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Les hommes feront les frais de l'équité salariale, dit Jérôme-Forget

8 octobre 2005  Québec
Monique Jérôme-Forget
Photo : Clément Allard
Monique Jérôme-Forget
Québec — Les hommes de la fonction publique devront se résoudre à faire les frais du règlement sur l'équité salariale, a indiqué hier la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.

«Certains hommes obtiendront de l'équité salariale, mais pour les postes occupés principalement et historiquement par des hommes, le maximum que les employés recevront, c'est 8 %», a dit la grande argentière de l'État, dans une entrevue accordée à la Presse canadienne.

La plus large part du gâteau de l'équité salariale ira au secteur de la santé, a-t-elle précisé. Infirmières et préposés aux bénéficiaires encaisseront assurément plus que la hausse de 12,6 % sur six ans consentie par le gouvernement du Québec.

«Certains groupes recevront 16 %. Les infirmières vont peut-être obtenir plus que 14 %. Il s'agit d'un cas de figure, je n'ai pas les chiffres, mais c'est clair que les infirmières vont recevoir plus que 12 %», a-t-elle dit.

Mais pour s'assurer que le cadre financier fixé par le gouvernement tienne la route, c'est-à-dire que la hausse de rémunération ne dépasse pas 3,2 milliards en six ans, les emplois dits «masculins», notamment les ouvriers et certains groupes d'employés de soutien, devront accepter des augmentations moindres.

«On apporte un correctif, a déclaré Mme Jérôme-Forget. Vous vous dites, dans le fond, peut-être qu'il y a des gens qui sont pénalisés à cause de ça parce que autrement il y aurait plus d'augmentations de salaires, mais c'est ainsi fait, la vie [...] On rééquilibre les erreurs du passé.»

Les centrales syndicales s'opposent cependant à cette interprétation que fait le gouvernement du processus de rééquilibrage des salaires.

En vertu de la loi sur l'équité, le coût des correctifs est à la charge exclusive de l'employeur, fait remarquer la CSN.

En enlevant aux hommes pour redonner aux femmes, Monique Jérôme-Forget tente de semer la discorde dans les rangs syndicaux, estime la présidente de la centrale, Claudette Carbonneau.

«Pour lui [le gouvernement], l'équité doit se réaliser à coût zéro et, en conséquence, il appartient aux hommes de payer, pas à l'employeur [...] C'est un détournement de la loi, c'est un piège pour dresser les hommes contre les femmes», a-t-elle lancé un peu plus tôt cette semaine à l'occasion d'un conseil confédéral de la CSN.

Mais la présidente du Conseil du trésor se défend bien de vouloir diviser pour mieux régner.

«Pas du tout. Vous comprendrez que ce n'est pas mon objectif, bien au contraire», a-t-elle simplement répliqué.

Du reste, Mme Jérôme-Forget a réservé une enveloppe de 450 millions de dollars pour «corriger les erreurs du passé» à l'égard des femmes, une somme qui, convient-elle, est loin de répondre aux attentes des syndicats.






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