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Baisses d'impôts: les patrons demandent à Charest de respecter sa promesse

29 septembre 2005  Québec
Québec — Estomaqué par la décision du gouvernement libéral de renier sa promesse de baisser les impôts, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Gilles Taillon, somme le premier ministre Jean Charest de ramener son ministre des Finances à l'ordre et de corriger le tir.

«Le premier ministre doit corriger cette situation-là. Je pense que c'était prématuré d'annoncer qu'il n'y aurait pas de baisses d'impôts dans le prochain budget», a dit M. Taillon, hier, en entrevue à la Presse canadienne.

Encore l'an dernier, rappelle le représentant des patrons, le ministre des Finances Michel Audet se faisait le héraut des vertus des baisses d'impôts pour stimuler la croissance économique. Son brusque changement de cap, annoncé avec candeur de surcroît, est bien déroutant, fait-il remarquer.

«Nous croyions avoir en face de nous un gouvernement sérieux qui avait un programme bien ficelé mais il est de plus en plus difficile de suivre leur logique», a-t-il laissé tomber.

Engagement central de la dernière campagne électorale, l'allégement, année après année, du fardeau fiscal des contribuables ne peut pas être balayé sous le tapis à la première occasion, estime le président du CPQ.

«Jean Charest doit clarifier cette situation. C'était au coeur même du programme électoral et il ne peut échapper à l'obligation de faire une mise au point là-dessus», a-t-il dit.

D'autant plus, a poursuivi M. Taillon, que la décision de ne pas offrir de baisses d'impôts aux contribuables l'an prochain a été annoncée avant même de connaître l'ensemble des données financières à la disposition du gouvernement.

«C'est surprenant qu'en plein milieu d'une année financière, alors que nous ne sommes pas encore en période budgétaire, on nous annonce une décision à l'égard des baisses d'impôts.»

Loin de justifier l'abandon de la promesse libérale, la situation budgétaire précaire de l'État devrait au contraire inciter le ministre des Finances à maintenir le cap, pense le patron du CPQ.

«Une baisse d'impôts est un geste stratégique qu'un gouvernement pose pour stimuler la croissance économique, donc accroître les recettes fiscales. Si tu mets plus d'argent dans les poches du monde, les gens consomment et dépensent plus et cela rapporte des recettes fiscales additionnelles, comme le fédéral l'a démontré ces dernières années»

Reste à espérer, avance M. Taillon, que le recul du ministre ne soit qu'une manoeuvre pour river le clou au syndiqués du secteur public qui soupçonnent le gouvernement Charest de cacher une cagnotte de deux milliards de dollars.

«Était-ce un plan pour prouver qu'il n'y a pas de marge de manoeuvre? Je ne sais pas. Faudra voir. Mais s'il renonce [aux baisses d'impôts] ça va être très mauvais et on va dénoncer ça», a-t-il prévenu.
 
 
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