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Budget fédéral - Legault demande un règlement du déséquilibre fiscal

23 février 2005  Québec
À quelques heures du dévoilement du budget fédéral, le critique péquiste en matière de finances, François Legault, en attend un règlement du déséquilibre fiscal.

Ce déséquilibre fiscal a continué de grimper depuis l'époque du rapport Séguin, sous le gouvernement péquiste, pour atteindre 2,5 milliards de dollars, a déploré M. Legault hier lors d'une conférence de presse.

Si le gouvernement Charest ne reçoit pas ces sommes du gouvernement fédéral, il se retrouvera avec un déficit de un milliard s'il veut maintenir les services actuels, soutient M. Legault. Ou alors, le gouvernement Charest devra se résigner à faire des compressions dans les programmes sociaux pour maintenir l'équilibre budgétaire, a dit le député péquiste de Rousseau.

M. Legault reproche d'ailleurs au nouveau ministre des Finances, Michel Audet, un ancien président de la Chambre de commerce du Québec, de ne pas être un fervent croyant de l'existence du déséquilibre fiscal.

Il a présenté à la presse un communiqué remontant à décembre 2001, à l'époque où M. Audet était président de la Chambre, dans lequel la Chambre dit estimer que le Québec souffre davantage d'un déséquilibre de la richesse au Canada que d'un déséquilibre fiscal. Il en conclut que M. Audet nie l'existence du déséquilibre fiscal.

M. Legault a dénoncé le fait que le premier ministre du Québec Jean Charest ait nommé M. Audet aux Finances, où celui-ci devrait se battre pour corriger le déséquilibre fiscal par rapport au fédéral, alors que selon M. Legault M. Audet n'y croit guère.

«On a l'impression que Jean Charest a nommé une personne qui n'agira pas pour recouvrer notre argent à Ottawa, mais qui va plutôt agir un peu comme un huissier qui va aller faire des saisies dans nos programmes sociaux», a dénoncé M. Legault.

«Celui qui doit se réjouir de tout ça, c'est Paul Martin, parce que Paul Martin a enfin un ministre des Finances québécois qui ne croit pas, comme lui, au déséquilibre fiscal», a dit avec ironie le porte-parole péquiste pour les questions de finances.

Cette accusation a également été reprise par le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont.

«Je ne sais pas s'il y a eu des pressions ou non d'Ottawa [pour expulser l'ancien titulaire Yves Séguin], mais je sais que les fédéraux sont contents», a dit M. Dumont, lors d'un point de presse au terme d'une rencontre avec des étudiants du cégep F.-X. Garneau à Québec.

En outre, jusqu'à tout récemment, le nouveau ministre des Finances demeurait «l'un des seuls au Québec» à nier la véracité du déséquilibre fiscal, a poursuivi le chef adéquiste.

«Il n'y avait pas plus de gens au Québec qui croyaient la Terre plate que de gens qui niaient le déséquilibre fiscal. Michel Audet était du nombre», a relaté M. Dumont.

Audet riposte

Cette affirmation a fait bondir le ministre Audet, qui, dans une entrevue, a clairement affirmé qu'il croyait en l'existence du déséquilibre fiscal entre le fédéral et les provinces.

«Bien sûr, je le dis aujourd'hui et je l'ai toujours dit. Et comment, s'est-il exclamé. Je l'ai écrit noir sur blanc quand j'ai écrit [à l'époque où il était à la Chambre de commerce] que le déséquilibre fiscal s'est développé quand Ottawa a établi ses paiements sur la base per capita.»

M. Audet en veut pour preuve le budget du ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, qui, aujourd'hui, confirmera l'existence d'importants surplus, pendant que les provinces, dont le Québec, ont peine à boucler leur budget.

Le ministre Audet apporte toutefois une nuance à cette reconnaissance du déséquilibre fiscal, qu'il ne voit pas comme la panacée aux problèmes de revenus du Québec.

«Ce déséquilibre fiscal, pour les provinces dont la richesse est inférieure à la moyenne canadienne, comme le Québec, il est indissociable d'une amélioration d'une formule de péréquation qui permet de répartir la richesse au Canada de façon correcte.»

Il a cependant refusé de commenter l'ampleur du déséquilibre fiscal que M. Legault évalue à 2,5 milliards. Il n'a pu dire non plus si le fossé s'était élargi ou rétréci depuis quelques années.






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