Québec tient les CPE responsables de leurs déficits
25 mai 2005
Québec
Québec — La ministre de la Famille, Carole Théberge, tient les centres de la petite enfance (CPE) pour responsables de leurs problèmes financiers.
Pas moins du tiers d'entre eux seraient mal gérés, selon elle. Et c'est ce qui explique qu'un fort pourcentage des garderies publiques sont confrontées à une situation de déficit.
Par conséquent, Québec refuse de s'engager à leur verser les 40 millions de dollars jugés nécessaires par les CPE pour combler un manque à gagner prévu pour l'exercice 2005-06, en vue de couvrir l'augmentation des coûts.
Lors de la commission parlementaire chargée d'étudier les crédits de son ministère, la ministre Carole Théberge a reconnu que le réseau des CPE avait besoin de 104 millions pour parachever le développement des places manquantes, financer pleinement celles créées l'an dernier et assumer les augmentations de salaire prévues dans les conventions. Or le livre des crédits ne prévoit que 64 millions supplémentaires pour les CPE. Ce faisant, la ministre accréditait le chiffre de 40 millions en compressions avancé la semaine dernière par l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).
Revoir le modèle
Pour boucler leur budget, la ministre demande aux directions des garderies publiques déficitaires de revoir leur modèle de gestion et de prendre modèle sur ceux qui réussissent à boucler leur année avec un surplus.
«Ils doivent s'ouvrir à faire les choses différemment, a-t-elle ajouté lors d'un point de presse, hier, en marge de l'étude des crédits de son ministère. Si on ne revoit pas ces façons de faire, ce service-là n'existera pas à long terme.»
Mme Théberge rappelle que les services de garde grugent 1,5 milliard dans le budget du Québec. «Je pense qu'on est en droit de demander de la collaboration», dit-elle.
Elle nie par ailleurs que des garderies en sont réduites à éliminer la collation des enfants pour joindre les deux bouts, comme l'ont affirmé certains.
Mme Théberge a expliqué lors d'un point de presse que les budgets ont augmenté chaque année et que les «compressions» anticipées étaient en fait «une diminution de l'augmentation» des subventions accordées.
Mais, selon le député péquiste Camil Bouchard, porte-parole de l'opposition sur les questions de famille, la ministre devrait s'excuser pour ses propos à l'endroit de l'AQCPE. Il calcule que le nombre de CPE ayant terminé l'année 2003-04 en déficit a augmenté de 59 % par rapport à l'année précédente, alors qu'on observe une réduction de 2,5 % des subventions de fonctionnement des services de garde.
Selon la ministre, Québec ne pourra plus continuer à développer des places en garderie si le coût par place ne cesse d'augmenter.
De leur côté, les garderies publiques du Québec se disent déterminées à contrer les compressions budgétaires appréhendées, qui affecteraient «sévèrement la qualité des services et des emplois». Lors d'un point de presse, la présidente de l'association, Hélène Potvin, s'est montrée inquiète que près de 17 % des CPE sont en déficit chronique et 40 % en déficit de fonctionnement cette année.
Avec Le Devoir
Pas moins du tiers d'entre eux seraient mal gérés, selon elle. Et c'est ce qui explique qu'un fort pourcentage des garderies publiques sont confrontées à une situation de déficit.
Par conséquent, Québec refuse de s'engager à leur verser les 40 millions de dollars jugés nécessaires par les CPE pour combler un manque à gagner prévu pour l'exercice 2005-06, en vue de couvrir l'augmentation des coûts.
Lors de la commission parlementaire chargée d'étudier les crédits de son ministère, la ministre Carole Théberge a reconnu que le réseau des CPE avait besoin de 104 millions pour parachever le développement des places manquantes, financer pleinement celles créées l'an dernier et assumer les augmentations de salaire prévues dans les conventions. Or le livre des crédits ne prévoit que 64 millions supplémentaires pour les CPE. Ce faisant, la ministre accréditait le chiffre de 40 millions en compressions avancé la semaine dernière par l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).
Revoir le modèle
Pour boucler leur budget, la ministre demande aux directions des garderies publiques déficitaires de revoir leur modèle de gestion et de prendre modèle sur ceux qui réussissent à boucler leur année avec un surplus.
«Ils doivent s'ouvrir à faire les choses différemment, a-t-elle ajouté lors d'un point de presse, hier, en marge de l'étude des crédits de son ministère. Si on ne revoit pas ces façons de faire, ce service-là n'existera pas à long terme.»
Mme Théberge rappelle que les services de garde grugent 1,5 milliard dans le budget du Québec. «Je pense qu'on est en droit de demander de la collaboration», dit-elle.
Elle nie par ailleurs que des garderies en sont réduites à éliminer la collation des enfants pour joindre les deux bouts, comme l'ont affirmé certains.
Mme Théberge a expliqué lors d'un point de presse que les budgets ont augmenté chaque année et que les «compressions» anticipées étaient en fait «une diminution de l'augmentation» des subventions accordées.
Mais, selon le député péquiste Camil Bouchard, porte-parole de l'opposition sur les questions de famille, la ministre devrait s'excuser pour ses propos à l'endroit de l'AQCPE. Il calcule que le nombre de CPE ayant terminé l'année 2003-04 en déficit a augmenté de 59 % par rapport à l'année précédente, alors qu'on observe une réduction de 2,5 % des subventions de fonctionnement des services de garde.
Selon la ministre, Québec ne pourra plus continuer à développer des places en garderie si le coût par place ne cesse d'augmenter.
De leur côté, les garderies publiques du Québec se disent déterminées à contrer les compressions budgétaires appréhendées, qui affecteraient «sévèrement la qualité des services et des emplois». Lors d'un point de presse, la présidente de l'association, Hélène Potvin, s'est montrée inquiète que près de 17 % des CPE sont en déficit chronique et 40 % en déficit de fonctionnement cette année.
Avec Le Devoir
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