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Amphithéâtre à Québec - La vie en rose

Bernard Descôteaux   11 février 2011  Ville de Québec
Investir de l'argent public dans le projet d'un amphithéâtre multifonctionnel à Québec se défend. Un tel amphithéâtre fait partie des équipements qu'une grande ville se doit d'avoir. Québec aime se voir comme telle, même si elle ne compte qu'un demi-million d'habitants, et s'il se réalise, le projet annoncé hier l'aidera certainement à grandir. Québec consolidera sa position comme site touristique majeur.

Si les avantages de ce projet sont nombreux, les risques le sont tout autant. Ce n'est pas sans raison qu'aucune entreprise privée n'est associée au projet qui ne se financera qu'avec l'argent public, celui du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec, celui à venir du gouvernement fédéral et celui des gens ordinaires qui ont déjà mis la main à leur poche pour une somme de 13 millions. C'est ainsi, parce que ce projet ne peut être rentable en soi.

Le risque le plus grand vient du fait qu'on lance ce projet sans aucune garantie que l'amphithéâtre aura un locataire permanent qui aidera à supporter les frais d'entretien. Même si le maire Labeaume et le patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, forment un tandem redoutable, rien n'assure qu'ils réussiront à convaincre la LNH de donner à Québec l'équipe de hockey dont ils rêvent. Régis Labeaume, qui fait souvent référence à son expérience d'entrepreneur privé, ne se lancerait sans doute pas ainsi tête baissée si c'était son propre argent qui était en jeu.

Sans le retour des Nordiques, ce bel amphithéâtre servira à quoi? À des tournois de hockey pee-wee ou junior? À des concerts? À quelques événements sportifs internationaux? Les revenus générés seront à peine suffisants pour payer les frais courants de gestion, tels l'éclairage, la climatisation, le ménage. Contrairement à Montréal, où le Centre Bell est rentable, le nouveau Colisée de Québec ne pourra générer un niveau d'activités et de revenus comparables, faute de pouvoir s'alimenter à un bassin démographique équivalent.

Le maire Labeaume et le premier ministre Jean Charest présentaient hier en conférence de presse ce projet, l'air est connu, de façon idyllique, forts de l'appui populaire qu'ils savent très grand. D'ailleurs, presque tous les politiciens de Québec, qu'ils soient libéraux, péquistes, bloquistes, conservateurs, souhaitent sa réalisation. Pour cette raison, on peut croire que le gouvernement conservateur trouvera bientôt une façon de se joindre au cortège.

La réalité, on s'en doute, pourrait ne pas être si rose, et cela, même si les Nordiques revenaient à Québec. Les coûts estimés à 400 millions aujourd'hui pour ce projet s'élèveront à combien lorsque la construction sera terminée en 2015? Le gouvernement du Québec s'est engagé à payer la moitié de la facture. Il peut assumer des coûts supplémentaires sans que ses finances soient déséquilibrées. Québec n'a pas la même capacité financière. Tant mieux si tout va bien. Mais dans quelques années, certains pourraient avoir des regrets quand ils auront à payer une taxe spéciale pour le nouveau Colisée.
 
 
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  • Anne-Marie Allaire - Abonnée
    11 février 2011 05 h 45
    Du pain et des jeux
    C'est ce qu'on dit habituellement mais avec leur montage financier, le maire Labaume et le premier ministre sont en train de couper le pain. Cela fera un beau slogan pour le ministre de la santé: allez jouer dehors, tout nu...
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    11 février 2011 06 h 41
    Un demi-million?
    Est-ce que Montréal compte juste 1,5 million d'habitants?

    Québec métro, lorsqu'on inclut la banlieue et la rive-sud, compte 800,000 habitants. La région de Québec, lorsqu'on calcule une heure d'auto du Colisée, on est à 1,2 million.
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  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné
    11 février 2011 06 h 45
    La ville de Québec et Jean Charest
    Dans cette histoire, le grand perdant sera la région de Québec/Lévis: on ne devrait pas permettre à une ville d'autant aider autant une entreprise privée lorsque l'infrastructure dite du transport en commun est aussi faible. Jean Charest se sert de Lebaume: il est au plus bas dans les sondages et lui est encore au plus haut.
    Ce qui me frappe le plus quand je vais à Lévis, c'est le grand nombre de personnes faisant la navette d'une rive à l'autre et les 'bouchons de circulation'. À mon avis, l'agglomération Lévis-Québec devra investir énormément dans des le transport en commun si elle veut encore de développper davantage et de façon soutenue. Dans le cas contraire, il ralentira et s'arrêtera.
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  • alen - Inscrit
    11 février 2011 09 h 46
    Arrêtez, arrêtez, arrêtez, s'il vous plaît!
    N'en mettez plus, non, pour nous vendre ce projet! La décision est prise; on va vivre avec!

    Mais pour ce qui est de l'économique, on repassera. S'il n'y a pas d'équipe de la NHL, il n'y aura pas de revenus nouveaux. Ceux provenant des Remparts, du Tournoi Pee-Wee, des Galas de boxe, etc. sont déjà là, dans le Colisée Pepsi.

