Landry résiste à l'appel
Bernard Landry restera «simple militant». Après deux mois de valse-hésitation, l'ancien chef du Parti québécois (PQ) a pris sa décision concernant un possible retour en piste politique pour participer à la course à sa propre succession: au terme d'une réflexion entreprise à la demande de militants déçus de son choix de démissionner après le vote de confiance mitigé de juin, M. Landry devrait annoncer en début de semaine qu'il maintient son choix et ne fera pas de retour.
«C'est mort, mort, confiait hier un ancien collaborateur, en contact très fréquent avec M. Landry et son épouse. Il l'annoncera quelque part cette semaine.» Plusieurs autres témoignages de proches de Bernard Landry recueillis hier confirment que l'ancien premier ministre n'entend pas répondre aux appels de ceux qui lui demandent de reconsidérer sa décision. L'orientation de son choix ne fait plus de doute aux yeux des péquistes interrogés, la seule inconnue étant plutôt de savoir à quel moment précis l'annonce sera faite.
Mardi pourrait être en ce sens un choix logique. La veille, M. Landry aura rencontré de nombreux partisans et adversaires de son retour, lors d'une réunion organisée par Andrée Corriveau, une proche du chef démissionnaire qui dirige plus ou moins les opérations de séduction. «Ce n'est pas une rencontre officielle, précisait-elle hier, [plutôt une rencontre) où des gens lui diront: je pense que vous devriez y aller, ou non. Il y aura les deux courants.» M. Landry devrait profiter de cette rencontre pour remercier ceux qui lui ont demandé de revenir: leurs voix combinées n'auront toutefois pas suffi à le faire changer d'idée et tourner le dos à son retour à l'Université du Québec à Montréal.
«Le problème, c'est que ça n'a pas levé, dit un proche. Il y a pensé sérieusement, il a beaucoup réfléchi devant l'amorce de mouvement. Des gens lui avaient dit que Richard Legendre et André Boisclair pourraient se retirer de la course s'il revenait, mais ce n'est pas le cas; Boisclair sera là, Legendre aussi. Il y a eu des voix connues pour lui dire de ne pas revenir: ça ne fait pas grand-monde en soutien. Moi, je pense que c'était mort dès le début.»
«Sa décision [de juin] était réfléchie», exprime un autre collaborateur, qui estime toutefois «normal» que des gens aient tenté de le faire revenir. «Mais la course est partie maintenant, il y a une douzaine d'équipes sur le terrain et personne n'a annoncé qu'il allait se retirer s'il se présentait. C'est une affaire réglée depuis le congrès.»
Cette semaine, en déposant sa candidature officielle, André Boisclair avait déclaré que c'était dans un rôle de conseiller qu'il voyait bien Bernard Landry dans les prochains mois. «J'ai le goût de faire appel au savoir d'un Bernard Landry, d'un Jacques Parizeau, d'un Lucien Bouchard, de tous ceux et celles qui ont animé avec force le mouvement souverainiste.» Dans une dynamique de lutte partagée, rien n'indique que Bernard Landry n'aurait pas subi une défaite lors du vote de novembre. «Il ne pouvait se permettre de finir sa carrière comme ça. C'est trop risqué, et inutile», dit un militant.
Dès les premiers jours ayant suivi le vote de confiance du 5 juin, où Bernard Landry avait choisi de démissionner après avoir récolté un peu plus de 76 % des appuis, un mouvement diffus s'était fait entendre pour tenter de le convaincre de revenir — par la course à la chefferie — aux commandes du parti. Un site Internet à été mis sur pied (quelque 4500 personnes ont signé là une pétition en faveur de son retour), des lettres d'opinion favorables ont été publiées. Selon ces partisans, M. Landry était le seul apte à guider le PQ en ces temps de souveraineté populaire.
D'autres, tout en reconnaissant les qualités du chef, lui ont enjoint de ne pas écouter ces appels et d'assumer sa décision. Sauf que Bernard Landry n'a jamais fermé la porte complètement à un retour, disant «réfléchir», «observer» et «écouter» ce qui se disait, par «respect» notamment pour ceux qui lui demandaient de revenir. Cette ambiguïté n'a pas fait l'affaire de plusieurs sympathisants, qui ont exprimé publiquement leur malaise devant une situation d'attente qui empêchait la course à la chefferie de réellement prendre son envol, avec l'ombre du «grand vizir» en arrière-plan. Mais, selon Andrée Corriveau, il n'y avait pas d'urgence ou de pression pour une décision rapide. «Ce n'est pas Landry qui veut revenir: c'est Landry qui se fait solliciter pour revenir. C'est une grosse différence», dit-elle. Le suspense, maintenant, tire à sa fin.
À ce jour, seuls Louis Bernard, André Boisclair et Richard Legendre ont rempli la première condition pour devenir candidat officiel, soit recueillir au moins 1000 signatures dans 40 circonscriptions. Pauline Marois devrait compléter cette étape sous peu. Il y a huit autres candidats sur les rangs, généralement peu connus. Les mises en candidature se terminent le 15 septembre, et les membres éliront leur nouveau chef à l'occasion d'un scrutin téléphonique dont les résultats seront connus le 15 novembre, soit 29 ans jour pour jour après l'historique victoire péquiste de 1976.
