Oka: Norfolk enterre la hache de guerre

Le représentant de la Financière Norfolk, Normand Ducharme, s’est dit persuadé d’en arriver à un accord sur le prix de vente de ses terrains avec la municipalité, à moins d’une «arnaque de dernière minute». Québec assumera une partie des coûts d’acquisition des terrains.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le représentant de la Financière Norfolk, Normand Ducharme, s’est dit persuadé d’en arriver à un accord sur le prix de vente de ses terrains avec la municipalité, à moins d’une «arnaque de dernière minute». Québec assumera une partie des coûts d’acquisition des terrains.

Le représentant de la Financière Norfolk, Normand Ducharme, enterre la hache de guerre avec le conseil municipal d'Oka, même s'il n'a toujours pas vendu ses terrains, d'une superficie de 1,2 hectare, à la municipalité. Il a remis aux calendes grecques sa prochaine visite à proximité de la fameuse pinède de Kanesatake où ceux-ci se trouvent.

«Je pense qu'on s'enligne sur une bonne voie. Les parties agissent de bonne foi. On devrait régler cette situation-là», a affirmé hier le promoteur immobilier. La municipalité d'Oka avait confirmé quelques minutes auparavant qu'une entente de principe était intervenue lundi entre Norfolk et le conseil municipal au sujet des étapes à venir.

Normand Ducharme s'est dit persuadé d'en arriver à un accord sur le prix de vente avec la municipalité, à moins d'une «arnaque de dernière minute». D'ailleurs, il s'est engagé à ne pas mettre les pieds, au cours des prochains mois, sur ses terrains, qu'il compte céder en échange de 400 000 $.

Le maire d'Oka, Richard Lalonde, a quant à lui rappelé qu'une transaction de cette importance ne se conclut pas en 48 heures. «Nous franchirons toutes les étapes légales nécessaires afin de mener à bien ce dossier», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Québec acquittera aussi la facture

Le gouvernement du Québec assumera une partie des coûts d'acquisition des terrains qui appartiennent à la Financière Norfolk, mais qui sont revendiqués par les Mohawks. Le ministère des Affaires municipales a «jugé recevable» une demande d'aide financière formulée, il y a environ un mois, par la municipalité. Le montant que versera Québec à Oka n'est toujours pas fixé, puisqu'il dépendra du coût final de la transaction. «On a répondu positivement à la demande de la Ville. Mais on laisse aller pour le moment les négociations entre les deux parties», a-t-on indiqué au cabinet du ministre Laurent Lessard.

Les médias font fausse route en martelant qu'il ne cherchait qu'à faire un coup d'argent, soutient M. Ducharme. Le dirigeant d'entreprise faisait toujours valoir hier que ses droits fondamentaux ont été sapés en toute impunité au cours des dernières semaines.

Sous forte escorte médiatique, l'homme avait essayé, vendredi dernier, d'aller faire l'inventaire des arbres morts ou malades sur ses terrains riverains de la route 344, où avaient été érigées et maintenues des barricades durant l'été 1990. Le coup de force qui a rapidement débouché sur une confrontation avec des Mohawks en colère l'avait forcé à rebrousser chemin.

«Dans ma carrière, je n'ai jamais vécu une histoire comme ça où j'ai des droits et on me dit: "Il y a des gorilles qui vont venir te menacer, te cracher au visage, qui vont te faire des voies de fait et qu'eux vont t'empêcher d'aller sur ton terrain"», a-t-il laissé tomber lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir, réfutant avec vigueur les accusations voulant qu'il ne craigne pas de compromettre la paix sociale en vue de conclure une bonne affaire. «Il y a effectivement un aspect commercial, je suis d'accord là-dedans, mais il y a aussi un aspect d'un Québécois qui est en tabarnak contre son gouvernement qui n'est pas capable de protéger ses droits.»
  • P. Boutet - Inscrit 11 août 2010 23 h 59

    Pourri

    "Les médias font fausse route en martelant qu'il ne cherchait qu'à faire un coup d'argent, soutient M. Ducharme. Le dirigeant d'entreprise faisait toujours valoir hier que ses droits fondamentaux ont été sapés en toute impunité au cours des dernières semaines."

    Comment un homme sensé peut croire qu'il pourra construire sur un terrain revendiqué par les Mohawks?

    Tout ceci est de la poudre aux yeux. Le promoteur connaissait la valeur de ce terrain en terme de danger public. Il savait qu'il ne pourrait jamais rien construire sur ce terrain mais savait également qu'avec la panique générée par une confrontation il pourrait avoir son prix.

    Je mettrais ma main au feu qu'il y a du politique la dedans parce que seulement pour une question d'argent il aurait pu demander 1 million de dollars.