Succession de Bernard Landry - Boisclair multiplie ses appuis à Québec et Ottawa
15 juin 2005
Québec
Ottawa — Avant même qu'il n'ait annoncé sa candidature au leadership du Parti québécois, André Boisclair accumule les appuis, tant à Québec qu'à Ottawa.
Une dizaine des 45 députés péquistes pressent déjà l'ancien ministre de l'Environnement de faire le saut dans la course.
Le mouvement s'étend désormais au Bloc québécois. Hier, deux élus du parti fédéral ont révélé leur soutien à M. Boisclair en précisant que plusieurs de leurs collègues étaient sur la même longueur d'onde qu'eux.
Et, contrairement à la seule candidate officiellement en lice, Pauline Marois, ce n'est pas André Boisclair qui prend l'initiative de contacter les députés bloquistes, mais plutôt ces derniers qui souhaitent être entendus.
«Lorsque je discute avec des collègues au caucus, spontanément les députés me disent: "André, c'est l'homme de la situation. Est-ce qu'il peut nous appeler? Ça nous ferait plaisir de lui parler." Il suscite vraiment un enthousiasme dans le caucus», explique le député de Rosemont-La Petite Patrie, Bernard Bigras, qui devrait agir à titre d'organisateur pour la campagne de M. Boisclair.
«Non seulement je pense qu'il a les qualités qu'il faut pour devenir premier ministre, mais je pense qu'il représente et incarne la modernisation et le renouvellement, ajoute-t-il. Il est capable d'être porteur d'une nouvelle sensibilité dans la société québécoise. Dans ce cadre-là, il faut qu'il soit candidat.»
Son collègue de Verchères-Les Patriotes, Stéphane Bergeron, n'a pas encore pris la décision définitive d'appuyer M. Boisclair, mais il y songe sérieusement.
«Il y a beaucoup de députés du Bloc, je crois, qui souhaitent voir une véritable course, un véritable débat, souligne-t-il. Avec le désistement de M. Duceppe et de M. Legault, c'est clair que la candidature d'André devient intéressante pour plusieurs.»
En fait, plusieurs jeunes députés bloquistes — dont Richard Marceau et M. Bigras — appuyaient François Legault. Il semble qu'une bonne partie d'entre eux se rangeront désormais derrière André Boisclair.
«La présence d'André dans la course serait de nature à rehausser le niveau du débat, parce qu'en ce moment, il n'y en a pas, de débat: Mme Marois est toute seule en lice, mentionne M. Bergeron. Ce serait une bonne chose qu'André Boisclair décide de faire le saut.»
Jusqu'ici, peu de députés, que ce soit à Québec ou à Ottawa, se sont manifestés en faveur de la députée de Taillon.
«Mme Marois a des appuis; elle les annoncera en temps et lieu», a néanmoins assuré la porte-parole de la candidate, Claude Potvin.
La députée bloquiste de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, dont la circonscription recoupe celle de Pauline Marois, semble pencher de son côté, mais cela pourrait encore changer.
«Je suis très, très favorable à sa candidature, confie-t-elle. Par contre, je veux qu'il y ait débat et qu'il y ait course, comme Mme Marois d'ailleurs.»
Musellement?
Craignant que la course à la direction du PQ ne suscite des divisions au sein du parti frère fédéral, le caucus discutera aujourd'hui d'une proposition visant à restreindre les prises de position des députés bloquistes à l'égard des candidats.
«Ce n'est pas nécessairement le mandat du Bloc québécois que de s'immiscer dans cette course-là», soutient un député favorable à cette proposition dite de «non-ingérence, non-indifférence».
Au cabinet du chef, Gilles Duceppe, on dit ne pas appuyer une telle mesure. En fait, le Bloc n'a jamais eu à s'interroger sur ce problème, puisqu'il n'y a jamais eu de course à la direction du PQ depuis sa fondation, en 1990. Mais dans le contexte actuel, on prônera tout de même la prudence.
«À l'approche des élections fédérales, il faudra que tout le monde se rallie rapidement au gagnant», prévient un porte-parole du Bloc, Frédéric Lepage.
On s'attend à ce que M. Boisclair annonce vendredi, à Québec, son intention de se porter candidat.
