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La FTQ met Charest en garde contre l'imposition d'un décret

9 décembre 2005  Québec
Québec — S'il veut éviter de «fourrer la machine» de l'État, le gouvernement Charest devra renoncer à décréter les conditions de travail des 450 000 employés du secteur public, a prévenu hier le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Henri Massé.

«Quand il y a des décrets, vous démobilisez, vous démotivez, vous fourrez la machine, faites pas ça! Même les associations patronales le disent», a lancé M. Massé à l'intention de ses interlocuteurs gouvernementaux au cours d'un point de presse à Québec.

S'il dépose une loi d'exception, le gouvernement Charest va vite se rendre compte qu'il a pris une fort «mauvaise décision», a ajouté la FTQ, laissant entendre que l'amertume des employés de l'État aurait des répercussions sur les services rendus à la population.

M. Massé compte bien répéter cet avertissement on ne peut plus clair à Jean Charest aujourd'hui, à l'occasion d'une rencontre prévue en début d'après-midi au bureau montréalais du premier ministre.

D'ailleurs, cette rencontre des dirigeants du Front commun syndical FTQ-CSN avec le premier ministre Charest pourrait bien être celle de la «dernière chance» pour éviter le naufrage des négociations, pense le leader de la FTQ.

«Ça se pourrait que ce soit la rencontre de la dernière chance, malgré qu'il y ait encore une couple de semaines devant nous [pour conclure une entente négociée]. Mais si cette rencontre ne fonctionne pas, on essaiera d'en avoir une autre. Un premier ministre, ça peut se rencontrer plus d'une fois par année», a-t-il fait valoir.

Pour faciliter une entente, la FTQ est disposée à faire «son bout de chemin» mais la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, devra elle aussi ouvrir son jeu, a insisté M. Massé.

Même si la ministre a promis de régler le dossier avant «la dinde» de Noël, la FTQ en appelle aujourd'hui à plus de souplesse et souhaite poursuivre les pourparlers après les Fêtes si aucun accord ne se profile d'ici la fin de l'année.

Chose certaine, la centrale ne laissera jamais sans réplique un éventuel coup de force du gouvernement libéral, a averti le président Massé. «Il y aura des suites importantes dans les relations entre le gouvernement et les syndicats. C'est clair que la FTQ n'acceptera pas ça. Tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Vous verrez.»






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