De faux membres du PQ sont parvenus à voter
Le chien Pixelle Daoust, l’un des faux membres du PQ qui ont voté.
Au moins une dizaine de faux membres ont participé au scrutin téléphonique qui a conduit hier soir à l'élection du sixième chef du Parti québécois. Dont un chien nommé Pixelle Daoust et un être végétal du nom de Gilbert Laplante.
Lorsque le Globe and Mail a révélé la chose hier matin, plusieurs ont tout de suite vu dans cet attentat humoristique la signature d'Infoman. Ils avaient raison. «De jeunes péquistes qui avaient décelé des failles dans le système sont venus vers nous et on a élaboré un plan avec eux», a raconté au Devoir Maude Vachon, recherchiste à l'émission politico-humoristique de Radio-Canada animée par Jean-René Dufort. Selon Mme Vachon, huit jeunes de moins de 16 ans (l'âge d'admissibilité pour participer au suffrage) ont aussi pu obtenir une carte et voter par téléphone à l'élection, laquelle s'est déroulée de 8h dimanche à 17h hier.
La présidente du Parti québécois, Monique Richard, a affirmé hier que le phénomène était extrêmement marginal et donc pas de nature à décrédibiliser le processus électoral. «Ça se déroule très bien», a-t-elle rétorqué, soulignant qu'au moins 100 000 membres ont exercé leur droit de vote, soit environ 75 % des membres. «En comparaison, 47 % des membres du Bloc seulement ont participé à l'élection de leur chef. Quant au taux de participation lors de la dernière élection du chef du PQ de 1985, il fut de 45 %», a noté Mme Richard.
Autres faits?
Mais cette dernière n'avait pas eu vent d'autres faits troublants — sans lien avec les membres Daoust et Laplante — qui ont été portés à l'attention d'un des candidats à la chefferie, Jean-Claude St-André. Ce dernier a toutefois refusé de préciser ces allégations, se contentant de rappeler qu'en début de campagne, au mois de septembre, il avait averti la direction du parti par une lettre cinglante que «le système choisi ouvrait grande la porte à des irrégularités». Toutes ces irrégularités réelles ou présumées viennent confirmer selon lui les craintes qu'il avait exprimées dès septembre.
Présumer de la mauvaise foi
Chose certaine, le canular d'Infoman a un peu gâché la toute dernière journée de campagne à la direction du Parti québécois. Les relationnistes du parti s'en désolaient hier, car ils ont dû expliquer sans cesse aux médias le système de vérification des membres du parti.
Comme Mme Richard, ils soutiennent que l'identité de chacun des quelque 80 000 nouveaux membres a été contre-vérifiée sur la liste électorale. «On a même passé un coup de fil à 25 % d'entre eux afin de vérifier leur identité», a précisé le porte-parole du Parti québécois, Joël Simard-Ménard. Plusieurs faux membres — on n'a pas voulu nous révéler de chiffre précis — ont même été éliminés à la suite de ces vérifications. Quant à ceux qui avaient 16 ou 17 ans et qui forcément ne figuraient pas sur la liste électorale québécoise, ils auraient «tous» été contactés par téléphone, a assuré Mme Richard. «Certains ont abusé de notre bonne foi, c'est tout», a dit M. Simard-Ménard.
«Mais dans une élection, il ne faut pas présumer de la bonne foi des gens, mais de leur mauvaise foi! Je n'ai jamais vu un fraudeur être de bonne foi!», lançait avec ironie l'animateur Jean-René Dufort, hier après-midi. Les jeunes péquistes qui l'ont contacté avaient «peur que les plus grosses machines puissent utiliser ces failles dans le système» pour gonfler les votes de leur candidat, raconte-t-il. Selon l'animateur, la facilité avec laquelle son équipe a pu faire adhérer un chien et une plante au Parti québécois devrait être considérée comme un fait très inquiétant pour les candidats qui ont perdu. Aussi, contrairement à ce que dit le parti, «personne n'a jamais rappelé le petit pitou [Pixelle Daoust] pour lui demander s'il était vraiment un être humain».
Selon lui, l'élection d'un chef de parti qui pourrait devenir le chef du gouvernement et même le fondateur d'un pays aurait dû se faire à la «bonne vieille méthode des bureaux de vote, avec vérification des cartes d'identité».
