Brossard, la ville «à la croisée des chemins»

Le développement de nouveaux projets est une bonne nouvelle, mais à condition de limiter les impacts environnementaux, rappellent des candidats à la mairie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le développement de nouveaux projets est une bonne nouvelle, mais à condition de limiter les impacts environnementaux, rappellent des candidats à la mairie.

Avec la construction du nouveau pont Champlain, l’accès au futur Réseau électrique métropolitain (REM) et le développement de projets immobiliers de plus de 2 milliards, la municipalité de Brossard, au sud de Montréal, deviendra plus que jamais un pôle incontournable de la région métropolitaine. Et dimanche, celui ou celle qui obtiendra les clés de la Ville aura le pouvoir d’en façonner le visage pour les années à venir.

En 2006, l’ouverture du quartier DIX30 a marqué le début d’un développement sans précédent à Brossard. En dix ans, ce centre commercial situé à l’intersection des autoroutes 10 et 30, construit sur d’anciennes terres agricoles, a permis à la municipalité d’attirer les investissements et de faire croître sa population de 20 %. Mais ce n’est qu’un début.

De l’autre côté de l’autoroute 10, le projet Solar Uniquartier, qui représente un investissement de 1,3 milliard, pourrait devenir le « nouveau centre-ville de la Rive-Sud » avec ses 2600 unités résidentielles, ses espaces commerciaux et sa place publique, selon le promoteur Devimco.

Ce quartier aura accès à l’une des stations du futur REM, qui devrait entrer en service de manière progressive dès 2020, tandis qu’un autre projet de 2000 logements, évalué à 800 millions, devrait voir le jour à proximité de la station Panama, à quelques kilomètres de là. Sans compter le nouveau pont Champlain, qui devrait être livré au plus tard à l’été 2019.

« Brossard est vraiment à la croisée des chemins, constate le candidat à la mairie de Brossard Hoang Mai. Je pense que les décisions qu’on va prendre dans les quatre prochaines années pourront avoir un impact sur les 100 prochaines. »

Développement contrôlé

« Brossard vit une situation qui va être enviée par toutes les villes du Québec. Il faut saisir cette opportunité », affirme la candidate Doreen Assaad, qui a quitté l’équipe du maire sortant, Paul Leduc, pour fonder son propre parti.

Le développement de nouveaux projets est une bonne nouvelle, dit-elle, mais à condition de limiter la congestion routière. « Il y a des goulots d’étranglement pour les citoyens du secteur du DIX30, affirme-t-elle. Certains disent que c’est un cauchemar. »

Elle s’engage donc à faire pression sur Québec, sur les promoteurs et sur les responsables du transport collectif pour éviter que les habitants vivent des années de calvaire.

L’ancien maire de Brossard Jean-Marc Pelletier fait le même constat, jugeant que les problèmes de circulation sont déjà « énormes ». Le candidat à la mairie promet d’engager des firmes spécialisées pour trouver des solutions concrètes.

Hoang Mai, lui, ne veut pas « répéter les erreurs du passé » en créant de nouveaux îlots de chaleur. Il promet un développement durable, en tenant compte de l’environnement, des familles et des plus démunis.

« Ç’a été complètement mis de côté par l’administration actuelle, soutient-il. C’est bien de développer des centres commerciaux, mais il ne faut pas oublier les citoyens. »

En quête de son sixième mandat à la mairie de Brossard, Paul Leduc reste de marbre face aux critiques. À 80 ans, il a toujours la volonté de poursuivre le développement amorcé depuis son retour à l’hôtel de ville, en 2009. « C’est assez extraordinaire, ce qui se passe à Brossard, souligne-t-il.

Ce n’est pas d’hier qu’on travaille sur ces projets-là. […] Ce n’est pas de l’improvisation, au contraire. »

Enjeux éthiques

Mis à part les projets d’envergure et les dossiers qui sont sur la table depuis des années, comme l’avenir du boulevard Taschereau, les quatre candidats à la mairie font surtout campagne sur le thème de l’éthique.

Le plus récent mandat de Paul Leduc a été marqué par une vague de départs au sein de l’administration municipale, par des soupçons d’ingérence des élus dans le travail des fonctionnaires et par deux enquêtes en déontologie de la Commission municipale du Québec (CMQ). Même si M. Leduc vient d’être blanchi par la CMQ dans un des deux dossiers qui l’impliquent, il demeure la cible de ses adversaires.

« C’est une campagne de salissage qui a débuté il y a un an, lancée par des gens qui n’ont pas de réalisations, se défend-il. Il n’y a aucune accusation déposée contre moi, et il n’y en aura pas. »

Jean-Marc Pelletier, qui insiste lui aussi sur l’importance de l’intégrité, est quant à lui sur la sellette depuis la publication d’articles qui mettent en doute son éligibilité au poste de maire en raison de son lieu de résidence.

« Je respecte la loi intégralement, complètement et entièrement », répond-il.

Principaux engagements des candidats

Doreen Assaad (Brossard ensemble)

Gel de l’impôt foncier jusqu’en 2020

Création d’un poste de protecteur du citoyen

Adoption d’une norme anticorruption

Hoang Mai (indépendant)

Gel de l’impôt foncier jusqu’en 2020

Aménagement d’un nouveau parc le long du fleuve Saint-Laurent

Élimination de la « taxe Bienvenue » pour les acheteurs qui restent à Brossard

Paul Leduc (Priorité Brossard)

Gel de l’impôt foncier jusqu’en 2020

Création d’un nouveau centre pour les entreprises émergentes

Création d’un comité citoyen sur la ville intelligente

Jean-Marc Pelletier (Renouveau Brossard)

Baisse de l’impôt foncier de 5 %

Abolition des primes versées aux conseillers municipaux

Élimination de la « taxe Bienvenue » pour les acheteurs qui restent à Brossard


1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 1 novembre 2017 09 h 09

    Et aussi

    une des villes les plus impersonnelles, sans caractère, et ennuyeuses que je connaisse. Quartiers isolés par les autoroutes, coupés de la Nature et du fleuve, sans grand parc.