Sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail - La foi en Super Mario
L'ADQ n'a pas d'équipe pour prendre les commandes de l'État. Les électeurs n'y voient pas de problème. Pour l'instant!
Qu'est-ce qui plaît tant chez Mario Dumont? Un peu son côté près des gens, son honnêteté, sa vision de l'avenir. Mais sa principale qualité, c'est d'être un politicien de la nouvelle génération. C'est du moins l'avis de 40 % des répondants à un sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail, mené entre le 27 août et le 1er septembre.
Les gens voient bien, à 61 %, que Mario Dumont n'a pas d'équipe suffisamment solide pour gouverner. Même la moitié des partisans adéquistes (53 %) le reconnaissent. Mais ce n'est pas un handicap. Car les Québécois ont un argument-massue: un gouvernement Dumont ne peut pas faire pire que les autres, disent 71 % des répondants (dont 75 % de francophones, 64 % de libéraux et 59 % de péquistes).
Et puis, l'Action démocratique du Québec peut apporter un changement bénéfique pour le Québec, croient les deux tiers (67 %) des Québécois. Il n'y a pas que les adéquistes qui le disent: plus de la moitié (52 %) des partisans du Parti québécois et du Parti libéral sont du même avis!
Jean-Marc Léger croit néanmoins que l'équipe et le programme de l'ADQ sont le talon d'Achille de Mario Dumont. «Protégez Mario Dumont de ses amis!», lance-t-il.
Car si haut soit le parti dans les sondages, il est clair que les adversaires de l'ADQ vont chercher la gaffe. Pas tant de la part de Mario Dumont, si populaire qu'il en est inatteignable, note M. Léger. Mais il y a ses candidats, ses organisateurs. Et tous les partis ont des failles qui peuvent être exploitées.
Par ailleurs, le décalage est grand entre un électorat centriste, qui répond à 54 % que l'ADQ n'est pas un parti trop à droite, et le programme du parti. «L'ADQ va finir par vivre des problèmes existentiels, dit Jean-Marc Léger. Ou il change son programme pour se rapprocher des électeurs, et il aura l'air opportuniste. Ou il le maintient, et il risque de ne pas répondre aux attentes de la population.»
Ces questions ne se posent pas maintenant, reconnaît le sondeur, car le programme du parti reste largement méconnu. Pas plus qu'il n'est inquiétant pour Mario Dumont de voir que seulement 3 % des gens disent que la compétence est sa principale qualité. «Dans ce sondage, ce n'était pas encore un enjeu, dit le sondeur. Mais ça va le devenir maintenant qu'on voit qu'il est susceptible de gouverner. On entre dans une deuxième phase de réflexion à l'égard de Mario Dumont.»
Le Parti québécois peut au moins se consoler du fait que 68 % des répondants, dont 58 % de libéraux, jugent qu'il a eu le courage de faire des réformes. Mais 68 % des Québécois perçoivent le PQ comme un parti divisé. Ils croient aussi, à 65 %, qu'il devrait promettre de ne pas tenir de référendum. Et puis, de toutes façons, il a fait son temps, tranchent 62 % des répondants.
«Les gens sont satisfaits de la gérance générale du gouvernement mais ils veulent passer à autre chose. Ils ont le goût d'une bouffée d'air frais», dit Jean-Marc Léger.
Et la bouffée ne vient pas du côté libéral. Aux yeux des gens sondés, les libéraux n'incarnent ni le changement (à 70 %), ni les régions (à 63 %), ni une économie prospère (à 58 %). «Et ça, c'est un gros changement, commente M. Léger. La prospérité économique est associée depuis des décennies au Parti libéral. Aujourd'hui, le Parti québécois occupe ce terrain.»
«La conséquence, poursuit le sondeur, c'est que
72 % des gens pensent que Jean Charest n'a pas réussi à s'affirmer comme chef du Parti libéral, et que 61 % des libéraux disent la même chose.»
Les grands slogans comme «Réinventer le Québec» n'y changeront pas grand-chose, croit le sondeur. «C'est un concept plutôt large à l'heure où Mario Dumont offre aux électeurs une vision très pragmatique du Québec.» Et c'est ce que les Québécois entendent par «nouvelle génération». Ce n'est pas une question d'âge, ni une question d'image mais d'approche, indique Jean-Marc Léger.
Certes, les électeurs de 25 à 54 ans voteraient davantage adéquiste, à plus de 42 %, que les plus jeunes — qui se répartissent également entre les trois partis — et les 55 ans et plus, portés vers les libéraux.
Mais l'approche pragmatique de l'ADQ plaît largement, tant aux hommes qu'aux femmes, peu importe leurs revenus, leur scolarité, ou la région où ils résident. «L'ADQ performe partout. Ses appuis sont bien répartis à travers le Québec», constate Jean-Marc Léger.