Déjà, vendredi dernier, quatre députés avaient affiché leurs couleurs en faveur de l'ex-député de Gouin: Rita Dionne-Marsolais, Nicolas Girard, Cécile Vermette et Danièle Doyer. Depuis hier s'ajoute à cette liste le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice.
Une dizaine des 45 députés péquistes pressent déjà l'ancien ministre de l'Environnement de faire le saut dans la course.
Le mouvement s'étend désormais au Bloc québécois. Hier, deux élus du parti fédéral ont révélé leur soutien à M. Boisclair en précisant que plusieurs de leurs collègues étaient sur la même longueur d'onde qu'eux.
Et, contrairement à la seule candidate officiellement en lice, Pauline Marois, ce n'est pas André Boisclair qui prend l'initiative de contacter les députés bloquistes, mais plutôt ces derniers qui souhaitent être entendus.
«Lorsque je discute avec des collègues au caucus, spontanément les députés me disent: "André, c'est l'homme de la situation. Est-ce qu'il peut nous appeler? Ça nous ferait plaisir de lui parler." Il suscite vraiment un enthousiasme dans le caucus», explique le député de Rosemont-La Petite Patrie, Bernard Bigras, qui devrait agir à titre d'organisateur pour la campagne de M. Boisclair.
«Non seulement je pense qu'il a les qualités qu'il faut pour devenir premier ministre, mais je pense qu'il représente et incarne la modernisation et le renouvellement, ajoute-t-il. Il est capable d'être porteur d'une nouvelle sensibilité dans la société québécoise. Dans ce cadre-là, il faut qu'il soit candidat.»
Son collègue de Verchères-Les Patriotes, Stéphane Bergeron, n'a pas encore pris la décision définitive d'appuyer M. Boisclair, mais il y songe sérieusement.
«Il y a beaucoup de députés du Bloc, je crois, qui souhaitent voir une véritable course, un véritable débat, souligne-t-il. Avec le désistement de M. Duceppe et de M. Legault, c'est clair que la candidature d'André devient intéressante pour plusieurs.»
En fait, plusieurs jeunes députés bloquistes — dont Richard Marceau et M. Bigras — appuyaient François Legault. Il semble qu'une bonne partie d'entre eux se rangeront désormais derrière André Boisclair.
«La présence d'André dans la course serait de nature à rehausser le niveau du débat, parce qu'en ce moment, il n'y en a pas, de débat: Mme Marois est toute seule en lice, mentionne M. Bergeron. Ce serait une bonne chose qu'André Boisclair décide de faire le saut.»
Jusqu'ici, peu de députés, que ce soit à Québec ou à Ottawa, se sont manifestés en faveur de la députée de Taillon.
«Mme Marois a des appuis; elle les annoncera en temps et lieu», a néanmoins assuré la porte-parole de la candidate, Claude Potvin.
La députée bloquiste de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, dont la circonscription recoupe celle de Pauline Marois, semble pencher de son côté, mais cela pourrait encore changer.
«Je suis très, très favorable à sa candidature, confie-t-elle. Par contre, je veux qu'il y ait débat et qu'il y ait course, comme Mme Marois d'ailleurs.»
Musellement?
Craignant que la course à la direction du PQ ne suscite des divisions au sein du parti frère fédéral, le caucus discutera aujourd'hui d'une proposition visant à restreindre les prises de position des députés bloquistes à l'égard des candidats.
«Ce n'est pas nécessairement le mandat du Bloc québécois que de s'immiscer dans cette course-là», soutient un député favorable à cette proposition dite de «non-ingérence, non-indifférence».
Au cabinet du chef, Gilles Duceppe, on dit ne pas appuyer une telle mesure. En fait, le Bloc n'a jamais eu à s'interroger sur ce problème, puisqu'il n'y a jamais eu de course à la direction du PQ depuis sa fondation, en 1990. Mais dans le contexte actuel, on prônera tout de même la prudence.
«À l'approche des élections fédérales, il faudra que tout le monde se rallie rapidement au gagnant», prévient un porte-parole du Bloc, Frédéric Lepage.
On s'attend à ce que M. Boisclair annonce vendredi, à Québec, son intention de se porter candidat.
Déjà, vendredi dernier, quatre députés avaient affiché leurs couleurs en faveur de l'ex-député de Gouin: Rita Dionne-Marsolais, Nicolas Girard, Cécile Vermette et Danièle Doyer. Depuis hier s'ajoute à cette liste le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice.
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