Entente de principe entre Québec et les étudiants
Photo : Jacques Nadeau
La Fondation des bourses du millénaire (FBM) vient à la rescousse du gouvernement du Québec en débloquant des millions supplémentaires pour conclure une entente avec les fédérations étudiantes, selon les informations obtenues par Le Devoir. Ce coup de pouce a permis d'arriver à une entente de principe qui devrait être dévoilée dans les prochaines heures. On entrevoit donc enfin un dénouement à la crise sociale qui secoue le Québec depuis plus de cinq semaines.
Les représentants des fédérations étudiantes sont arrivés cette semaine à la table de négociation avec un atout important dans leur manche: ils ont convaincu l'organisme fédéral de verser un montant de l'ordre de 10 à 20 millions supplémentaires, qui s'ajoute aux 70 millions déjà alloués par la Fondation au Québec.
Selon ce que Le Devoir a appris, la proposition permet d'atteindre sur une période de deux ans les fameux 103 millions tant réclamés par les étudiants. On réinjecterait ainsi 70 millions au cours de la prochaine année pour en arriver à 103 millions en 2006-07. Pour les deux premières années, le gouvernement du Québec arrive à investir ces montants grâce à la contribution de la FBM. Par la suite, il versera seul les 103 millions aux étudiants.
Ces sommes serviront à abaisser le plafond des prêts, comme le demandaient les étudiants, et non à alimenter un système de remise de dette tel que proposé initialement par le ministre de l'Éducation.
La proposition sera présentée aujourd'hui aux associations membres de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) réunies en congrès à Rimouski. Une conférence de presse est prévue cet avant-midi, en marge du congrès, pour en dévoiler le contenu.
La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la FEUQ ont toutes deux réitéré hier leur intention de soumettre un accord de principe à leurs assemblées générales. Les associations membres des fédérations étudiantes commençaient déjà hier à préparer le terrain pour la tenue d'assemblées générales dans les prochains jours. «On nous a dit qu'il y aurait une offre attendue ce soir ou demain à discuter en fin de semaine [lors du congrès de la FEUQ]», a confié au Devoir le responsable des affaires externes du Mouvement des associations générales étudiantes de l'Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC), Jean-François Lalonde. La principale association de l'Université de Montréal, la FAECUM, a quant à elle avisé ses associations départementales qu'elles pourraient avoir à se prononcer sur une proposition en début de semaine.
Évolution des négociations
Rappelons que le gouvernement avait dans un premier temps proposé, le 15 mars, de réinvestir 29 millions dans l'aide financière, afin notamment de créer un système de remise de dette dont auraient bénéficié seulement 35 % des étudiants recevant de l'aide financière. Dénoncée vivement par les fédérations étudiantes, la proposition a dès le lendemain été bonifiée légèrement pour atteindre 41,5 millions en 2005-06 et 95 millions en 2009-10.
Cette proposition n'a pas fait vaciller la mobilisation, bien au contraire. Le lendemain, environ 80 000 personnes marchaient dans les rues de la ville et le nombre de grévistes se maintient au niveau historique de 185 000 depuis.
Les sommes allongées lors du blitz de négociation cette semaine par la Fondation des bourses du millénaire conjuguées à l'effort financier additionnel de Québec permettent maintenant d'atteindre 70 millions la première année et 103 millions en 2006-07.
Depuis que le gouvernement du Québec a coupé les 103 millions dans l'aide financière, il y a un an, la Fondation a toujours dit qu'elle retiendrait les 70 millions alloués à Québec, dont une moitié est vouée à l'aide financière et l'autre aux services aux étudiants dans les collèges et les universités. C'est qu'en augmentant le plafond des prêts de 57 % au collégial et de 88 % au premier cycle universitaire, Québec rompait l'entente le liant à l'organisme fédéral ainsi qu'aux fédérations étudiantes, à la Fédération des cégeps et à la Conférence des recteurs.
La FBM a maintes fois répété que les fonds resteraient à Ottawa tant que le gouvernement et les étudiants ne s'entendraient pas. À cette arme de négociation dans la poche des étudiants se sont ajoutés des millions additionnels qui proviendraient entre autres des revenus de placement de la Fondation plus importants que prévu. Il a été impossible de joindre la Fondation pour avoir plus de détails.
Hier, 17 cégeps ont dépassé le cap des cinq semaines de grève, forçant ainsi la poursuite des cours au-delà du 15 juin afin de compléter les 82 jours de classe prescrits par la loi. La Fédération des cégeps estime que chaque journée de classe reprise après le 15 juin (au début de l'été ou après la fin d'août) coûtera un million aux collèges.
La perspective d'une entente imminente réjouissait hier le président de la Fédération des cégeps, Gaétan Boucher, qui s'inquiétait néanmoins du temps nécessaire à sa ratification. «Le temps de voir le monde en assemblée générale, d'expliquer l'entente, cela ajoute du temps, c'est d'autant plus compliqué que plusieurs associations sont indépendantes ou membres de la CASSEE [le regroupement étudiant qui a été écarté des négociations]», a déclaré M. Boucher, notant que la FECQ représente moins d'une vingtaine des 34 cégeps actuellement en grève.