Pour le sondeur, la situation tient en une image: pour le moment, le Québec célèbre ses fiançailles avec Mario Dumont. Mais passera-t-il au mariage?
Les gens voient bien, à 61 %, que Mario Dumont n'a pas d'équipe suffisamment solide pour gouverner. Même la moitié des partisans adéquistes (53 %) le reconnaissent. Mais ce n'est pas un handicap. Car les Québécois ont un argument-massue: un gouvernement Dumont ne peut pas faire pire que les autres, disent 71 % des répondants (dont 75 % de francophones, 64 % de libéraux et 59 % de péquistes).
Et puis, l'Action démocratique du Québec peut apporter un changement bénéfique pour le Québec, croient les deux tiers (67 %) des Québécois. Il n'y a pas que les adéquistes qui le disent: plus de la moitié (52 %) des partisans du Parti québécois et du Parti libéral sont du même avis!
Jean-Marc Léger croit néanmoins que l'équipe et le programme de l'ADQ sont le talon d'Achille de Mario Dumont. «Protégez Mario Dumont de ses amis!», lance-t-il.
Car si haut soit le parti dans les sondages, il est clair que les adversaires de l'ADQ vont chercher la gaffe. Pas tant de la part de Mario Dumont, si populaire qu'il en est inatteignable, note M. Léger. Mais il y a ses candidats, ses organisateurs. Et tous les partis ont des failles qui peuvent être exploitées.
Par ailleurs, le décalage est grand entre un électorat centriste, qui répond à 54 % que l'ADQ n'est pas un parti trop à droite, et le programme du parti. «L'ADQ va finir par vivre des problèmes existentiels, dit Jean-Marc Léger. Ou il change son programme pour se rapprocher des électeurs, et il aura l'air opportuniste. Ou il le maintient, et il risque de ne pas répondre aux attentes de la population.»
Ces questions ne se posent pas maintenant, reconnaît le sondeur, car le programme du parti reste largement méconnu. Pas plus qu'il n'est inquiétant pour Mario Dumont de voir que seulement 3 % des gens disent que la compétence est sa principale qualité. «Dans ce sondage, ce n'était pas encore un enjeu, dit le sondeur. Mais ça va le devenir maintenant qu'on voit qu'il est susceptible de gouverner. On entre dans une deuxième phase de réflexion à l'égard de Mario Dumont.»
Le Parti québécois peut au moins se consoler du fait que 68 % des répondants, dont 58 % de libéraux, jugent qu'il a eu le courage de faire des réformes. Mais 68 % des Québécois perçoivent le PQ comme un parti divisé. Ils croient aussi, à 65 %, qu'il devrait promettre de ne pas tenir de référendum. Et puis, de toutes façons, il a fait son temps, tranchent 62 % des répondants.
«Les gens sont satisfaits de la gérance générale du gouvernement mais ils veulent passer à autre chose. Ils ont le goût d'une bouffée d'air frais», dit Jean-Marc Léger.
Et la bouffée ne vient pas du côté libéral. Aux yeux des gens sondés, les libéraux n'incarnent ni le changement (à 70 %), ni les régions (à 63 %), ni une économie prospère (à 58 %). «Et ça, c'est un gros changement, commente M. Léger. La prospérité économique est associée depuis des décennies au Parti libéral. Aujourd'hui, le Parti québécois occupe ce terrain.»
«La conséquence, poursuit le sondeur, c'est que
72 % des gens pensent que Jean Charest n'a pas réussi à s'affirmer comme chef du Parti libéral, et que 61 % des libéraux disent la même chose.»
Les grands slogans comme «Réinventer le Québec» n'y changeront pas grand-chose, croit le sondeur. «C'est un concept plutôt large à l'heure où Mario Dumont offre aux électeurs une vision très pragmatique du Québec.» Et c'est ce que les Québécois entendent par «nouvelle génération». Ce n'est pas une question d'âge, ni une question d'image mais d'approche, indique Jean-Marc Léger.
Certes, les électeurs de 25 à 54 ans voteraient davantage adéquiste, à plus de 42 %, que les plus jeunes — qui se répartissent également entre les trois partis — et les 55 ans et plus, portés vers les libéraux.
Mais l'approche pragmatique de l'ADQ plaît largement, tant aux hommes qu'aux femmes, peu importe leurs revenus, leur scolarité, ou la région où ils résident. «L'ADQ performe partout. Ses appuis sont bien répartis à travers le Québec», constate Jean-Marc Léger.
Pour le sondeur, la situation tient en une image: pour le moment, le Québec célèbre ses fiançailles avec Mario Dumont. Mais passera-t-il au mariage?
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