Amphithéâtre à Québec - La vie en rose
Investir de l'argent public dans le projet d'un amphithéâtre multifonctionnel à Québec se défend. Un tel amphithéâtre fait partie des équipements qu'une grande ville se doit d'avoir. Québec aime se voir comme telle, même si elle ne compte qu'un demi-million d'habitants, et s'il se réalise, le projet annoncé hier l'aidera certainement à grandir. Québec consolidera sa position comme site touristique majeur.
Si les avantages de ce projet sont nombreux, les risques le sont tout autant. Ce n'est pas sans raison qu'aucune entreprise privée n'est associée au projet qui ne se financera qu'avec l'argent public, celui du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec, celui à venir du gouvernement fédéral et celui des gens ordinaires qui ont déjà mis la main à leur poche pour une somme de 13 millions. C'est ainsi, parce que ce projet ne peut être rentable en soi.
Le risque le plus grand vient du fait qu'on lance ce projet sans aucune garantie que l'amphithéâtre aura un locataire permanent qui aidera à supporter les frais d'entretien. Même si le maire Labeaume et le patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, forment un tandem redoutable, rien n'assure qu'ils réussiront à convaincre la LNH de donner à Québec l'équipe de hockey dont ils rêvent. Régis Labeaume, qui fait souvent référence à son expérience d'entrepreneur privé, ne se lancerait sans doute pas ainsi tête baissée si c'était son propre argent qui était en jeu.
Sans le retour des Nordiques, ce bel amphithéâtre servira à quoi? À des tournois de hockey pee-wee ou junior? À des concerts? À quelques événements sportifs internationaux? Les revenus générés seront à peine suffisants pour payer les frais courants de gestion, tels l'éclairage, la climatisation, le ménage. Contrairement à Montréal, où le Centre Bell est rentable, le nouveau Colisée de Québec ne pourra générer un niveau d'activités et de revenus comparables, faute de pouvoir s'alimenter à un bassin démographique équivalent.
Le maire Labeaume et le premier ministre Jean Charest présentaient hier en conférence de presse ce projet, l'air est connu, de façon idyllique, forts de l'appui populaire qu'ils savent très grand. D'ailleurs, presque tous les politiciens de Québec, qu'ils soient libéraux, péquistes, bloquistes, conservateurs, souhaitent sa réalisation. Pour cette raison, on peut croire que le gouvernement conservateur trouvera bientôt une façon de se joindre au cortège.
La réalité, on s'en doute, pourrait ne pas être si rose, et cela, même si les Nordiques revenaient à Québec. Les coûts estimés à 400 millions aujourd'hui pour ce projet s'élèveront à combien lorsque la construction sera terminée en 2015? Le gouvernement du Québec s'est engagé à payer la moitié de la facture. Il peut assumer des coûts supplémentaires sans que ses finances soient déséquilibrées. Québec n'a pas la même capacité financière. Tant mieux si tout va bien. Mais dans quelques années, certains pourraient avoir des regrets quand ils auront à payer une taxe spéciale pour le nouveau Colisée.
Si les avantages de ce projet sont nombreux, les risques le sont tout autant. Ce n'est pas sans raison qu'aucune entreprise privée n'est associée au projet qui ne se financera qu'avec l'argent public, celui du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec, celui à venir du gouvernement fédéral et celui des gens ordinaires qui ont déjà mis la main à leur poche pour une somme de 13 millions. C'est ainsi, parce que ce projet ne peut être rentable en soi.
Le risque le plus grand vient du fait qu'on lance ce projet sans aucune garantie que l'amphithéâtre aura un locataire permanent qui aidera à supporter les frais d'entretien. Même si le maire Labeaume et le patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, forment un tandem redoutable, rien n'assure qu'ils réussiront à convaincre la LNH de donner à Québec l'équipe de hockey dont ils rêvent. Régis Labeaume, qui fait souvent référence à son expérience d'entrepreneur privé, ne se lancerait sans doute pas ainsi tête baissée si c'était son propre argent qui était en jeu.
Sans le retour des Nordiques, ce bel amphithéâtre servira à quoi? À des tournois de hockey pee-wee ou junior? À des concerts? À quelques événements sportifs internationaux? Les revenus générés seront à peine suffisants pour payer les frais courants de gestion, tels l'éclairage, la climatisation, le ménage. Contrairement à Montréal, où le Centre Bell est rentable, le nouveau Colisée de Québec ne pourra générer un niveau d'activités et de revenus comparables, faute de pouvoir s'alimenter à un bassin démographique équivalent.
Le maire Labeaume et le premier ministre Jean Charest présentaient hier en conférence de presse ce projet, l'air est connu, de façon idyllique, forts de l'appui populaire qu'ils savent très grand. D'ailleurs, presque tous les politiciens de Québec, qu'ils soient libéraux, péquistes, bloquistes, conservateurs, souhaitent sa réalisation. Pour cette raison, on peut croire que le gouvernement conservateur trouvera bientôt une façon de se joindre au cortège.
La réalité, on s'en doute, pourrait ne pas être si rose, et cela, même si les Nordiques revenaient à Québec. Les coûts estimés à 400 millions aujourd'hui pour ce projet s'élèveront à combien lorsque la construction sera terminée en 2015? Le gouvernement du Québec s'est engagé à payer la moitié de la facture. Il peut assumer des coûts supplémentaires sans que ses finances soient déséquilibrées. Québec n'a pas la même capacité financière. Tant mieux si tout va bien. Mais dans quelques années, certains pourraient avoir des regrets quand ils auront à payer une taxe spéciale pour le nouveau Colisée.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

