L’enjeu du transport a monopolisé les débats électoraux

Prolongement d’autoroutes, voies réservées aux cyclistes et aux autobus, gratuité du transport collectif pour différentes populations : partout au Québec les candidats aux élections ont fait des enjeux du transport un des principaux thèmes de leur campagne.

À Montréal, où les gens ne se privent pas de pester quotidiennement contre la multiplication des bouchons et des cônes orange, la question du transport occupe le haut du pavé.

Le niveau infernal des travaux routiers dans la métropole a plombé la campagne du maire Denis Coderre… même s’il ne peut pas être tenu pour responsable de tous les retards de ses prédécesseurs à agir. Le sujet a pris une ampleur insoupçonnée lorsque son adversaire de Projet Montréal, Valérie Plante, a lancé son projet de créer une nouvelle ligne de métro, la ligne rose.

Un projet spectaculaire de 29 kilomètres, estimé à 5,9 milliards, alors que Denis Coderre évalue plutôt la facture à 10 milliards. Plusieurs interrogations subsistent, évidemment, sur la capacité de Montréal et des gouvernements supérieurs à financer un tel projet si Mme Plante l’emporte dimanche.

Le thème du transport a également pris une tournure plus dramatique à la suite de la mort du jeune cycliste Clément Ouimet, sur le mont Royal, qui a mis en relief la cohabitation houleuse entre cyclistes et automobilistes. Dans la foulée, Denis Coderre a promis d’améliorer la sécurité des cyclistes et d’implanter des pistes cyclables surélevées, alors que la chef de Projet Montréal a évoqué l’aménagement d’un réseau cyclable de 140 kilomètres sécurisé, séparé des véhicules.

Le maire sortant s’est aussi engagé à introduire une « tarification sociale » dans les transports collectifs et la gratuité pendant quatre fins de semaine. Valérie Plante offrirait plutôt un tarif réduit de 40 % à tous les Montréalais à faibles revenus et la gratuité pour les enfants jusqu’à 12 ans et les usagers de plus de 65 ans. Les deux candidats veulent également réduire la circulation des gros camions en ville.

À Québec, comme prévu, le transport est constamment revenu sur le devant de la scène. La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a notamment plaidé pour la création d’un tramway. Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a aussi fait du transport son slogan, répétant qu’« un vote pour Mme Guérette, c’est un vote pour le tramway, un vote pour Labeaume, c’est pour le SRB [service rapide par bus], et un vote pour Jean-François Gosselin, c’est pour le troisième lien à l’est ». Les discussions sur l’utilité réelle de ce troisième lien ont fait rage tout au long de la campagne.

Lors d’un débat opposant les trois candidats, le maire Labeaume a fait valoir que l’issue du vote ne déterminera pas le sort de son idée de « réseau de transport structurant » ou celle d’un troisième lien Québec-Lévis. Il a plutôt convié ses électeurs à lui « confier un mandat fort » pour que Québec se mette à l’heure de la mobilité urbaine et comble les lacunes de son réseau de transport en commun.

L’enjeu du transport s’est aussi invité dans les débats hors des grandes villes. À Longueuil, les candidates à la mairie, Josée Latendresse et Sylvie Parent, ont entre autres promis de faire pression sur les gouvernements pour accélérer le prolongement du métro sur la Rive-Sud.

À Brossard, où le développement exceptionnel survenu autour du quartier Dix30 va s’accroître après le lancement du mégaprojet Solar Uniquartier, la congestion routière soulève la grogne. Doreen Assaad, adversaire du maire sortant, Paul Leduc, appuie ces projets, mais à la condition de gérer le flot de véhicules. « Il y a des goulots d’étranglement pour les citoyens du secteur du Dix30, affirme-t-elle. Certains disent que c’est un cauchemar. »

À Laval, les opposants au maire sortant, Marc Demers, promettent tous des tarifs réduits pour les usagers du transport en commun. Ce dernier a hissé parmi ses priorités l’ajout de stations de métro à Laval et la création d’une voie centrale réservée aux autobus sur le terre-plein de l’autoroute 15. Un projet appuyé aussi par plusieurs élus des villes riveraines.

Les exemples se sont multipliés partout au Québec. Or, si l’amélioration du transport en commun semble une promesse obligée chez tous les aspirants maires, l’Association du transport urbain du Québec rappelle que tous ces engagements ont un coût. Compte tenu du niveau annuel de taxation des municipalités, il faudra trouver de nouvelles avenues de financement, dit-elle. Il faudra aussi combattre l’étalement urbain, « qui rend plus difficile et plus coûteuse l’extension des réseaux de transport en commun ».

4 commentaires

Consultez la suite du dossier

  • Marguerite Paradis - Abonnée 4 novembre 2017 06 h 16

    À MONTRÉAL, LA PRIORITÉ : TRANSPORT COLLECTIF

    Le dernier devoir de nos futurEs éluEs municipaux : prendre le métro jusqu'à la station Henri-Bourassa et ensuite prendre une autobus vers l'est... Vous comprendrez l'importance de se donner un service de transport en commun qui réponde aux besoins des citoyens, citoyennes de Montréal avant de dépenser notre $ après des « riches » promoteurs de ceci et de cela.
    M.P.

  • Denis Paquette - Abonné 4 novembre 2017 09 h 52

    un plan directeur vigoureux

    il est évident que les grandes villes le besoin de revoir périodiquement ses stuctutes mais comment le faire sans compromette les acquis, c'est vraiment la quadrature, être capable de changements et capable de conserver , peut être faudrait-il mieux identifier les zones peut être y a-t-il des quartiers qu'il ne faut pas toucher,ne pas avoir un ordre de priorités rigoureux peut conduire a la pagaille que nous connaissons,mon opinion est que tout devrait se faire au niveau du plan directeur et surtout pas être laissé aux différents contracteurs, c'est apprendre de nouvelles façons de faire

  • Denis Paquette - Abonné 4 novembre 2017 10 h 09

    plus une affaire de leadership

    une ville peut-elle toujours être diriger par un autocrate, monsieur Coderre semble croire que oui , je n'en suis pas sur, car c'est imposer aux citoyens sa volonté, je crois qu'il faut agir en amont ,c'est -a-dire , agir au niveau du plan directeur et arriver a créer une vraie synergie , je crois qu'a l'origine c'est plus une affaire de leadership que d'autorité

  • Jacques Patenaude - Abonné 4 novembre 2017 10 h 14

    Le troisième lien à Québec

    Ce projet qui coûterait une fortune aux contribuables de tout le Québec pour tout simplement engorger davantage les routes dans la région de Québec n'est pas un enjeu de cette seule région. C'est un projet coûteux et inutile qu’on devra surveiller à la prochaine élection provinciale. Il sera tentant pour certains partis politique d'acheter des votes dans la région de Québec avec un tel leurre.