    Désormais, il faudra compter avec le coût des 2 structures dans le calcul économique et non pas du seul Colisée Pepsi.

    C'est aussi simple que ça, Monsieur le maire et bonnes gens de Québec, votre nouvel amphithéâtre est économiquement un <flop> financier!
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  • Jean Desjardins - Abonné
    11 février 2011 09 h 52
    La vie en noir...
    Qui ne serait pas mort de rire de pouvoir acheter des votes en puisant impunément dans les poches de tout un chacun ? Les photos de presse de la parade d'hier à Québec sont des plus révélatrices à cet égard. Les gens de la région de Québec auront compris qu'ils devront retourner l'ascenseur au PLQ lors de la prochaine élection …toute provinciale !

    Décidément, cet irresponsable de john james charest me fait de plus en plus penser à Hosni Moubarak. Prêt à n'importe quelle bassesse pour s'accrocher désespérément au pouvoir.

    Moi, en tant que payeur piégé de taxes et d'impôts, je dénonce la mascarade d'hier mettant en vedettes john james charest, Régis Labeaume et Sam Hamad (il ne manquait que Denis-PLC Coderre sur le podium…) comme un épisode de plus de cet infect téléroman produit par ce gouvernement libéral pourri jusqu'à la moelle. Un téléroman que l'on devrait titrer: "La vie en noir des Québécois" !!!

    Eh misère…
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  • perro blanco - Inscrit
    11 février 2011 10 h 55
    D'une pierre deux coups
    Politiquement, Charest n'avait pas le choix (même si, en principe, on l'a toujours): pouvait-il dire non à sa capitale nationale?
    Demandez au PQ, au BQ, à l'ADQ et même à Amir K. et ils vous le diront assez honnêtement.
    Il y a aussi un calcul là-dedans: le fédéral. Si vous n'avez pas compris la stratégie de Labeaume, je vous en glisse un mot.
    M. Labeaume n'aime pas quémander, s'humilier, lécher les bottes de quiconque, et c'est pour ça qu'il a refusé jusqu'à maintenant de céder à toutes les exigences du féféral.
    Politicien coriace, il a décidé d'inverser les rôles et de pousser le Fédéral à le supplier de pouvoir contribuer à la construction du nouvel amphithéâtre, et ça a marché. On l'a vu, hier, à la réaction de Mme Verner.
    Ils doivent remporter des sièges dans la région, comme Charest, et il doit être déjà assez insupportable pour les députés conservateurs de se voir traiter de clows pour s'être commis et avoir donné des espoirs en se faisant photographier avec le chandail des Nordiques.
    Alors, ne pensez pas que MM. Labeaume et Charest n'ont pas calculé leurs coups.
    Et le message des Québécois de la capitale n'était peut-être pas clair, car s'il n'y a pas eu de référendum sur le sujet, il y a bien eu beaucoup d'engoûment dûment démontré.
    Alors, s'ils sont contraints d'en défrayer en partie les coûts, ce qui sera indubitablement le cas sous une forme ou une autre, ils devront y aller doucement avec les reproches, car on ne peut tout avoir et ne rien payer.
    Cependant, cela ne dispense pas le maire d'agir moins en dictateur et avec plus de courtoisie et de transparence envers ses élus, ceux qui s'opposent à son projet et les gens des médias.
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  • Jacques Boulanger - Abonné
    11 février 2011 11 h 04
    Droit dans le mur !
    400 millions, vous dites ? Faut s’entendre. Ça c’est le coût du projet. C’est un coût estimatif, on pense que ... Mais, fort de l’expérience passée, le bon maire nous dit : Foi de boyscout, la ville n’a pas l’habitude de dépasser ses coûts, voilà ce qui devrait rassurer les plus sceptiques ! Imaginez, ne serait-ce qu’un instant, qu’au final la facture totale s’élève à 600 voire 800 millions ? Imaginez que les nouveaux Nordiques ne soient pas là en 2015 ou même avant 2020 ... Imaginez que Céline ...

    Alors, voilà la galère dans laquelle «nous» a embarqués le «bon» maire. Mais tout n’est pas perdu. Il nous reste encore 2 ou 3 ans, pour vendre nos propriétés à leur pleine valeur et déménager nos pénates en périphérie. Parce qu’en 2015, même à 3 ou 4$ le prix du litre, ça vaudra le coup de s’éloigner du gouffre fiscal de la moribonde capitale.
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  • François Dugal - Abonné
    11 février 2011 11 h 07
    «Ma première priorité»
    Ma première priorité, c'est d'avoir un médecin de famille, ce qui est présentement impossible et inacceptable.
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  • Roland Berger - Abonné
    11 février 2011 18 h 05
    Mourir d'envie
    Il y a si longtemps que Québec jalouse le Montréal de Jean Drapeau. L'érection du nouvel amphithéâtre aux frais des payeurs de taxe de la vielle capitale mettre fin à cette jalousie malsaine. Les gens de Québec auront aussi leur éléphant blanc et ils s'en rappelleront aussi longtemps que les Montréalais se sont rappelés leur stade olympique à toit précaire. Québécois de Québec et de Montréal seront enfin frères, grâce à la mégalomanie des dirigeants qu'ils ont élus.
    Roland Berger
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