«C'est mort, mort, confiait hier un ancien collaborateur, en contact très fréquent avec M. Landry et son épouse. Il l'annoncera quelque part cette semaine.» Plusieurs autres témoignages de proches de Bernard Landry recueillis hier confirment que l'ancien premier ministre n'entend pas répondre aux appels de ceux qui lui demandent de reconsidérer sa décision. L'orientation de son choix ne fait plus de doute aux yeux des péquistes interrogés, la seule inconnue étant plutôt de savoir à quel moment précis l'annonce sera faite.
Mardi pourrait être en ce sens un choix logique. La veille, M. Landry aura rencontré de nombreux partisans et adversaires de son retour, lors d'une réunion organisée par Andrée Corriveau, une proche du chef démissionnaire qui dirige plus ou moins les opérations de séduction. «Ce n'est pas une rencontre officielle, précisait-elle hier, [plutôt une rencontre) où des gens lui diront: je pense que vous devriez y aller, ou non. Il y aura les deux courants.» M. Landry devrait profiter de cette rencontre pour remercier ceux qui lui ont demandé de revenir: leurs voix combinées n'auront toutefois pas suffi à le faire changer d'idée et tourner le dos à son retour à l'Université du Québec à Montréal.
«Le problème, c'est que ça n'a pas levé, dit un proche. Il y a pensé sérieusement, il a beaucoup réfléchi devant l'amorce de mouvement. Des gens lui avaient dit que Richard Legendre et André Boisclair pourraient se retirer de la course s'il revenait, mais ce n'est pas le cas; Boisclair sera là, Legendre aussi. Il y a eu des voix connues pour lui dire de ne pas revenir: ça ne fait pas grand-monde en soutien. Moi, je pense que c'était mort dès le début.»
«Sa décision [de juin] était réfléchie», exprime un autre collaborateur, qui estime toutefois «normal» que des gens aient tenté de le faire revenir. «Mais la course est partie maintenant, il y a une douzaine d'équipes sur le terrain et personne n'a annoncé qu'il allait se retirer s'il se présentait. C'est une affaire réglée depuis le congrès.»
Cette semaine, en déposant sa candidature officielle, André Boisclair avait déclaré que c'était dans un rôle de conseiller qu'il voyait bien Bernard Landry dans les prochains mois. «J'ai le goût de faire appel au savoir d'un Bernard Landry, d'un Jacques Parizeau, d'un Lucien Bouchard, de tous ceux et celles qui ont animé avec force le mouvement souverainiste.» Dans une dynamique de lutte partagée, rien n'indique que Bernard Landry n'aurait pas subi une défaite lors du vote de novembre. «Il ne pouvait se permettre de finir sa carrière comme ça. C'est trop risqué, et inutile», dit un militant.
Dès les premiers jours ayant suivi le vote de confiance du 5 juin, où Bernard Landry avait choisi de démissionner après avoir récolté un peu plus de 76 % des appuis, un mouvement diffus s'était fait entendre pour tenter de le convaincre de revenir — par la course à la chefferie — aux commandes du parti. Un site Internet à été mis sur pied (quelque 4500 personnes ont signé là une pétition en faveur de son retour), des lettres d'opinion favorables ont été publiées. Selon ces partisans, M. Landry était le seul apte à guider le PQ en ces temps de souveraineté populaire.
D'autres, tout en reconnaissant les qualités du chef, lui ont enjoint de ne pas écouter ces appels et d'assumer sa décision. Sauf que Bernard Landry n'a jamais fermé la porte complètement à un retour, disant «réfléchir», «observer» et «écouter» ce qui se disait, par «respect» notamment pour ceux qui lui demandaient de revenir. Cette ambiguïté n'a pas fait l'affaire de plusieurs sympathisants, qui ont exprimé publiquement leur malaise devant une situation d'attente qui empêchait la course à la chefferie de réellement prendre son envol, avec l'ombre du «grand vizir» en arrière-plan. Mais, selon Andrée Corriveau, il n'y avait pas d'urgence ou de pression pour une décision rapide. «Ce n'est pas Landry qui veut revenir: c'est Landry qui se fait solliciter pour revenir. C'est une grosse différence», dit-elle. Le suspense, maintenant, tire à sa fin.
À ce jour, seuls Louis Bernard, André Boisclair et Richard Legendre ont rempli la première condition pour devenir candidat officiel, soit recueillir au moins 1000 signatures dans 40 circonscriptions. Pauline Marois devrait compléter cette étape sous peu. Il y a huit autres candidats sur les rangs, généralement peu connus. Les mises en candidature se terminent le 15 septembre, et les membres éliront leur nouveau chef à l'occasion d'un scrutin téléphonique dont les résultats seront connus le 15 novembre, soit 29 ans jour pour jour après l'historique victoire péquiste de 1976.
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