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    Assemblée nationale - Une photo de Charest avec des contributeurs du PLQ soulève la tempête

    3 juin 2005
    Québec — Une photographie de Jean Charest en train de fraterniser avec des contributeurs du Parti libéral du Québec a provoqué de très violents échanges verbaux hier à l'Assemblée nationale du Québec.

    Le député péquiste de Joliette, Jonathan Valois, a exhibé en Chambre et remis à la presse une photographie de M. Charest entouré de Beryl Wajsman, de Ronald Cons et de trois frères de la famille Cola, Louis, Philip et Jack.

    Le député Valois a identifié M. Wajsman comme suit: «Sous serment devant la commission Gomery, Joe Morselli a confirmé qu'il s'était toujours adjoint les services de Beryl Wasjman pour le seconder dans ses activités de financement.»

    Un autre péquiste, Maxime Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine, a rappelé que la famille Cola, propriétaire de l'abattoir Colbex, a fourni 30 000 $ à la caisse du Parti libéral en 2004.

    «Le manque de courage du gouvernement à casser le monopole de l'abattoir Colbex est-il dû au fait que le premier ministre aurait peut-être convenu quelque chose avec la famille Cola?», a demandé le député Arseneau.

    Cette allusion a provoqué entre libéraux et péquistes des échanges d'une rare crudité qui se sont ensuite poursuivis dans l'antichambre de l'Assemblée nationale, loin des caméras et des journalistes, d'où provenait néanmoins l'écho de violentes invectives.

    Le rôle de Morselli

    Le député Valois a ouvert le débat en Chambre en faisant reconnaître au ministre Jacques Dupuis que Joe Morselli, témoin devant la commission Gomery, fait du financement pour le Parti libéral du Québec.

    «Tout le monde sait que M. Morselli a fait du financement pour le Parti libéral du Canada, pour le Parti conservateur et pour le Parti libéral du Québec. C'est su, c'est connu; tout ça est évident», a confessé le ministre Dupuis. Mais M. Morselli n'était pas «grand responsable, comme argentier, dans le financement du Parti libéral du Québec», a expliqué le vice-premier ministre.

    Le député Valois a ensuite demandé si, en faisant du financement pour les libéraux provinciaux, M. Morselli se faisait aider par un certain Beryl Wajsman. Cette fois, le vice-premier ministre Dupuis a nié. «La réponse, c'est non. La réponse, c'est non», a répété M. Dupuis.

    C'est alors que le député Valois a montré la photographie sur laquelle on voit M. Charest, M. Wajsman et les membres de la famille Cola. «Comment dois-je interpréter cette photo où on voit le premier ministre, ici, en compagnie de M. Wajsman?»

    «La photo doit être interprétée, doit être interprétée exactement comme ce que vous faites depuis un certain nombre de jours: une campagne de salissage, des insinuations non prouvées», a répliqué le ministre Dupuis.

    Il a rétorqué qu'on peut même trouver des photos du premier ministre Charest en compagnie du chef de l'opposition péquiste, Bernard Landry.

    Abattoirs Colbex

    Pour sa part, le péquiste Maxime Arseneau a demandé si «on ne pouvait pas faire un lien de financement entre cette rencontre du premier ministre du Québec et le recul absolument inexplicable, incompréhensible, du gouvernement pour fixer un prix plancher avec une loi spéciale».

    Le député Arseneau a signalé que le gouvernement Charest a «avancé 19 millions dans une entreprise qui appartient à une famille qui, pour 2004, a contribué pour 30 000 $ à la caisse électorale du Parti libéral. Comment ne pas faire un lien entre cette rencontre et le financement?», a-t-il demandé.

    «Il n'y a aucun lien à faire, absolument aucun lien à faire. S'il croit ce qu'il dit, qu'il ait le courage que le député [péquiste] de Drummond [Normand Jutras] n'a pas eu, d'aller répéter ça dans le corridor devant les journalistes, sous les micros. Qu'il aille faire cette insinuation-là, puis on verra comment ça va finir», a lancé M. Dupuis.

    Il faisait allusion à l'immunité parlementaire dont jouissent les députés pour les paroles qu'ils prononcent dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.

    Mais quand M. Arseneau a demandé si «le manque de courage du gouvernement à casser le monopole de l'abattoir Colbex est dû au fait que le premier ministre aurait peut-être convenu quelque chose avec la famille Cola», il a été forcé de retirer ses paroles par le président de la Chambre, Michel Bissonnet.

    Quant au ministre Dupuis, il a répliqué qu'il serait pertinent de s'interroger sur le rôle joué par Ginette Boivin dans le financement du Parti québécois.

    Les engueulades entre péquistes et libéraux ont été telles que le président Bissonnet a dû suspendre les travaux de la Chambre pendant plusieurs minutes avant que l'ordre ne soit rétabli.

    Sondage désastreux

    Par ailleurs, fracassant des records d'impopularité, répudiés par plus de huit Québécois francophones sur dix, les libéraux de Jean Charest reconnaissent qu'ils ont du pain sur la planche pour espérer parvenir à renverser la vapeur d'ici le prochain scrutin général.

    «On a un travail énorme à faire comme gouvernement, et cela, à plusieurs niveaux», a dit la ministre de la Famille, Carole Théberge. «On a hérité d'une situation financière qui n'est pas facile et il y avait d'énormes attentes créées par le gouvernement précédent. Nous, on doit refaire tellement de choses et travailler tellement d'éléments, vous n'avez pas idée», a-t-elle ajouté, cherchant une explication à l'extraordinaire impopularité de sa formation politique.

    D'après le dernier sondage CROP, effectué du 19 au 30 mai auprès de 988 répondants, pas moins de 77 % de la population, dont 81 % des francophones, sont «plutôt ou très insatisfaits» du présent gouvernement du Québec. Une désaffection jamais vue «de mémoire de sondeur», a d'ailleurs commenté le vice-président de CROP, Claude Gauthier.

    À court d'arguments devant ces résultats, les ministres du gouvernement Charest en viennent à espérer que le temps finira par jouer en leur faveur. «On a été élu pour quatre ans, rappelle le ministre des Transports, Yvon Marcoux. Nous avons un bon bilan, notamment dans les domaine de la santé et de l'éducation.»












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