Josée Néron succède à Jean Tremblay à Saguenay

Josée Néron
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Josée Néron

Au revoir à Jean Tremblay, bienvenue à Josée Néron. Les électeurs de Saguenay étaient en voie dimanche de remplacer leur coloré maire des 20 dernières années par celle qui dirigeait jusqu’ici l’opposition officielle au conseil municipal.

Le message de la comptable de carrière, « Je suis le changement », semble avoir été entendu : au moment d’écrire ces lignes, l’Équipe du renouveau démocratique de Josée Néron obtenait 6016 voix, profitant d’une majorité de 2484 voix.

Le candidat Jean-Pierre Blackburn prenait quant à lui la deuxième place, avec 3532 votes. Les aspirants maires Arthur Gobeil et Dominic Gagnon se contentaient de 2237 et 880 voix, respectivement.

L’élection de Josée Néron, une candidate expérimentée qui a profité du soutien des élus saguenéens du Parti québécois, a confirmé la tendance observée dans les sondages menant à l’élection. Le plus récent coup de sonde lui accordait 41,2 % des voix, contre 31,9 % pour Jean-Pierre Blackburn.

« Je suis vraiment fière, vraiment contente que la population m’ait fait confiance. Je peux vous jurer que je ne la décevrai pas », a réagi la nouvelle mairesse, originaire de Chicoutimi, dans une courte entrevue avec Le Devoir. « Ça va être totalement différent de ce qu’on a connu auparavant à Saguenay. […] Le pouvoir va revenir au niveau du conseil municipal, parce qu’en ce moment, il est concentré au comité exécutif », a dit celle qui s’était engagée, en campagne, à ramener plus de transparence et d’imputabilité à l’hôtel de ville.

Jean-Pierre Blackburn, député conservateur de Jonquière-Alma de 2006 à 2011, a dû se contenter de la deuxième place. L’homme d’affaires avait fait campagne en promettant d’améliorer l’état des routes et l’accès au transport en commun. Il s’était aussi engagé à développer deux minicentrales hydroélectriques dans le secteur de Jonquière.

La campagne municipale à Saguenay a connu son lot de rebondissements, jusqu’à la toute dernière minute. Le propriétaire de la Fromagerie Boivin et conseiller sortant de La Baie, Luc Boivin, a annoncé samedi matin son retrait de la campagne, pour des raisons familiales et professionnelles. Le nom de celui qui se présentait sous la bannière du parti de l’ex-maire Tremblay, le Parti des citoyens de Saguenay (PCS), a dû être biffé des bulletins de vote à la veille du vote.

Mais l’événement qui aura le plus alimenté les discussions de cette campagne aura sans contredit été la volte-face de Jean-Pierre Blackburn. Au mois d’août, celui qui était le successeur désigné de Jean Tremblay au PCS a annoncé qu’il se présentait finalement comme indépendant, sous prétexte de vouloir s’extirper du « carcan » que lui imposait le maire sortant. C’est donc l’urgentologue Dominic Gagnon qui s’est lancé dans la course sous la bannière du parti du maire Tremblay. Le médecin a promis un gel de taxes, en plus de faire la promotion des « saines habitudes de vie » pour les citoyens de Saguenay.

Arthur Gobeil, un associé-conseil de la firme Raymond Chabot Grant Thornton à Chicoutimi, avait quant à lui sauté dans l’arène en promettant une gestion prudente des finances de la Ville.

L’ensemble des candidats, à l’exception de Dominic Gagnon, s’était aussi engagé à réformer, par divers moyens, l’organisme de développement économique Promotion Saguenay. La création de Jean Tremblay, qui gère depuis 2002 un portefeuille de 6,5 millions, s’est valu bon nombre de critiques de la part des candidats, qui lui ont reproché son opacité et sa proximité avec l’administration du maire sortant.