Stanstead - Manifestation transfrontalière contre les éoliennes

Plus de 200 opposants au projet d’installation de deux éoliennes industrielles au Vermont, mais à un jet de pierre de résidences canadiennes, ont manifesté hier après-midi de part et d’autre de la frontière canado-américaine, à Stanstead et à Derby.

À l’extérieur de la Bibliothèque et Salle d’opéra Haskell - construite à cheval sur la frontière -, le sénateur de l’État du Vermont, Joe Benning, a exprimé ses vives réticences au projet de la société Encore Redevelopment.


L’élu du district Caledonia-Orange a notamment dit craindre que celui-ci ne brise la communauté frontalière.


Les députés d’Orford, Pierre Reid, et de Compton-Stanstead, Jean Rousseau, ont également ajouté leurs voix au concert de reproches à l’égard d’Encore Redevelopment.


«Pour l’endroit, la participation de 200, 250 personnes à une manifestation, c’est plus qu’exceptionnel. D’ailleurs, il y a beaucoup de gens qui n’avaient jamais entendu du projet auparavant et qui étaient présents», a souligné le directeur des pages culturelles du Devoir, Jean-François Nadeau. «Pour les représentants politiques qui étaient là, il est très très clair que, pour avoir un développement vert, ça prend aussi l’appui de la communauté. Ce n’est pas le cas actuellement», a ajouté M. Nadeau, propriétaire d’un terrain situé dans l’ombre que projetteraient les éoliennes.


Steve Therrien, qui réside à Sheffield (35 minutes de route au sud de Stanstead et Derby), ne s’est pas opposé au projet de construction d’une éolienne industrielle à environ 1 km de son domicile, a-t-il raconté hier, mais sa vie est désormais un cauchemar en raison du bruit assourdissant du moulin à vent.


À Derby, Encore Redevelopment prévoit d’ériger deux éoliennes de 125 m de hauteur non pas à 1 km, mais à environ 250 m de certaines résidences situées en territoire étranger, soit au Canada. Le maire de Stanstead, Philippe Dutil, a indiqué la semaine dernière qu’il couperait l’approvisionnement en eau de ses voisins établis à Derby si la société basée à Burlington continuait de faire la sourde d’oreille aux revendications de ses citoyens.

1 commentaire
  • Jean Bédard - Inscrit 10 mai 2012 14 h 01

    Le vent ne souffle pas également pour tout le monde‏

    Dans l'article du Devoir du 1er mai, "Stanstead songe à couper l'eau...", voilà ce que le député d'Orford, Pierre Reid, demande au promoteur:

    « Je pense que votre projet et votre approche montrent une méconnaissance de la vie frontalière. Les citoyens de Stanstead, Derby, Derby Center, Derby Line, Holland, appartiennent tous à une communauté frontalière harmonieuse. Ce sont des voisins qui vivent ensemble et qui s’entraident » (???), a écrit l’ancien ministre libéral avant d’inviter M. Ferrell à effectuer un « retrait stratégique ».

    Les secteurs touristique et immobilier pâtiraient également de l’apparition de deux moulins à vent dans le paysage de Stanstead, « encore un des beaux villages du Québec », minant à coup sûr le développement économique de la région « après 30 ans de difficultés majeures », selon Pierre Reid.

    Il faut croire que les citoyens de Kinnear's Mills (projet Les Moulins) de St-Ferdinand (projet l'Érable) et de St-Luc (projet Massif du Sud) ne s'entendaient pas assez bien, et que leur environnement n'est pas assez joli. Aussi avons-nous droit au haro des promoteurs, encouragés par le gouvernement, et sans consultation citoyenne. Ça nous apprendra...! à ne pas être assez beau et harmonieux!

    Peut-être l'ex-ministre Reid plaidera-t-il en faveur de l'implantation d'éoliennes près des universités? Pour leur apprendre les bonnes manières et harnacher le vent de la discorde... Sans compter le remboursement des frais afférents.


    Jean Bédard