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Conseil général du PLQ - Rendez-vous manqué entre Charest et les chefs des grandes centrales

Kathleen Lévesque   2 mai 2005  Québec
Quelque 8000 personnes ont participé hier à la grande marche des travailleurs à l’occasion du 1er mai, dans les rues du centre-ville de Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
Quelque 8000 personnes ont participé hier à la grande marche des travailleurs à l’occasion du 1er mai, dans les rues du centre-ville de Montréal.
Saint-Hyacinthe — Le nouveau départ du gouvernement Charest a quelque peu été freiné hier par un imbroglio autour de l'annulation de la traditionnelle rencontre entre le premier ministre et les chefs des grandes centrales syndicales pour la fête des travailleurs.

L'équipe de Jean Charest avait pourtant organisé le conseil général du Parti libéral pour démontrer aux militants qu'il y avait matière dans le bilan des deux premières années au pouvoir pour s'enthousiasmer et que la deuxième moitié de ce mandat s'annonçait bien. Jean Charest a même décrété que le développement durable serait dorénavant «la marque de commerce du gouvernement».

Mais le ciel libéral a été assombri par le 1er mai. Un conflit d'horaires aurait forcé l'annulation de la rencontre entre M. Charest et les quatre leaders syndicaux (FTQ, CSN, CSQ et CSD). Les parties s'accusaient mutuellement d'être responsables de ce rendez-vous manqué.

«J'étais disponible pour rencontrer les chefs syndicaux. C'est à leur demande que la rencontre a été annulée», a affirmé le premier ministre après avoir participé à l'assemblée des conseillers jeunes du PLQ, qui suivait la tenue du conseil général du parti.

M. Charest ne voit pas là l'illustration de la grogne syndicale à son endroit. Il a plutôt laissé entendre qu'il y avait dissension entre les centrales syndicales, ce qui expliquerait la situation.

«C'est des enfantillages, s'est exclamé une source syndicale. Même si c'est une tradition de plus de 30 ans, ça ne se déroule pas nécessairement le 1er mai. L'année dernière, c'était le 30 avril. Il pourrait donc y avoir une rencontre mardi ou mercredi.» Cette personne, proche des discussions avec le bureau du premier ministre, a expliqué qu'un changement dans les horaires des activités du PLQ a tout bousculé. À l'origine, la rencontre devait avoir lieu hier matin, puis le premier ministre a proposé hier après-midi alors que se déroulait la grande manifestation des travailleurs.

«La décision était unanime entre les chefs des quatre centrales de ne pas accepter l'heure fixée par le premier ministre», a expliqué à la Presse canadienne la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Les jeunes

Si les chefs syndicaux ont choisi de manifester, Jean Charest a choisi, lui, de s'adresser aux militants jeunes hier matin. Il a notamment salué le choix de ces jeunes qui ont choisi «ce chemin pas toujours facile» qu'est la politique et le Parti libéral, «un parti qui a duré». Il leur a parlé de la consultation qui s'amorce sur la stratégie d'action jeunesse et de développement durable, «la marque de commerce du gouvernement» pour les prochaines années.

En conférence de presse, le premier ministre a réitéré l'importance de ce dossier pour les prochaines années. Il a également indiqué que la décentralisation régionale, le pacte fiscal avec les municipalités, la conciliation travail-famille et les premiers projets réalisés en partenariat public-privé marqueraient l'action gouvernementale. Rendu à mi-mandat, M. Charest a souhaité donner un nouvel élan à son gouvernement dont la popularité est en chute libre.

D'ailleurs, au cours du conseil général qui s'est déroulé vendredi et samedi à Saint-Hyacinthe,

M. Charest a insisté sur le bilan de son gouvernement afin de donner des munitions aux militants libéraux pour qu'ils soient fiers et qu'ils transmettent la bonne nouvelle. Samedi, le ministre Jacques Dupuis, a arpenté la salle, micro à la main, pour stimuler les troupes et hacher menu les adversaires, y compris les journalistes.

Et avec les élections fédérales qui pourraient être déclenchées sous peu, Jean Charest a repris son credo de l'année dernière sur le déséquilibre fiscal. Il fera pression sur les chefs des quatre grands partis pour qu'ils reconnaissent le problème et qu'ils s'engagent à le régler. En fait, ce discours ne s'adresse qu'au premier ministre du Canada, Paul Martin, le seul à refuser de parler du déséquilibre fiscal. Pour ce qui d'appuyer un parti plutôt qu'un autre, Jean Charest s'est montré prudent, rappelant qu'il n'y aurait pas de mot d'ordre, mais plutôt des choix individuels.






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