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Les jeunes libéraux sont contre le string à l'école

Antoine Robitaille   2 août 2005  Québec
La Commission-Jeunesse du parti de Jean Charest voudrait que l'État impose à l'école «un code vestimentaire qui interdirait les vêtements trop suggestifs et offensants». C'est une des nombreuses résolutions sur lesquelles près de 700 jeunes militants libéraux devront se prononcer lors de leur 23e congrès, la fin de semaine prochaine à Sherbrooke.

«Quand, à huit ans ou à 12 ans, la petite fille porte un string, c'est peut-être quelque chose qui est trop suggestif et offensant [...] surtout quand on le voit sortir de la jupe», a illustré le président de la Commission-Jeunesse (CJ), Simon Bégin, lors d'une conférence de presse à Québec, hier. En fait, l'idée d'un «code vestimentaire» est un compromis défini par l'exécutif de la Commission à la suite d'une tournée de consultation régionale effectuée ces derniers mois. M. Bégin dit que l'exécutif a préféré ce «moyen terme». Certains des jeunes consultés prônaient en effet l'imposition d'un uniforme alors que d'autres refusaient toute contrainte vestimentaire. Quel serait le contenu de ce code? «Les modalités seront à déterminer», a répondu le politicien en herbe. Dans le cahier de résolutions de la CJ baptisé «document thématique», on s'en prend toutefois aux «modèles comme Britney Spears».

M. Bégin, précisant qu'il ne voulait pas passer pour «un conservateur frustré», note qu'il est peut-être «facile de blaguer sur la chose», mais que lors des consultations, la question est revenue très souvent sur le tapis. Dans son document thématique, l'exécutif de la CJ, en se référant notamment à «la série d'articles du Devoir» (16 au 18 avril), s'inquiète de plusieurs faits. Notamment que «des enfants du primaire aient déjà des pratiques sexuelles» et que dès l'âge de 14 ou 15 ans, presque 12 % des gars et 13 % des filles aient déjà eu une relation sexuelle. Elle s'alarme de «l'augmentation des infections transmises sexuellement» chez les adolescents et attribue ce phénomène à un «manque d'information», entre autres à la disparition au secondaire du cours de formation professionnelle et sociale (FPS). Outre le code vestimentaire, la CJ propose, pour «baliser la sexualité des adolescents», que chaque commission scolaire soit dotée d'un groupe de professionnels ayant pour mission de donner de «l'information aux jeunes sur leur sexualité et ses effets».

L'eau

Les jeunes libéraux ont, à l'instar du gouvernement libéral au pouvoir, résolument adopté la couleur verte, le vocable «développement durable», les éoliennes (une bonne occasion selon eux pour des PPP), l'étiquetage des OGM, etc. Une des résolutions centrales à leurs débats sera la «nationalisation de l'eau». M. Bégin a déploré le fait que des sociétés étrangères «profitent de cette ressource» sans verser des redevances à l'État. «Qu'on tienne des états généraux, que tout le monde vienne présenter son opinion sur cette question-là. Mais une chose qui est non négociable, c'est la protection et la pérennité de l'eau.»

Par ailleurs, les jeunes libéraux discuteront en fin de semaine de la préparation d'un «dégel responsable» des frais de scolarité dans un deuxième mandat libéral, même si une telle mesure «va soulever l'ire des associations étudiantes», comme ils l'écrivent dans leur document thématique. Ils adopteront ou rejetteront aussi des résolutions favorisant la lutte contre le jeu pathologique et le suicide chez les jeunes.

Bravo Ménard

Notons que le président de la commission, M. Bégin, s'est montré très enthousiaste à l'égard du rapport Ménard sur la «pérennité du système de santé», déposé la semaine dernière. Évoquant trois pistes de solution explorées dans ce rapport, soit l'augmentation du fardeau fiscal, l'établissement d'une assurance vieillesse et un recours plus fréquent à l'entreprise privé en santé, M. Bégin a déclaré «ma génération est extrêmement favorable à des recommandations de ce genre-là».

