samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le PQ renonce aux médias souverainistes

Robert Dutrisac   13 octobre 2005  Québec
Québec — La direction du Parti québécois a fait disparaître de son nouveau programme la mention, votée lors du congrès national du parti en juin dernier, selon laquelle «un gouvernement du Parti québécois formera des médias souverainistes».

Cette mention jugée indésirable, inscrite dans la version préliminaire du nouveau programme datée du 23 juin, a été remplacée en octobre par la formulation suivante: «Le Parti québécois entend créer un réseau de télévision et de radio national.»

Plusieurs députés péquistes et des membres de la direction du PQ trouvaient inacceptable qu'on suggère que le gouvernement du Québec puisse créer — et donc contrôler — des médias souverainistes, autant de petites Pravda mobilisées pour la cause. «Un gouvernement ne peut pas former de médias souverainistes. C'est contraire à la Charte [des droits et des libertés de la personne] et ça contrevient à la liberté d'expression», estime le député de Mercier, Daniel Turp, porte-parole en matière de culture et de communications.

La direction du parti ne peut pas s'arroger le pouvoir de modifier comme bon lui semble le programme adopté par les membres. Elle ne peut procéder à des changements que pour des raisons de concordance et de correction linguistique ou en cas d'erreur manifeste. Le porte-parole du parti, Joël Simard-Ménard, a expliqué hier que la mention sur les médias souverainistes faisait bel et bien partie d'une proposition adoptée lors de la plénière du congrès national mais qu'elle s'y retrouvait par erreur. Cette mention avait auparavant été rejetée lors de l'atelier qui portait sur le premier enjeu du programme — «Proposer un projet de pays» — et qui s'était déroulé la veille de la plénière, a-t-il soutenu. À la plénière, les membres ne pouvaient que voter pour ou contre les propositions, sans pouvoir les amender, mais ils avaient toutefois le loisir de les scinder. Ils auraient donc voté — les yeux fermés, en quelque sorte — pour une proposition-fleuve qui contenait, entre autres, cette volonté d'un gouvernement péquiste de se doter de ses propres médias pour promouvoir la souveraineté.

En atelier

C'est le Comité national des jeunes (CNJ) qui a proposé cette idée de créer des médias souverainistes à même les fonds publics au moment où les militants discutaient en atelier d'un amendement présenté par Marc Laviolette, du SPQ libre (Syndicalistes et progressistes pour le Québec libre). Hier, le président du CNJ, Claude Villeneuve, ne semblait pas tenir à cette idée et se disait satisfait de la formulation actuelle.

C'est l'amendement de M. Laviolette, visant la création d'un réseau de télévision et de radio national, qui se retrouve dans la dernière version du programme. Joint hier, M. Laviolette a souligné que, d'après les notes qu'il avait prises pendant l'atelier, son amendement avait été adopté tandis que celui du CNJ avait été battu.

On retrouve dans le programme deux références à un réseau national de radio et de télévision. Dans le chapitre 1, qui porte sur la réalisation de la souveraineté, on propose donc de créer ce réseau national au lendemain des élections. Dans le chapitre 2, qui traite de la promotion de l'identité, de la langue et de la culture, le PQ se fixe comme objectif de créer une radio publique nationale, de donner à Télé-Québec un mandat d'information régionale, nationale et internationale avec les moyens financiers appropriés et de lancer «le plus rapidement possible» une chaîne télévisuelle d'information continue.

Modifications

Par ailleurs, la direction du PQ s'est permis de modifier une formule qui se retrouvait un peu partout dans le programme. Au lieu de la formulation «un gouvernement du Parti québécois fera», on a préféré une tournure moins contraignante: «le Parti québécois entend» faire, créer, etc. Le programme ne lie plus directement un futur gouvernement du PQ: ce sera à la plate-forme électorale de le faire, a-t-on indiqué.

Autre changement effectué par la direction du parti, mais il s'agit dans ce cas de corriger une erreur manifeste: on a biffé le passage contenu dans la version préliminaire de juin où il est prévu d'étendre aux cégeps les dispositions de la loi 101 sur la langue d'enseignement qui visent les niveaux primaire et secondaire. Cette proposition, défendue notamment par Yves Michaud et Mario Beaulieu, a été battue lors du congrès.

La version du programme péquiste rendue publique la semaine dernière se veut presque finale, a-t-on signalé. Le programme sera officiellement adopté par la Conférence des présidents du PQ en décembre, donc après la course à la direction du parti.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Paul Paradis
    Inscrit
    jeudi 13 octobre 2005 17h17
    Ils sont déjà souverainistes
    « Je le crois bien que le PQ renonce à créer des médias souverainistes: les médias francophones québécois sont déjà en grande partie souverainistes! Pour en avoir une partie plus souverainistes que les autres, ce qu'il devrait faire serait d'en convaicre quelques-uns à n'être pas soverainistes. Ce qui n'est évidemment pas son intérêt... »

  • Marie-France Legault
    Inscrite
    vendredi 21 octobre 2005 09h27
    Le souhait de Pierre Bourgault.
    « Monsieur Bourgault avait affirmé:" La première année de l'Indépendance il faut contrôler tous les médias".

    Voilà qui est déjà fait. Cela se fait de façon sinueuse, louvoyante, imperceptible pour les citoyens naïfs et non avertis. Comme on dit en québécois: "ça crève les yeux"...Il n'y a que les aveugles volontaires qui ne voient rien.

    De là à créer des médias "souverainistes" il n'y a qu'un pas que certains refusent "officiellement" de franchir mais qui, "officieusement" se préparent peut-être à franchir dans le silence le plus total.
    Et un jour, ce sera fait. Nous serons devant un fait accompli. Il faut que les médias chantent les louanges de la Sécession, d'un pays où coulera le lait et le miel, où il n'y aura plus de problème de Santé, d'Éducation, d'Emploi de Dette ($115, milliards). C'est la pensée magique qui opère, indépendamment des difficultés inhérentes à un projet qui, si on veut être réaliste, rencontrera des difficultés énormes. Le Canada étant reconnu dans le monde comme étant un des MEILLEURS pays, donc le Québec n'a aucune raison MAJEURE de le quitter... »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009