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Secteur public: pour changer des négociations de «style macho»

18 août 2005  Québec
Québec — La présidente du Conseil du trésor, la ministre Monique Jérôme-Forget, veut éviter des négociations de «style macho» dans le secteur public.

«Autrefois, les négociations se passaient à trois heures du matin, dans le bureau du premier ministre. J'appelle cela le style macho. Moi, j'ai proposé à la place un cadre financier à l'intérieur duquel il y a toute espèce de latitude», a déclaré hier Mme Jérôme-Forget, à son arrivée à la séance hebdomadaire du conseil des ministres.

Le gouvernement Charest a proposé pour les employés du secteur public des augmentations salariales de 12,5 % réparties sur six ans, qui doivent comprendre la compensation pour l'équité salariale.

«C'est ma responsabilité de persuader les dirigeants syndicaux et les citoyens du bien-fondé de notre démarche. Les syndicats vivent dans le même monde que moi, voient la situation du Québec et sont conscients qu'on ne peut pas payer plus cher que ce qu'on offre actuellement», a dit la présidente du Conseil du trésor.

Pour éviter des négociations de «style macho», la ministre a soutenu que, pendant des années, les centrales syndicales et toute la société ont «favorisé» les métiers d'homme. Elle entend rééquilibrer cette situation.

«Je n'ai pas entendu les hommes se plaindre pendant des années. Aujourd'hui, ils doivent se rendre compte qu'on redistribue l'assiette», a dit la ministre Jérôme-Forget.

Elle s'est défendue de défavoriser les employés du secteur public. «On me confie l'argent des contribuables et je le distribue du mieux que je le peux. Je suis devant une situation déchirante. Je traite nos employés de la façon la plus responsable et équitable possible, a-t-elle poursuivi. Je suis très franche. Je joue la carte avec sincérité. Je viens du secteur public moi-même. J'estime et je respecte ce secteur.»

La veille, à l'occasion d'une rencontre de négociations entre les représentants du gouvernement et ceux des centrales syndicales à la suite des vacances estivales, le négociateur en chef du gouvernement, Jean-François Munn, a demandé aux syndiqués du secteur de l'éducation de suspendre leurs moyens de pression pour la rentrée scolaire.

«Nous leur avons demandé de suspendre les moyens de pression. Après tout, les syndiqués de la FTQ n'ont déposé leurs demandes salariales qu'en juin», a rapporté M. Munn. Il juge que de tels moyens de pression à ce stade-ci sont prématurés.

Les deux parties se sont entendues pour fixer l'échéancier des prochaines rencontres de négociations.

Des pourparlers entre l'employeur et les représentants des syndiqués CSN-FTQ auront lieu le jeudi 25 août, puis le mardi 30 août.

Avec la CSQ, le gouvernement et les représentants syndicaux se reverront le mercredi 24 août. Mardi, la sous-ministre de la Fonction publique, Denise Fortin, a eu de longs échanges avec les représentants des syndicats d'enseignants.

Rappelons que quelque 430 000 employés du secteur public sont sans convention collective et sans augmentation de salaire depuis juin 2003.

Réaction

À Montréal, l'ancienne ministre Pauline Marois, qui a déjà été présidente du Conseil du trésor, a déploré la façon dont cette négociation est engagée.

«C'est bien mal parti et bien mal engagé, s'est-elle exclamée. Je crois que l'attitude du chef du gouvernement, de M. Charest, est inacceptable.»

«Quand on veut négocier, il me semble qu'on doit manifester une certaine ouverture. On peut être ferme sur un certain nombre d'orientations, mais toujours manifester de l'ouverture. Or je n'ai pas senti cela de la part du chef du gouvernement et je ne crois pas que ça augure bien pour la suite des choses. Il me semble qu'au contraire, il devrait ouvrir la porte et s'asseoir sereinement avec ceux et celles qui représentent des milliers de travailleurs à travers le Québec et qui méritent tout notre respect», a-t-elle affirmé.
 
 
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