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Pas d'indemnités à ceux qui déserteront Murdochville

Québec n'a pas l'intention de rayer la ville de la carte

Robert Dutrisac   12 septembre 2002  Québec
Québec - Le gouvernement Landry a décidé de maintenir ouverte Murdochville. Il promet diverses mesures de relocalisation, de formation et d'«accompagnement» aux citoyens qui veulent rester ou à ceux qui préfèrent partir mais refuse de leur verser quoi que ce soit à titre d'indemnité.

C'est le ministre des Régions, Rémy Trudel, qui a fait l'annonce de cette décision du conseil des ministres, à l'issue de leur réunion d'hier. Cette décision n'est en rien surprenante puisqu'elle confirme le «penchant» manifesté en fin de semaine, lors du conseil national du Parti québécois, par le premier ministre Bernard Landry, contre la fermeture de Murdochville. À cette occasion, les militants péquistes ont d'ailleurs adopté une proposition en ce sens, appuyée par les ministres Trudel et Maxime Arseneau, par le député de Gaspé, Guy Lefebvre, et par M. Landry.

«Nous n'avons pas envisagé les mesures d'indemnité parce qu'on considère qu'il s'agit de la responsabilité de l'entreprise qui s'appelle Noranda et qui est en négociation avec ses 313 ex-travailleurs», a dit M. Trudel. Le gouvernement craint également de créer un précédent. «Est-ce qu'on devrait fermer les villes chaque fois» qu'une usine ferme dans une ville mono-industrielle? «Poser la question, c'est y répondre», a-t-il dit.

Il en coûterait au gouvernement entre 30 et 60 millions pour fermer Murdochville, a indiqué M. Trudel, tandis qu'on estime à environ 10 millions par année le coût, assumé par Québec, pour maintenir les services publics dans cette municipalité.

Le gouvernement fait fi de la volonté de la population, qui s'est exprimée dans une proportion de 65 % en faveur de la fermeture de leur ville dans un référendum, tenu le 25 août. Bien des intervenants, y compris cinq membres du conseil municipal, ont indiqué que «l'interprétation [à donner à] ce référendum, c'est un mandat de négocier des indemnités», a dit M. Trudel. Les acteurs socioéconomiques de la région de la Gaspésie se sont également prononcés en faveur du maintien de Murdochville, a dit le ministre.

D'ici quelques semaines, le gouvernement précisera quelles sont les mesures de soutien et de transition qu'il prendra pour aider les citoyens qui désirent rester dans la ville et ceux qui souhaitent déménager.

Cependant, aucun projet économique concret ne se pointe pour relancer Murdochville. Il n'y a pas de «solution miracle, instantanée, par "cliquement" des doigts», a dit M. Trudel. Des projets se préparent, mais pour «la relance économique de la Haute Gaspésie et de la côte de Gaspé» dans leur ensemble.
 
 
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