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Yves Séguin quitte la politique

25 mai 2005  Québec
Québec — Le président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, annoncera d'ici la fin de la semaine — vraisemblablement demain — que le député d'Outremont et ex-ministre des Finances, Yves Séguin, tire un trait sur sa carrière politique, selon ce qu'a appris la Presse canadienne hier.

M. Séguin devrait annoncer d'ici quelques semaines qu'il retourne au secteur bancaire, en s'associant à une grande institution financière. De 1998 à 2001, il avait été un des vice-présidents de la Banque de Montréal.

«On est tout ou rien. Moi, je ne suis jamais à moitié. Alors, comme je sais à l'avance que je ne peux pas être tout, j'aime mieux me retirer», a-t-il déclaré hier, lors d'un entretien téléphonique, alors qu'il s'apprêtait à transmettre sa lettre au président de l'Assemblée nationale.

Même s'il quitte son siège de député d'Outremont, il ne compte pas s'exclure totalement du débat public, prévoyant accepter les invitations des médias pour commenter l'actualité, surtout lorsqu'il sera question de déséquilibre fiscal, son sujet de prédilection. Il projette même d'écrire un livre sur le sujet pour approfondir la question.

M. Séguin, qui a perdu son poste de ministre des Finances lors du remaniement du 18 février, ne sera pas présent en Chambre pour annoncer son départ, préférant ne pas faire de déclaration ni s'expliquer publiquement sur sa démission. Il n'a d'ailleurs pas mis les pieds à l'Assemblée nationale depuis le remaniement de février, ni participé à aucune réunion du caucus des députés libéraux. Se présenter au Salon bleu, «ce serait comme me donner en spectacle. Je ne veux pas y accorder trop d'importance», a-t-il ajouté, disant craindre que sa présence à Québec soit interprétée comme une intention de revenir un jour en politique.

Pas d'amertume

Depuis trois mois, il dit avoir été approché par tous les partis politiques, tant ceux du Québec que d'Ottawa, et il a décliné toutes les offres. Il estime qu'il est temps de passer à autre chose et tire un trait définitif sur la vie politique.

À 54 ans, il dit tourner la page sans amertume, sans regret et sans esprit revenchard envers le gouvernement ou le premier ministre Jean Charest, qui en avait fait un de ses candidats-vedettes au printemps 2003. «Je pense avoir fait une contribution et je me retire sans rien demander. Je ne reproche rien et je ne demande rien. Je pense que j'ai fait ce que je pouvais et je me retire», dit-il, visiblement serein.

Le fait d'avoir frôlé la mort à l'automne 2001 — il avait contracté la bactérie mangeuse de chair et les médecins l'avaient condamné — l'a amené à revoir son échelle de valeurs et a pesé dans sa décision de quitter la politique. «La vie vaut la peine d'être vécue dans ce qu'elle a de meilleur», dit-il, en détournant le regard de tout règlement de comptes.

Tout au plus dit-il trouver que son successeur, Michel Audet, s'est montré timoré jusqu'à maintenant dans le dossier du déséquilibre fiscal. «Je n'ai pas vu d'abus de son côté. Il n'a pas abusé de ce qu'il a pu exercer en terme de discussions et de pressions à l'égard du gouvernement fédéral», a-t-il dit.

Il assure que de toute façon il aurait quitté la vie politique à la fin du présent mandat. «Mon intention au départ [en 2003] était de faire un mandat et de bien le faire, le mieux possible. Je ne cherchais pas à me prolonger en politique. Mais la question s'est résolue d'elle-même», dit-il, en ajoutant que, si c'était à refaire, il referait exactement la même chose.

Parallèlement à son retour dans le milieu financier, il pourrait aussi accepter une charge de cours dans une université. Encore là, il souhaiterait partager ses vues avec des étudiants sur le déséquilibre fiscal.

Avocat et fiscaliste de formation, M. Séguin avait été député une première fois entre 1985 et 1990. Il avait été ministre du Revenu, puis du Travail, dans le cabinet de Robert Bourassa. Sa démission signifie qu'une élection partielle devra être tenue d'ici la fin de l'année dans la circonscription d'Outremont.






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