«Le Canada doit parler d'une seule voix»
Pettigrew relègue aux oubliettes la doctrine Gérin-Lajoie
Québec — Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Pierre Pettigrew, relègue aux oubliettes la doctrine Gérin-Lajoie, la pierre d'assise des relations internationales du Québec depuis 40 ans, qu'il juge dépassée. En cette ère de mondialisation, il importe plus que jamais que le Canada parle d'une seule voix sur la scène internationale.
«Nous sommes dans une ère de mondialisation. Cette doctrine date de l'ère de l'internationalisation», a affirmé M. Pettigrew au cours d'un point de presse qui a suivi son allocution devant les membres de la Chambre de commerce de Québec.
«On va essayer de trouver une façon de travailler avec le gouvernement du Québec de 2005 vers 2010 et 2020 plutôt que de prendre une doctrine qui a été passée [sic] par un homme pour qui j'ai la plus grande estime [Paul Gérin-Lajoie] mais qui date d'une autre époque», a dit M. Pettigrew.
Cette remise en question de la doctrine Gérin-Lajoie par un ministre des Affaires étrangères du Canada — la première qui soit aussi clairement exprimée de mémoire d'homme — survient au moment où Ottawa vient d'accepter de tenir une rencontre avec Québec pour discuter du rôle accru de la province sur certaines tribunes internationales, comme l'UNESCO. Comme le premier ministre Paul Martin s'y était engagé au printemps, M. Pettigrew et la ministre des Affaires intergouvernementales Lucienne Robillard rencontreront en octobre leurs vis-à-vis québécois, soit la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, et le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, chargé de ces négociations.
Le premier ministre Jean Charest ambitionne d'élargir le rayonnement du Québec à l'étranger en s'appuyant sur la doctrine Gérin-Lajoie. «Ce qui est de compétence québécoise chez nous est de compétence québécoise partout», avait-il déclaré dans cette optique l'an dernier. La doctrine Gérin-Lajoie veut que les compétences du Québec se prolongent sur la scène internationale. Le Québec peut ainsi signer des ententes internationales visant ses compétences de façon autonome, sans se soucier de l'imprimatur d'Ottawa. Le Canada n'a pas l'exclusivité des relations internationales, a déjà affirmé M. Charest, une conception reprise par le ministre Pelletier.
Mais hier, Pierre Pettigrew a clairement contredit cette vision des choses. Dans son allocution devant les membres de la Chambre de commerce de Québec, le ministre a abordé la question du «rôle international des provinces». Si une province veut intervenir sur la scène internationale, elle doit le «faire de manière coordonnée et avoir l'appui du gouvernement canadien. Mon ministère, Affaires étrangères Canada, aura donc un mandat de pilier, de pivot central, pour la coordination de l'action et de la planification gouvernementales canadiennes dans les affaires internationales».
«Il est important et même essentiel que le Canada parle d'une seule voix sur la scène internationale», a poursuivi M. Pettigrew. Les provinces et territoires «jouent un rôle important au sein des délégations canadiennes» dans les organisations internationales qui traitent de santé publique, de culture, des droits de la personne, du travail et de l'environnement, a-t-il mentionné.
Pour M. Pettigrew, le Québec possède certaines «expertises» qui pourraient l'amener à s'exprimer sur des tribunes internationales comme l'UNESCO en collaboration avec le Canada. «Il est intéressant que se développe entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec une façon de collaborer où le Québec pourra renforcer la voix canadienne», a-t-il dit.
Le ministre a bon espoir de s'entendre avec Québec. «Soyons clairs: le gouvernement Charest ne veut pas faire la promotion de l'indépendance et veut faire progresser le Québec dans le Canada.» Ce gouvernement n'utilisera pas les tribunes internationales «pour faire des points de politique constitutionnelle ou pour miner la crédibilité du Canada au plan international, comme ç'a été le cas dans le passé», croit M. Pettigrew. Il s'agit donc «d'une occasion historique de renforcer la voix canadienne dans le monde», estime-t-il.
La voix du Québec à l'étranger devra donc se fondre dans celle du Canada. «Les Québécois sont très bien servis par une voix canadienne forte au plan international», a fait valoir M. Pettigrew. Une grande majorité de Québécois sont d'accord avec la politique étrangère du Canada, que ce soit sur la guerre en Irak ou sur le bouclier antimissile, a-t-il souligné, De plus, il est lui-même québécois et ministre des Affaires étrangères, a-t-il rappelé. «Moi, quand je parle, je suis parfaitement conscient de parler également au nom des Québécois.»
Singulièrement, l'argument de la mondialisation est invoqué tant par M. Pettigrew pour justifier que le Canada parle d'une seul voix à l'étranger que par M. Pelletier, qui souhaite que le Québec puisse s'exprimer sur les tribunes internationales. L'internationalisation des années 60 et la mondialisation des années 2000, ce sont des phénomènes très différents, a expliqué M. Pettigrew. Auparavant, ce sont les États qui entretenaient des rapports «inter-nationaux». Or les choses sont beaucoup plus complexes avec la mondialisation: les acteurs ne sont plus seulement des États souverains. «Il y a beaucoup de non-États qui interviennent de toutes sortes de manières», a avancé le ministre fédéral. C'est justement un des arguments avancés par Benoît Pelletier pour défendre la position du Québec.