Quelque 185 000 étudiants étaient toujours en grève hier. Cette mobilisation étudiante est de loin la plus imposante que le Québec ait connue, la grève s'étant répandue comme une traînée de poudre chez les universitaires, habituellement moins prompts à se mobiliser que les collégiens. Les étudiants ont bénéficié d'un large appui du public, les trois quarts des Québécois appuyant leur cause, selon un récent sondage.
Les représentants des fédérations étudiantes sont arrivés cette semaine à la table de négociation avec un atout important dans leur manche: ils ont convaincu l'organisme fédéral de verser un montant de l'ordre de 10 à 20 millions supplémentaires, qui s'ajoute aux 70 millions déjà alloués par la Fondation au Québec.
Selon ce que Le Devoir a appris, la proposition permet d'atteindre sur une période de deux ans les fameux 103 millions tant réclamés par les étudiants. On réinjecterait ainsi 70 millions au cours de la prochaine année pour en arriver à 103 millions en 2006-07. Pour les deux premières années, le gouvernement du Québec arrive à investir ces montants grâce à la contribution de la FBM. Par la suite, il versera seul les 103 millions aux étudiants.
Ces sommes serviront à abaisser le plafond des prêts, comme le demandaient les étudiants, et non à alimenter un système de remise de dette tel que proposé initialement par le ministre de l'Éducation.
La proposition sera présentée aujourd'hui aux associations membres de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) réunies en congrès à Rimouski. Une conférence de presse est prévue cet avant-midi, en marge du congrès, pour en dévoiler le contenu.
La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la FEUQ ont toutes deux réitéré hier leur intention de soumettre un accord de principe à leurs assemblées générales. Les associations membres des fédérations étudiantes commençaient déjà hier à préparer le terrain pour la tenue d'assemblées générales dans les prochains jours. «On nous a dit qu'il y aurait une offre attendue ce soir ou demain à discuter en fin de semaine [lors du congrès de la FEUQ]», a confié au Devoir le responsable des affaires externes du Mouvement des associations générales étudiantes de l'Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC), Jean-François Lalonde. La principale association de l'Université de Montréal, la FAECUM, a quant à elle avisé ses associations départementales qu'elles pourraient avoir à se prononcer sur une proposition en début de semaine.
Évolution des négociations
Rappelons que le gouvernement avait dans un premier temps proposé, le 15 mars, de réinvestir 29 millions dans l'aide financière, afin notamment de créer un système de remise de dette dont auraient bénéficié seulement 35 % des étudiants recevant de l'aide financière. Dénoncée vivement par les fédérations étudiantes, la proposition a dès le lendemain été bonifiée légèrement pour atteindre 41,5 millions en 2005-06 et 95 millions en 2009-10.
Cette proposition n'a pas fait vaciller la mobilisation, bien au contraire. Le lendemain, environ 80 000 personnes marchaient dans les rues de la ville et le nombre de grévistes se maintient au niveau historique de 185 000 depuis.
Les sommes allongées lors du blitz de négociation cette semaine par la Fondation des bourses du millénaire conjuguées à l'effort financier additionnel de Québec permettent maintenant d'atteindre 70 millions la première année et 103 millions en 2006-07.
Depuis que le gouvernement du Québec a coupé les 103 millions dans l'aide financière, il y a un an, la Fondation a toujours dit qu'elle retiendrait les 70 millions alloués à Québec, dont une moitié est vouée à l'aide financière et l'autre aux services aux étudiants dans les collèges et les universités. C'est qu'en augmentant le plafond des prêts de 57 % au collégial et de 88 % au premier cycle universitaire, Québec rompait l'entente le liant à l'organisme fédéral ainsi qu'aux fédérations étudiantes, à la Fédération des cégeps et à la Conférence des recteurs.
La FBM a maintes fois répété que les fonds resteraient à Ottawa tant que le gouvernement et les étudiants ne s'entendraient pas. À cette arme de négociation dans la poche des étudiants se sont ajoutés des millions additionnels qui proviendraient entre autres des revenus de placement de la Fondation plus importants que prévu. Il a été impossible de joindre la Fondation pour avoir plus de détails.
Hier, 17 cégeps ont dépassé le cap des cinq semaines de grève, forçant ainsi la poursuite des cours au-delà du 15 juin afin de compléter les 82 jours de classe prescrits par la loi. La Fédération des cégeps estime que chaque journée de classe reprise après le 15 juin (au début de l'été ou après la fin d'août) coûtera un million aux collèges.
La perspective d'une entente imminente réjouissait hier le président de la Fédération des cégeps, Gaétan Boucher, qui s'inquiétait néanmoins du temps nécessaire à sa ratification. «Le temps de voir le monde en assemblée générale, d'expliquer l'entente, cela ajoute du temps, c'est d'autant plus compliqué que plusieurs associations sont indépendantes ou membres de la CASSEE [le regroupement étudiant qui a été écarté des négociations]», a déclaré M. Boucher, notant que la FECQ représente moins d'une vingtaine des 34 cégeps actuellement en grève.
Quelque 185 000 étudiants étaient toujours en grève hier. Cette mobilisation étudiante est de loin la plus imposante que le Québec ait connue, la grève s'étant répandue comme une traînée de poudre chez les universitaires, habituellement moins prompts à se mobiliser que les collégiens. Les étudiants ont bénéficié d'un large appui du public, les trois quarts des Québécois appuyant leur cause, selon un récent sondage.
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