me prononcer.»
La Ville de Québec poursuit par ailleurs ses négociations avec le secteur privé pour donner au futur amphithéâtre un gestionnaire, une entreprise qui investira dans son nom ainsi qu'un distributeur de bière.
Quant au vieux Colisée, dont la construction remonte à 61 ans, il serait vraisemblablement détruit, à moins que la Ville de Québec ne soit candidate aux Jeux olympiques d'hiver. Comme d'habitude, M. Charest s'est montré plus enthousiaste par rapport à ce projet que le maire de Québec et a dit qu'il «rêvait toujours» de le voir se réaliser.
Même si les politiciens ont répété des dizaines de fois que l'amphithéâtre répondait à un besoin indépendamment de la venue d'une équipe de hockey, cela demeure, bien sûr, le but ultime de ce projet.
Or de cela, ils n'entendent pas se mêler, si ce n'est pour jouer les facilitateurs. D'après Mario Bédard, du groupe J'ai ma place, l'annonce d'hier va faciliter la tâche de Pierre Karl Péladeau dans ses démarches auprès de la LNH.
Suivant l'échéancier présenté hier par la Ville, le nouvel amphithéâtre ouvrirait ses portes à l'automne 2015. Le maire Labeaume estime par ailleurs que la «fenêtre d'opportunité» pour le déménagement à Québec d'une équipe américaine de la Ligue nationale se refermera d'ici un an.
***
Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
«Je m'en voudrais jusqu'au reste de mes jours de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour [nous] donner la chance de revivre notre sport national», a déclaré le maire Régis Labeaume, hier, après l'annonce dans l'ancien Colisée. «Dans la population, c'est ça que les gens veulent. Les gens sont fiers depuis 2008, mais il manque quelque chose à Québec dans notre coeur. C'est un amphithéâtre et puis aujourd'hui, on part!»
Le premier ministre Jean Charest, qui s'est effacé hier derrière le maire de Québec, a justifié son investissement supplémentaire de 20 millions en soulignant qu'il n'était pas «normal» que la capitale n'ait pas une telle infrastructure.
Quant aux 13 millions manquants pour réunir 400 millions, c'est la somme qu'a déjà recueillie le groupe J'ai ma place depuis deux ans en vendant des sièges dans le futur amphithéâtre.
Tout ce que la région compte de journalistes s'était déplacé pour assister à ce point de presse très attendu, qui a eu lieu dans un couloir avec en toile de fond les compétitions du tournoi de hockey pee-wee. Pendant la matinée, des procureurs de la Couronne défilaient devant l'ancien Colisée pour réclamer du gouvernement libéral des fonds pour mieux les payer.
À un journaliste qui demandait au premier ministre s'il était «éthique» de faire de tels investissements dans un contexte difficile, le maire a répondu avec colère que c'était «extrêmement réducteur» de comparer cela aux besoins en santé, par exemple. «J'ai promis l'amphithéâtre avec 80 % d'appuis. Êtes-vous en train de dire que les gens qui m'ont élu n'ont pas d'éthique?»
L'entente entre le maire de Québec et le gouvernement Charest a été conclue le 12 janvier, soit une dizaine de jours avant que le bras droit du maire s'échappe à la radio en disant que le projet était bouclé. L'entente assujettit les investissements du gouvernement aux règles d'Infrastructure Québec et prévoit que les deux partenaires se remboursent à égalité de parts si le gouvernement fédéral changeait d'avis et décidait d'investir dans l'amphithéâtre.
En point de presse à Ottawa, la ministre Josée Verner a indiqué que l'annonce d'hier ne change rien aux demandes du fédéral. «C'est une très bonne nouvelle pour la population de Québec. [...] Là où je suis rassurée, c'est que le maire Labeaume s'est engagé à nous envoyer des documents afin qu'on puisse aller plus loin dans l'étude de ce dossier-là.»
Si le gouvernement Harper a répété des dizaines de fois qu'il n'y aurait pas de participation fédérale sans participation du privé dans la construction de l'amphithéâtre, Mme Verner ne s'est pas formalisée hier de l'absence apparente de partenaires privés dans le projet du maire Labeaume. «Ce qu'il dit, c'est qu'il y a des négociations avec le secteur privé pour d'autres volets de l'amphithéâtre, a mentionné Mme Verner. Mais tant que je n'ai pas le document entre les mains, c'est assez difficile de me prononcer.»
La Ville de Québec poursuit par ailleurs ses négociations avec le secteur privé pour donner au futur amphithéâtre un gestionnaire, une entreprise qui investira dans son nom ainsi qu'un distributeur de bière.
Quant au vieux Colisée, dont la construction remonte à 61 ans, il serait vraisemblablement détruit, à moins que la Ville de Québec ne soit candidate aux Jeux olympiques d'hiver. Comme d'habitude, M. Charest s'est montré plus enthousiaste par rapport à ce projet que le maire de Québec et a dit qu'il «rêvait toujours» de le voir se réaliser.
Même si les politiciens ont répété des dizaines de fois que l'amphithéâtre répondait à un besoin indépendamment de la venue d'une équipe de hockey, cela demeure, bien sûr, le but ultime de ce projet.
Or de cela, ils n'entendent pas se mêler, si ce n'est pour jouer les facilitateurs. D'après Mario Bédard, du groupe J'ai ma place, l'annonce d'hier va faciliter la tâche de Pierre Karl Péladeau dans ses démarches auprès de la LNH.
Suivant l'échéancier présenté hier par la Ville, le nouvel amphithéâtre ouvrirait ses portes à l'automne 2015. Le maire Labeaume estime par ailleurs que la «fenêtre d'opportunité» pour le déménagement à Québec d'une équipe américaine de la Ligue nationale se refermera d'ici un an.
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Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
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