Aux élections québécoises du 30 novembre 1998, Jean-René Dufort, alors de l'émission La fin du monde est à sept heures, avait réussi à voter cinq fois. «Après, ils n'avaient pas eu le choix de changer la loi pour obliger à un contrôle d'identité», dit-il fièrement.
Lorsque le Globe and Mail a révélé la chose hier matin, plusieurs ont tout de suite vu dans cet attentat humoristique la signature d'Infoman. Ils avaient raison. «De jeunes péquistes qui avaient décelé des failles dans le système sont venus vers nous et on a élaboré un plan avec eux», a raconté au Devoir Maude Vachon, recherchiste à l'émission politico-humoristique de Radio-Canada animée par Jean-René Dufort. Selon Mme Vachon, huit jeunes de moins de 16 ans (l'âge d'admissibilité pour participer au suffrage) ont aussi pu obtenir une carte et voter par téléphone à l'élection, laquelle s'est déroulée de 8h dimanche à 17h hier.
La présidente du Parti québécois, Monique Richard, a affirmé hier que le phénomène était extrêmement marginal et donc pas de nature à décrédibiliser le processus électoral. «Ça se déroule très bien», a-t-elle rétorqué, soulignant qu'au moins 100 000 membres ont exercé leur droit de vote, soit environ 75 % des membres. «En comparaison, 47 % des membres du Bloc seulement ont participé à l'élection de leur chef. Quant au taux de participation lors de la dernière élection du chef du PQ de 1985, il fut de 45 %», a noté Mme Richard.
Autres faits?
Mais cette dernière n'avait pas eu vent d'autres faits troublants — sans lien avec les membres Daoust et Laplante — qui ont été portés à l'attention d'un des candidats à la chefferie, Jean-Claude St-André. Ce dernier a toutefois refusé de préciser ces allégations, se contentant de rappeler qu'en début de campagne, au mois de septembre, il avait averti la direction du parti par une lettre cinglante que «le système choisi ouvrait grande la porte à des irrégularités». Toutes ces irrégularités réelles ou présumées viennent confirmer selon lui les craintes qu'il avait exprimées dès septembre.
Présumer de la mauvaise foi
Chose certaine, le canular d'Infoman a un peu gâché la toute dernière journée de campagne à la direction du Parti québécois. Les relationnistes du parti s'en désolaient hier, car ils ont dû expliquer sans cesse aux médias le système de vérification des membres du parti.
Comme Mme Richard, ils soutiennent que l'identité de chacun des quelque 80 000 nouveaux membres a été contre-vérifiée sur la liste électorale. «On a même passé un coup de fil à 25 % d'entre eux afin de vérifier leur identité», a précisé le porte-parole du Parti québécois, Joël Simard-Ménard. Plusieurs faux membres — on n'a pas voulu nous révéler de chiffre précis — ont même été éliminés à la suite de ces vérifications. Quant à ceux qui avaient 16 ou 17 ans et qui forcément ne figuraient pas sur la liste électorale québécoise, ils auraient «tous» été contactés par téléphone, a assuré Mme Richard. «Certains ont abusé de notre bonne foi, c'est tout», a dit M. Simard-Ménard.
«Mais dans une élection, il ne faut pas présumer de la bonne foi des gens, mais de leur mauvaise foi! Je n'ai jamais vu un fraudeur être de bonne foi!», lançait avec ironie l'animateur Jean-René Dufort, hier après-midi. Les jeunes péquistes qui l'ont contacté avaient «peur que les plus grosses machines puissent utiliser ces failles dans le système» pour gonfler les votes de leur candidat, raconte-t-il. Selon l'animateur, la facilité avec laquelle son équipe a pu faire adhérer un chien et une plante au Parti québécois devrait être considérée comme un fait très inquiétant pour les candidats qui ont perdu. Aussi, contrairement à ce que dit le parti, «personne n'a jamais rappelé le petit pitou [Pixelle Daoust] pour lui demander s'il était vraiment un être humain».
Selon lui, l'élection d'un chef de parti qui pourrait devenir le chef du gouvernement et même le fondateur d'un pays aurait dû se faire à la «bonne vieille méthode des bureaux de vote, avec vérification des cartes d'identité».
Aux élections québécoises du 30 novembre 1998, Jean-René Dufort, alors de l'émission La fin du monde est à sept heures, avait réussi à voter cinq fois. «Après, ils n'avaient pas eu le choix de changer la loi pour obliger à un contrôle d'identité», dit-il fièrement.
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