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Sitôt élu, Boisclair fait face au feu nourri des fédéraux

Alec Castonguay   17 novembre 2005  Québec
André Boisclair
Photo : Jacques Nadeau
André Boisclair
Ottawa — L'élection d'André Boisclair à la tête du Parti québécois mardi soir a suscité de fortes réactions sur la colline parlementaire fédérale hier. Pendant que Gilles Duceppe exprimait sa joie, que Stephen Harper n'osait pas s'avancer et que Paul Martin offrait ses félicitations ironiques, certains députés et ministres du gouvernement libéral fédéral ne se gênaient pas pour attaquer brutalement le nouveau chef des troupes souverainistes au Québec.

Les libéraux fédéraux, qui ont à peine commenté la course au leadership du PQ depuis juin dernier, sont sortis de leur mutisme de manière fracassante hier. L'offensive la plus cinglante est venue du ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, qui a affirmé que le PQ était «passéiste» et que le discours de M. Boisclair «ne tient pas la route». «C'était une soirée-hommage à des losers. Un loser après l'autre. Et c'était le soir de l'élection du prochain loser», a-t-il lancé, mordant, à sa sortie de la période de questions.

Selon lui, le PQ est un parti «chicanier» qui n'est même pas capable de reconnaître le travail de ses anciens chefs. «Tous les chefs célébrés hier, sauf Lévesque, étaient encore vivants. Or M. Johnson, M. Parizeau et M. Bouchard n'étaient pas là. Et on n'a même pas fait un hommage à Bernard Landry. Ça en dit long sur le PQ», a-t-il soutenu. Le ministre estime que M. Boisclair se démarque par son absence d'idées et que le temps qu'il passera à la tête du PQ est déjà compté. «Regardez bien ce que les purs et durs vont faire avec lui. Je me disais: pauvre André, bonne chance!»

Peur de Boisclair?

Est-il un adversaire redoutable en raison de son dynamisme et de sa jeunesse, ce qui expliquerait ces commentaires acerbes? ont demandé les journalistes. Pierre Pettigrew a répondu par un grand rire désinvolte, alors que le ministre Jean Lapierre a soutenu que le couronnement d'André Boisclair «était le meilleur moment» de la carrière du nouveau chef et que ce dernier ne pourrait pas gagner les prochaines élections.

«Hier [mardi soir], j'étais vraiment content pour Jean Charest, a déclaré M. Lapierre. Il aura en face de lui un leader uniquement préoccupé par le prochain référendum. [Mardi], c'était André au pays des merveilles. Tout allait bien pour lui. Mais c'est l'adversaire le plus facile pour Jean Charest qui a gagné.» M. Lapierre, qui a fait plusieurs entrevues avec les deux principaux candidats lorsqu'il était journaliste à CKAC et à TQS, estime que Mme Marois «était beaucoup plus solide» et une adversaire «beaucoup plus dure» pour le camp fédéraliste. «Boisclair a la peau mince», a-t-il soutenu.

Tout comme l'avait affirmé le député et ex-ministre Denis Coderre plus tôt dans la journée, Jean Lapierre a soutenu que la consommation passée de cocaïne d'André Boisclair reviendrait éventuellement sur le tapis. «Tout va être un enjeu, a-t-il dit. Quand on est dans la vie publique, tout devient un enjeu et c'est le public qui va juger. Je suis certain que M. Boisclair se fera poser beaucoup de questions dans les prochains mois.» Plus tôt, Denis Coderre avait soutenu que «plusieurs questions restaient sans réponses» à ce sujet.

La ministre du Patrimoine, Liza Frulla, a toutefois eu des commentaires plus mesurés sur André Boisclair, qui a été son premier critique à l'Assemblée nationale, a-t-elle rappelé. «D'emblée, je lui souhaite bonne chance, surtout parce que son parti dispose de ses chefs comme d'un vieux mouchoir. C'est sincère, je lui souhaite bonne chance.» Selon elle, le fait que M. Boisclair parle directement d'un référendum dans la première moitié d'un mandat péquiste est une bonne chose. «Ce que j'aime, c'est qu'il y a clairement deux façons de voir le Québec. J'aime mieux faire affaire avec une position très campée.»

De son côté, le premier ministre Paul Martin n'a pas voulu s'étendre sur le sujet, lui qui quittait le pays hier en direction de la Corée du Sud. «Je félicite M. Boisclair et j'espère qu'il sera chef de l'opposition vraiment longtemps», a-t-il simplement lancé, sourire aux lèvres. Le leader conservateur, Stephen Harper, a préféré jouer de prudence. «On a au Québec un gouvernement fédéraliste et j'espère qu'il sera là longtemps, a-t-il dit. Je ne veux pas analyser la situation au Québec, mais je pense vraiment que les Québécois sont attachés au Canada.»

Évidemment, au Bloc québécois, la nouvelle de l'élection d'André Boisclair a été bien accueillie hier. «C'est formidable comme exercice démocratique, il va faire un excellent premier ministre du Québec», a commenté le leader en Chambre du Bloc, Michel Gauthier. Pour Gilles Duceppe, «c'est une belle victoire». «En plus, le résultat suit les sondages qui ont été menés dans la population en général, ce qui montre que le PQ est en symbiose avec le Québec. Ça, c'est significatif.»






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  • Marie-France Legault
    Inscrite
    samedi 4 février 2006 21h56
    L'élection de Boisclair....
    « Il ne faut pas oublier que Monsieur Boisclair a obtenu 53.68% des votes. Et 76% des membres ont voté soit: 104,577 sur une possibilité de 140,000 membres en règle ayant leur carte.

    Donc il y a 35,423 membres qui n'ont pas voté.
    Certains se sont procurés leur carte à la dernière minute.

    Il n'a pas été choisi par TOUS les québécois, seulement par les membres du P.Q.
    Il ne réflète pas la PENSÉE de tous les québécois...
    Il ne fait pas consensus même dans son parti.
    Toutes ses déclarations ne font pas l'unanimité parmi le membres du P.Q.
    Autrement dit c'est une élection p..........
    diraient certains québécois et même certains
    souverainistes clairvoyants et réalistes... »

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