«Nous sommes dans une ère de mondialisation. Cette doctrine date de l'ère de l'internationalisation», a affirmé M. Pettigrew au cours d'un point de presse qui a suivi son allocution devant les membres de la Chambre de commerce de Québec.
«On va essayer de trouver une façon de travailler avec le gouvernement du Québec de 2005 vers 2010 et 2020 plutôt que de prendre une doctrine qui a été passée [sic] par un homme pour qui j'ai la plus grande estime [Paul Gérin-Lajoie] mais qui date d'une autre époque», a dit M. Pettigrew.
Cette remise en question de la doctrine Gérin-Lajoie par un ministre des Affaires étrangères du Canada — la première qui soit aussi clairement exprimée de mémoire d'homme — survient au moment où Ottawa vient d'accepter de tenir une rencontre avec Québec pour discuter du rôle accru de la province sur certaines tribunes internationales, comme l'UNESCO. Comme le premier ministre Paul Martin s'y était engagé au printemps, M. Pettigrew et la ministre des Affaires intergouvernementales Lucienne Robillard rencontreront en octobre leurs vis-à-vis québécois, soit la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, et le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, chargé de ces négociations.
Le premier ministre Jean Charest ambitionne d'élargir le rayonnement du Québec à l'étranger en s'appuyant sur la doctrine Gérin-Lajoie. «Ce qui est de compétence québécoise chez nous est de compétence québécoise partout», avait-il déclaré dans cette optique l'an dernier. La doctrine Gérin-Lajoie veut que les compétences du Québec se prolongent sur la scène internationale. Le Québec peut ainsi signer des ententes internationales visant ses compétences de façon autonome, sans se soucier de l'imprimatur d'Ottawa. Le Canada n'a pas l'exclusivité des relations internationales, a déjà affirmé M. Charest, une conception reprise par le ministre Pelletier.
Mais hier, Pierre Pettigrew a clairement contredit cette vision des choses. Dans son allocution devant les membres de la Chambre de commerce de Québec, le ministre a abordé la question du «rôle international des provinces». Si une province veut intervenir sur la scène internationale, elle doit le «faire de manière coordonnée et avoir l'appui du gouvernement canadien. Mon ministère, Affaires étrangères Canada, aura donc un mandat de pilier, de pivot central, pour la coordination de l'action et de la planification gouvernementales canadiennes dans les affaires internationales».
«Il est important et même essentiel que le Canada parle d'une seule voix sur la scène internationale», a poursuivi M. Pettigrew. Les provinces et territoires «jouent un rôle important au sein des délégations canadiennes» dans les organisations internationales qui traitent de santé publique, de culture, des droits de la personne, du travail et de l'environnement, a-t-il mentionné.
Pour M. Pettigrew, le Québec possède certaines «expertises» qui pourraient l'amener à s'exprimer sur des tribunes internationales comme l'UNESCO en collaboration avec le Canada. «Il est intéressant que se développe entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec une façon de collaborer où le Québec pourra renforcer la voix canadienne», a-t-il dit.
Le ministre a bon espoir de s'entendre avec Québec. «Soyons clairs: le gouvernement Charest ne veut pas faire la promotion de l'indépendance et veut faire progresser le Québec dans le Canada.» Ce gouvernement n'utilisera pas les tribunes internationales «pour faire des points de politique constitutionnelle ou pour miner la crédibilité du Canada au plan international, comme ç'a été le cas dans le passé», croit M. Pettigrew. Il s'agit donc «d'une occasion historique de renforcer la voix canadienne dans le monde», estime-t-il.
La voix du Québec à l'étranger devra donc se fondre dans celle du Canada. «Les Québécois sont très bien servis par une voix canadienne forte au plan international», a fait valoir M. Pettigrew. Une grande majorité de Québécois sont d'accord avec la politique étrangère du Canada, que ce soit sur la guerre en Irak ou sur le bouclier antimissile, a-t-il souligné, De plus, il est lui-même québécois et ministre des Affaires étrangères, a-t-il rappelé. «Moi, quand je parle, je suis parfaitement conscient de parler également au nom des Québécois.»
Singulièrement, l'argument de la mondialisation est invoqué tant par M. Pettigrew pour justifier que le Canada parle d'une seul voix à l'étranger que par M. Pelletier, qui souhaite que le Québec puisse s'exprimer sur les tribunes internationales. L'internationalisation des années 60 et la mondialisation des années 2000, ce sont des phénomènes très différents, a expliqué M. Pettigrew. Auparavant, ce sont les États qui entretenaient des rapports «inter-nationaux». Or les choses sont beaucoup plus complexes avec la mondialisation: les acteurs ne sont plus seulement des États souverains. «Il y a beaucoup de non-États qui interviennent de toutes sortes de manières», a avancé le ministre fédéral. C'est justement un des arguments avancés par Benoît Pelletier pour défendre la position du Québec.
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