La CJ du PLQ est une des plus puissantes des partis politiques provinciaux, puisqu'elle détient 33,3 % des voix au sein des hautes instances. Elle se targue d'avoir proposé par le passé plusieurs idées qui sont devenues par la suite des politiques publiques: la «carte soleil», le Conseil permanent de la jeunesse et l'enseignement de l'anglais en première année, notamment.






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  • marie-t trachy
    Inscrite
    mardi 2 août 2005 06h18
    pas un tremblement de terre..........
    « Pas un tremblement de terre, juste les ancêtres Québécois qui se retournent dans leur tombe en apprenant le nouveau code vestimentaire étudiant!
    Moi qui fais partie de la génération qui devait s'agenouiller pour que la bonne soeur voit que l'ourlet de mon uniforme frôlait le plancher et rencontrait la loi de ce temps:-)) »

  • Alceste Parise
    Inscrit
    mardi 2 août 2005 07h49
    D'accord en principe
    « Je ne sais pas si le code vestimentaire vaut la peine d'être réglementé, mais un geste dans ce sens me semble souhaitable. On pourrait objecter que des jeunes libéraux devraient être, justement, libéraux et laisser chacun arbitre de sa personne. En réalité, j'ai l'impression que, dans l'adolescence, les jeunes sont soit régimentés par des lois, soit asservis aux tendances imposés par le groupe, et les lois me semblent en général moins irrationnelles. Peut-on dire que ces jeunes qui se percent la langue suivent leur libre arbitre personnel? »

  • marie-t trachy
    Inscrite
    mardi 2 août 2005 12h36
    Pas un tremblement de terre, mais...
    « Nos ancêtres se retournent dans leur tombe en apprenant ça!
    Moi, je fais partie d'une génération qui
    s'agenouillait devant la bonne soeur afin qu'elle puisse vérifier que notre uniforme avait la longueur reglémentaire, l'ourlet frôlant le sol. »

  • Étienne LaHire
    Inscrit
    mercredi 3 août 2005 02h01
    Tout va bien, madame la Marquise
    « À l'instar de leur chef John James Charest (je n'invente rien: c'est le nom qui apparaît sur son certificat de naissance), on voit tout de suite que les jeunes libéraux sont préoccupés par les Grandes Questions de notre époque.

    Les États-Unis ont leur George Bush, le Canada a ses Jean Chrétien, Stéphane Dion, Pierre Pettigrew et Denis Coderre, et le Québec, enfin, a James John Charest...

    Il n'y a pas à dire: il y a de l'avenir au parti libéral. Car chacun sait que les dessous des jeunes filles appellent en effet à de grandes réflexions sur l'art de gouverner les peuples, d'une part, et sur les moyens d'ouvrir un avenir véritable, celui du Québec en particulier, d'autre part.

    En lisant ces historiettes, toute partisanerie mise à part par ailleurs, je me disais à part soi que les Bernard Landry et les Louis Bernard étaient certainement, du haut de leur soixante-sept ans, plus jeunes que ces ti-gars (et tittes-filles) en mal de dénicher du matériel qui méritât réflexion.

    À part ça, eh bien tout va bien, madame la Marquise! »

  • Sébastien St-Onge
    Inscrit
    mercredi 3 août 2005 12h00
    Pourquoi pas?
    « La plupart des écoles primaires ou secondaires ont déjà des codes vestimentaires. Le problème, c'est que bon nombre d'entre elles décident de ne pas l'appliquer. En légiférant, le gouvernement pourrait obliger tout le monde à honorer ces codes.

    «Code vestimentaire» veut-il absolument dire «uniforme scolaire»? Non! J'ai étudié dans une école secondaire où il n'y avait pas d'uniforme mais où il y avait un code vestimentaire, comme par exemple ne pas avoir le droit de porter des jeans ou des t-shirts, avoir le chandail dans ses pantalons (ce que je haïssais!), etc. Le tout fonctionnait parce que l'école appliquait son code vestimentaire. Mais bon, il faut dire aussi que c'était une école privée pour garçons!

    Je ne suis pas un libéral mais, pour cette initiative, je tiens à féliciter les jeunes libéraux d'avoir remis sur la table ce sujet «tabou» en espérant que le tout débouche sur une solution adaptée aux besoins de tout le monde (parents, élèves, profs, etc.). »

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